Selon BFM Business, l'affirmation selon laquelle « l'IA rend les marchés plus efficients » a été qualifiée de « faux » par Benoist Lombard, lors de son intervention dans l'émission BFM Bourse diffusée ce lundi 22 juin 2026. L'économiste a ainsi remis en cause une idée reçue largement répandue dans les milieux financiers et médiatiques.
Ce qu'il faut retenir
- Benoist Lombard a jugé « faux » le postulat selon lequel l'intelligence artificielle améliore l'efficience des marchés financiers.
- Son intervention s'est déroulée dans le cadre de l'émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer, ce 22 juin 2026.
- Le débat sur l'impact réel de l'IA dans la finance reste vif, notamment après des années de discours optimistes sur son potentiel transformateur.
- Plusieurs sujets connexes ont été abordés dans la même émission, comme la réindustrialisation de la France ou la performance de certains portefeuilles d'investissement.
Un diagnostic sans appel sur l'IA en finance
Benoist Lombard, économiste et spécialiste des marchés, a clairement tranché lors de son passage sur BFM Bourse. Pour lui, l'idée que l'intelligence artificielle rende les marchés financiers plus efficients relève d'une méconception ou d'une simplification excessive. « Ce n'est pas aussi simple que cela », a-t-il affirmé, soulignant que les bénéfices de l'IA en finance sont souvent surestimés. Selon lui, les algorithmes d'apprentissage automatique peuvent certes accélérer certaines analyses ou exécuter des ordres en temps réel, mais leur impact global sur l'efficience des marchés reste limité, voire contestable.
L'économiste a rappelé que l'efficience des marchés dépend avant tout de facteurs structurels : transparence des informations, régulation, liquidité, et comportement des acteurs. Or, a-t-il précisé, « l'IA ne résout pas ces problèmes de fond ». Elle peut, au mieux, optimiser certains processus, mais elle ne crée pas une efficience systémique. Un constat qui va à l'encontre des discours enthousiastes portés par certains acteurs du secteur technologique et financier.
Un débat récurrent dans l'écosystème économique
Cette prise de position s'inscrit dans un débat plus large sur la place de l'IA dans l'économie, et plus particulièrement dans la finance. Depuis plusieurs années, les partisans de l'intelligence artificielle mettent en avant ses capacités à analyser des volumes massifs de données, à détecter des tendances ou à anticiper des mouvements de marché. Certains fonds d'investissement, comme les quant funds, utilisent déjà largement ces outils pour leurs stratégies de trading algorithmique.
Pourtant, des voix sceptiques, comme celle de Lombard, pointent du doigt les limites de ces technologies. Selon eux, l'IA ne fait que reproduire et amplifier les biais présents dans les données historiques, sans pour autant apporter une réelle valeur ajoutée en termes de prédiction ou de stabilité des marchés. Bref, autant dire que l'IA ne constitue pas une révolution en soi pour l'efficience des marchés, mais plutôt un outil parmi d'autres, dont les résultats dépendent largement de la qualité des données et des modèles utilisés.
D'autres sujets économiques passés au crible
L'émission BFM Bourse de ce 22 juin 2026 a couvert un large éventail de sujets, reflétant la diversité des enjeux économiques actuels. Parmi les thèmes abordés, la réindustrialisation de la France a été évoquée par Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud. Celui-ci a mis en avant le rôle potentiel de la réindustrialisation dans la lutte contre le réchauffement climatique, tout en soulignant les défis structurels auxquels le pays est confronté.
Un autre dossier a retenu l'attention : la performance du portefeuille « BFM-Responsable », dont les étoiles de la semaine étaient Eaton et Axa. Axa, en particulier, a atteint son plus haut historique, une nouvelle saluée par les gestionnaires du portefeuille. Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM, a également analysé les conséquences des canicules répétées sur la croissance économique française, un sujet devenu récurrent avec l'aggravation des phénomènes climatiques.
Les marchés financiers sous le feu des projecteurs
Plusieurs valeurs boursières ont également fait l'objet d'une analyse approfondie. C'est le cas de Pierre et Vacances, dont l'action a connu une forte hausse à la suite de l'annonce d'une offre amicale émanant d'un fonds souverain d'Abu Dhabi, Mubadala. Thibault François, co-fondateur de Fastea Capital, a expliqué que cette opération pourrait entraîner un changement de pavillon pour le groupe, qui passerait sous contrôle émirati. Par ailleurs, la réponse de 2CRSi aux attaques de Grizzli Research a été évoquée, tout comme l'ascension de SK Hynix, devenue la première capitalisation boursière en Corée du Sud.
Enfin, la chronique « Culture Bourse » a traité deux sujets d'actualité pour les investisseurs particuliers. D'une part, Nicolas Domnesques, fondateur d'E-Investing, a décrypté le mécanisme du « reverse split », une opération souvent mal comprise par les épargnants. D'autre part, Thibault François a répondu à une question d'un investisseur détenant l'action Novo Nordisk, dont le cours a chuté de 61 % depuis son achat il y a plus d'un an. Le gestionnaire a conseillé de « conserver » la position, tout en insistant sur la nécessité de diversifier ses placements.
Plus largement, la question de l'efficience des marchés reste au cœur des préoccupations des économistes et des régulateurs. Entre innovations technologiques et défis structurels, les prochaines années s'annoncent décisives pour évaluer si l'IA peut vraiment transformer en profondeur le fonctionnement des marchés financiers.
L’efficience des marchés financiers désigne une situation où les prix des actifs reflètent à tout moment toutes les informations disponibles. Selon la théorie de l’efficience des marchés, il serait alors impossible de réaliser des profits durables en exploitant des informations publiques, car celles-ci seraient déjà intégrées dans les cours. Trois formes d’efficience sont généralement distinguées : faible (les prix reflètent l’historique des cours), semi-forte (les prix intègrent toutes les informations publiques) et forte (les prix intègrent aussi les informations privées).