Une réunion de trois jours s’ouvre ce lundi 22 juin à Panama, réunissant les 34 membres actifs de l’Organisation des États américains (OEA). Selon RFI, cette assemblée annuelle aborde des enjeux majeurs pour la région, dont la sécurité, les migrations et les crises politiques en Haïti, au Venezuela et à Cuba. Mais c’est surtout l’attitude des États-Unis, et en particulier les positions de Donald Trump, qui suscite l’attention.

Ce qu'il faut retenir

  • Les 34 pays membres actifs de l’OEA se réunissent pour trois jours à Panama à partir du 22 juin 2026.
  • L’ordre du jour porte sur la sécurité régionale, les migrations et les situations en Haïti, au Venezuela et à Cuba.
  • La position des États-Unis est particulièrement scrutée, dans un contexte marqué par les déclarations de Donald Trump sur l’Amérique latine.

Une rencontre régionale sous haute tension politique

Cette session de l’OEA intervient dans un contexte géopolitique tendu pour l’Amérique latine. Panama, qui accueille les débats, se retrouve au cœur des discussions alors que les tensions entre Washington et plusieurs pays de la région s’intensifient. « L’ombre de Donald Trump plane sur cette réunion », indique un diplomate sous couvert d’anonymat. Les prises de position récentes de l’ancien président américain, notamment sur les migrations et les régimes vénézuélien et cubain, ont relancé les débats sur l’influence des États-Unis dans les affaires internes des pays latino-américains.

L’OEA, souvent perçue comme un forum de dialogue, pourrait se retrouver divisée sur la manière de traiter les crises en Haïti et au Venezuela. Certains États, comme le Mexique ou l’Argentine, appellent à une approche diplomatique, tandis que d’autres, dont les États-Unis, privilégient des sanctions plus strictes. Selon RFI, plusieurs pays craignent que les États-Unis n’utilisent cette réunion pour faire avancer leur agenda sans tenir compte des positions des autres membres.

Sécurité et migrations au cœur des discussions

Parmi les dossiers prioritaires, la sécurité régionale occupera une place centrale. Les États membres devraient évoquer la lutte contre les groupes criminels transnationaux, notamment en Haïti, où la situation humanitaire se dégrade. « Le pays est en proie à une violence endémique, et l’OEA doit trouver des solutions urgentes », a déclaré un représentant de l’organisation. Les flux migratoires, souvent liés à l’instabilité politique et économique, seront également au menu des débats. Selon les dernières estimations, plus de 2,5 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015, un chiffre qui continue d’alourdir la pression sur les pays voisins.

La question cubaine, elle, reste un sujet de friction. Les États-Unis maintiennent leur embargo économique, tandis que plusieurs pays d’Amérique latine, comme le Nicaragua ou la Bolivie, appellent à une levée des sanctions. « C’est un dossier qui divise, et cette réunion pourrait cristalliser ces divergences », souligne un observateur présent à Panama.

Donald Trump, acteur indirect mais influent

Si Donald Trump n’est pas présent physiquement, ses déclarations passées et récentes pèsent sur les négociations. L’ancien président a multiplié les critiques envers le Venezuela et Cuba, qualifiant leurs gouvernements de « régimes tyranniques ». Il a également menacé de sanctions accrues contre Haïti si le pays ne durcit pas sa lutte contre les gangs. « Trump utilise l’Amérique latine comme un terrain de communication politique », explique une analyste de l’International Crisis Group. « Ses propos alimentent les tensions et compliquent la recherche de consensus au sein de l’OEA. »

Cette réunion intervient à quelques mois de l’élection présidentielle américaine, où Trump pourrait être de nouveau candidat. Une victoire en novembre 2026 pourrait radicaliser encore davantage la politique étrangère des États-Unis envers l’Amérique latine, rendant cette session de l’OEA d’autant plus stratégique.

Et maintenant ?

Les débats devraient s’intensifier aujourd’hui et demain, avec une déclaration finale attendue mercredi 24 juin. Si un consensus est possible sur les questions humanitaires, comme l’aide à Haïti, les divisions risquent de persister sur les sujets plus politiques. Les observateurs s’attendent à ce que les États-Unis fassent pression pour inclure des mesures plus fermes contre le Venezuela et Cuba, mais la résistance d’une partie des membres pourrait limiter l’impact des conclusions. Une chose est sûre : cette réunion servira de baromètre pour les relations entre Washington et l’Amérique latine dans les mois à venir.

Pour les pays de la région, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de préserver leur souveraineté face aux ingérences extérieures, mais aussi de trouver des solutions communes à des crises qui dépassent leurs frontières. Bref, l’OEA a devant elle un défi de taille : concilier les intérêts divergents de ses membres, sous le regard scrutateur de la première puissance mondiale.

Parmi les membres de l’OEA, Cuba est absent des travaux depuis 1962, date de son exclusion après la révolution castriste. Le Venezuela, quant à lui, participe bien aux débats, mais sous la direction d’une délégation soutenue par l’opposition, car le gouvernement de Nicolás Maduro n’est pas reconnu par une partie de la communauté internationale.