Un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, visant à mettre fin aux violences au Liban, a été négocié ces dernières semaines. Pourtant, ce texte, révélé par Libération, ne prévoit pas le retrait des forces israéliennes du territoire libanais. Une prudence s’impose dans un pays où les précédents cessez-le-feu n’ont jamais mis un terme définitif aux bombardements ni aux déplacements massifs de populations.
Ce qu'il faut retenir
- Un accord entre Washington et Téhéran prévoit une cessation des hostilités au Liban, mais sans inclure le retrait des forces israéliennes.
- Les précédents cessez-le-feu au Liban n’ont jamais permis d’arrêter durablement les violences ni les déplacements de population.
- La prudence domine dans un pays où les tensions restent vives malgré les négociations.
- L’accord laisse en suspens la question de la présence militaire israélienne, un point de tension majeur.
Un texte qui suspend les combats, mais pas les ambiguïtés
Le protocole d’accord, fruit de négociations indirectes entre Washington et Téhéran, a pour objectif affiché de mettre un terme aux hostilités dans le sud du Liban. Selon les informations de Libération, ce texte prévoit une « cessation des hostilités », une formulation qui, dans le langage diplomatique, suggère un arrêt temporaire des combats plutôt qu’une paix durable. Pourtant, le document ne mentionne nulle part un retrait des forces israéliennes, pourtant considérées comme une provocation majeure par le Hezbollah et ses alliés.
« Cet accord ne règle pas la question centrale de l’occupation israélienne », a déclaré un diplomate sous couvert d’anonymat. « On parle de cesser les tirs, mais pas de régler les causes profondes du conflit. » Autant dire que, côté Beyrouth ou côté Beyrouth, la méfiance reste de mise.
Les précédents cessez-le-feu, des trêves sans lendemain
Le Liban a connu plusieurs tentatives de trêve par le passé, notamment après les conflits de 2006 ou les escalades de 2022 et 2024. Pourtant, aucune n’a permis d’enrayer durablement les violences. « Chaque cessez-le-feu a été violé en moins de quelques semaines », rappelle un observateur basé à Beyrouth. Les bombardements israéliens sur le sud du pays, comme les ripostes du Hezbollah, ont systématiquement repris, entraînant à chaque fois des vagues de déplacés internes.
Selon les dernières estimations de l’ONU, plus de 120 000 personnes ont été déplacées depuis le début de l’année en raison des combats. Une situation humanitaire déjà précaire, aggravée par une crise économique sans précédent dans le pays, où l’inflation dépasse les 200 % et où les services publics s’effondrent.
Une région sous tension, entre négociations et réalités militaires
La région du sud du Liban, frontalière avec Israël, reste l’épicentre des tensions. Depuis des mois, les échanges de tirs entre l’armée israélienne et le Hezbollah se multiplient, faisant craindre une escalade incontrôlable. « La situation est plus dangereuse qu’elle ne l’a jamais été depuis 2006 », a indiqué un analyste militaire basé à Jérusalem. « Israël exige le retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani, une condition que le mouvement chiite refuse catégoriquement. »
Dans ce contexte, l’accord négocié entre les États-Unis et l’Iran apparaît comme une tentative de désamorcer la crise. Pour Téhéran, il s’agit aussi de montrer son rôle de médiateur régional, alors que les tensions avec Washington restent vives sur le dossier nucléaire. « L’Iran a intérêt à éviter une guerre ouverte au Liban, qui pourrait s’étendre bien au-delà de ses frontières », explique un expert en géopolitique.
Si l’accord devait échouer, le risque d’une escalade régionale, impliquant potentiellement d’autres acteurs comme la Syrie ou l’Arabie saoudite, ne pourrait être exclu. Autant dire que la partie ne fait que commencer.
Selon les informations de Libération, le protocole d’accord se concentre sur la cessation des hostilités, sans aborder la question du retrait israélien, jugée trop sensible pour être incluse dans ce texte. Israël considère sa présence militaire au Liban comme une mesure de sécurité, tandis que le Hezbollah exige son départ comme condition préalable à toute négociation.