Les livreurs à vélo en France, travaillant pour des plateformes telles qu'Uber, Deliveroo ou Stuart, font face à des journées de travail exténuantes, des revenus faibles et des risques pour leur santé, révèle une étude de Médecins du Monde. D'après l'association, qui a interrogé plus de 1 000 livreurs à Paris et à Bordeaux au premier semestre 2025, ces travailleurs cumulent en moyenne 63 heures de travail par semaine pour des revenus mensuels bruts de 1 480 euros.

Ce qu'il faut retenir

  • Les livreurs à vélo travaillant pour Uber, Deliveroo ou Stuart effectuent en moyenne 63 heures de travail par semaine pour 1 480 euros bruts mensuels.
  • Près de six livreurs sur dix signalent avoir subi des discriminations, notamment liées à leur couleur de peau.
  • Une majorité des livreurs déclarent une subordination importante aux plateformes et aux algorithmes, générant du stress et de l'épuisement.
  • Les livreurs souffrent de douleurs physiques, de fatigue chronique, d'anxiété et de dépression, avec plus de la moitié ayant déjà été impliqués dans un accident.

Des conditions de travail précaires

Près de six livreurs sur dix rapportent avoir été confrontés à des discriminations, principalement basées sur leur origine ethnique. Les agressions verbales et physiques sont monnaie courante, avec un quart des livreurs interrogés signalant avoir été physiquement agressés. De plus, certains travailleurs sans papiers sont contraints de louer des comptes pour pouvoir travailler, une pratique illégale qui les expose à du chantage et des menaces.

Une forte subordination aux plateformes

Bien que juridiquement considérés comme des travailleurs indépendants, les livreurs se sentent fortement subordonnés aux plateformes et à leurs algorithmes. La pression pour enchaîner les courses, sous peine de déconnexion, engendre un stress important et contribue à l'épuisement des travailleurs.

Impacts sur la santé des livreurs

Les conditions de travail précaires ont un impact direct sur la santé des livreurs à vélo. Ces derniers souffrent de douleurs physiques au dos, aux épaules, aux poignets, aux mains et aux genoux, ainsi que de troubles urinaires dus au manque d'accès aux toilettes. La fatigue chronique, l'anxiété et la dépression sont également des maux fréquents parmi cette population.

Et maintenant ?

La question de la reconnaissance du statut des livreurs à vélo comme salariés, plutôt que comme travailleurs indépendants, reste au cœur des débats. Les prochaines étapes pourraient impliquer une réforme législative visant à mieux protéger ces travailleurs précaires.