Une personne sur huit dans le monde est désormais touchée par l’obésité, un chiffre qui cache des disparités marquées entre les pays selon leur niveau de revenus. Selon Le Monde, une étude publiée le 13 mai 2026 dans la revue Nature révèle des trajectoires radicalement opposées : si l’obésité recule ou se stabilise dans les nations les plus aisées, elle progresse à un rythme alarmant dans les États à faible revenu. Les chercheurs soulignent que cette évolution reflète les inégalités d’accès aux politiques de santé publique et aux ressources alimentaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Près de 12,5 % de la population mondiale est obèse, soit une personne sur huit, selon les données de l’étude publiée dans Nature.
  • Les pays à faible revenu enregistrent une hausse rapide de l’obésité, tandis que les pays riches voient leur taux se stabiliser ou légèrement diminuer.
  • Cette divergence s’explique par des facteurs socio-économiques, notamment l’accès inégal à une alimentation saine et aux soins.
  • Les chercheurs pointent du doigt l’absence de politiques publiques adaptées dans les pays pauvres, où l’obésité coexiste souvent avec la malnutrition.
  • L’étude couvre les données de 1990 à 2026, offrant un aperçu de trois décennies d’évolution.

Une étude sans précédent sur trois décennies

Réalisée par une équipe internationale de chercheurs, l’étude publiée dans Nature s’appuie sur l’analyse des données de plus de 200 pays entre 1990 et 2026. Selon les auteurs, cette ampleur permet de dégager des tendances claires malgré les disparités régionales. « Nous avons observé une accélération inquiétante dans les pays à faible revenu, où l’obésité progresse deux fois plus vite que dans les pays riches », a déclaré le Dr. Maria Lopez, épidémiologiste et coautrice de l’étude. « Ce phénomène s’explique en grande partie par la transition nutritionnelle, où les régimes riches en calories mais pauvres en nutriments remplacent progressivement les aliments traditionnels. »

Les inégalités d’accès aux politiques de santé

Les pays riches, comme les États-Unis, l’Allemagne ou la France, ont mis en place des stratégies pour limiter l’obésité, notamment via des campagnes de sensibilisation ou des taxes sur les produits sucrés. Selon Le Monde, ces mesures ont contribué à une stabilisation des taux dans ces pays, voire à une légère baisse dans certains cas. À l’inverse, les pays à faible revenu, souvent confrontés à des crises sanitaires ou alimentaires, peinent à déployer des politiques efficaces. « Dans ces régions, l’obésité est souvent un symptôme des inégalités structurelles », a précisé le Dr. Lopez. « Les populations n’ont pas accès à des aliments frais et abordables, et les systèmes de santé sont sous-financés. »

Un double fardeau : obésité et malnutrition

Dans de nombreux pays pauvres, l’obésité coexiste avec la malnutrition, créant un double fardeau pour les systèmes de santé. Selon l’étude, près de 40 % des adultes dans certains États d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud présentent des signes de surpoids ou d’obésité, tandis que des carences nutritionnelles persistent. « Ce paradoxe s’explique par une alimentation déséquilibrée, où les aliments ultra-transformés et bon marché remplacent les régimes traditionnels », explique le rapport. « Les populations consomment des calories vides, sans les nutriments essentiels. »

Et maintenant ?

Les chercheurs appellent à une réponse globale pour inverser la tendance dans les pays pauvres. Selon eux, des mesures comme l’étiquetage nutritionnel obligatoire, des taxes sur les produits sucrés ou des subventions pour les aliments sains pourraient freiner l’obésité. « Les prochaines années seront cruciales », a souligné le Dr. Lopez. « Sans action concertée, l’écart entre pays riches et pauvres pourrait se creuser davantage, avec des conséquences sanitaires et économiques lourdes. » Une conférence internationale sur la nutrition est prévue en novembre 2026 à Genève pour aborder ces enjeux.

L’étude publiée dans Nature rappelle que l’obésité n’est pas seulement une question de santé individuelle, mais aussi un défi structurel qui nécessite des solutions collectives. Alors que le monde célèbre des progrès dans la lutte contre la faim, cette nouvelle donnée souligne l’urgence d’adresser les déséquilibres alimentaires à l’échelle planétaire.

Selon l’étude, les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud enregistrent les hausses les plus rapides. Par exemple, des États comme le Nigeria, l’Inde ou le Bangladesh voient leur taux d’obésité chez les adultes progresser de plus de 3 % par an depuis 2010.

Les chercheurs recommandent plusieurs leviers : des taxes sur les produits sucrés, des subventions pour les fruits et légumes, des campagnes de sensibilisation ciblées, et un meilleur étiquetage nutritionnel. Ces mesures ont déjà prouvé leur efficacité dans certains pays riches.