Selon Libération, l’influenceur panafricaniste Kemi Seba, suivi par 1,5 million d’abonnés, s’inquiète pour sa sécurité s’il devait être extradé vers le Bénin. Accusé d’avoir apporté son soutien à une tentative de coup d’État dans son pays d’origine, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Libération revient sur les circonstances de cette affaire et les risques encourus par le militant.
Ce qu'il faut retenir
- Kemi Seba, influenceur avec 1,5 million d’abonnés, est visé par un mandat d’arrêt international pour son soutien présumé à une tentative de coup d’État au Bénin
- Il craint pour sa vie en cas d’extradition vers son pays d’origine
- Les autorités béninoises l’accusent d’avoir joué un rôle dans cette tentative de déstabilisation
- Le militant, connu pour ses positions panafricanistes, dénonce une instrumentalisation politique
- La procédure d’extradition pourrait prendre plusieurs semaines, selon les observateurs
Une accusation lourde et un mandat d’arrêt international
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est une figure controversée du panafricanisme. Selon Libération, il est accusé par les autorités béninoises d’avoir soutenu une tentative de coup d’État, une charge qu’il conteste. « Je n’ai jamais encouragé la violence ni soutenu un quelconque putsch », a-t-il déclaré à Libération. Pour autant, cette accusation a suffi à déclencher une procédure judiciaire à son encontre, aboutissant à un mandat d’arrêt international.
L’influenceur, installé en Europe depuis plusieurs années, est désormais sous surveillance accrue. Les autorités béninoises ont activé les mécanismes d’entraide judiciaire internationale pour obtenir son extradition. Libération précise que cette démarche s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre les opposants politiques et les figures critiques du régime.
Un militant sous haute tension
Kemi Seba n’est pas un inconnu dans le paysage médiatique africain. Avec 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux, il utilise sa plateforme pour diffuser des messages panafricanistes et critiquer les politiques néocoloniales. Cependant, ses prises de position lui ont valu de nombreux ennemis, notamment dans les cercles du pouvoir béninois. Libération souligne que ses détracteurs l’accusent régulièrement de « déstabilisation » et de « propagande subversive ».
Dans un entretien accordé à Libération, il a évoqué les risques encourus en cas de retour forcé au Bénin. « Je sais ce qui m’attend là-bas. Ils veulent me faire taire, et la meilleure façon pour eux, c’est de me faire disparaître », a-t-il affirmé. Ces déclarations s’inscrivent dans un climat de tension croissante entre le militant et les autorités de son pays natal.
Une procédure d’extradition aux enjeux politiques
La demande d’extradition formulée par le Bénin repose sur des accusations graves, mais elle intervient dans un contexte où les relations entre Cotonou et les opposants au régime sont particulièrement tendues. Selon Libération, plusieurs observateurs y voient une manœuvre politique pour museler les voix dissidentes. Les avocats de Kemi Seba ont d’ailleurs indiqué préparer un recours contre cette procédure, invoquant des vices de forme et des motivations politiques.
D’après Libération, la justice européenne devra trancher dans les prochaines semaines sur la validité de cette demande. Si elle est acceptée, l’extradition pourrait être effective d’ici quelques mois. En attendant, Kemi Seba reste en liberté sous contrôle judiciaire, tout en continuant à dénoncer ce qu’il qualifie de « chasse aux sorcières » orchestrée par le pouvoir béninois.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre les régimes africains et les figures panafricanistes, souvent perçues comme des menaces à la stabilité politique. Reste à voir comment la justice tranchera, dans un dossier où les enjeux politiques semblent aussi lourds que les accusations elles-mêmes.
Selon Libération, les autorités béninoises n’ont pas détaillé publiquement les éléments concrets sur lesquels repose l’accusation. Kemi Seba conteste toute implication dans la tentative de coup d’État, qualifiant ces charges de « fabrications politiques ». Les avocats du militant ont déjà évoqué l’absence de preuves tangibles.