Les autorités égyptiennes ont présenté jeudi 14 mai à Louxor un mur de fermeture en plâtre de la tombe du roi Toutânkhamon, un artefact unique au monde, selon Le Figaro. Parallèlement, deux tombes antiques datant du Nouvel Empire ont été restaurées et ouvertes au public sur la rive ouest de la ville.

Ce qu'il faut retenir

  • Le mur de fermeture en plâtre de la tombe de Toutânkhamon, découvert en 1922, n’avait jamais été exposé jusqu’ici.
  • Deux tombes de la XVIIIe dynastie, celles de Rabuya et de son fils Samut, ont été restaurées et ouvertes.
  • Les tombes contiennent des scènes illustrant des activités quotidiennes comme l’agriculture, l’artisanat ou la fabrication de pain.
  • Le mur porte les cachets officiels de Toutânkhamon et des gardes de la nécropole.
  • La restauration a été menée par une équipe égyptienne qui a reconstitué cet élément unique.

Un vestige exceptionnel de la tombe de Toutânkhamon exposé pour la première fois

Abdelghaffar Wagdy, directeur général des Antiquités de Louxor, a qualifié ce mur de fermeture en plâtre de « pièce unique en son genre », précisant qu’il n’existe aucun équivalent en Égypte ni ailleurs dans le monde. « Il s’agit du seul vestige de Toutânkhamon ayant survécu depuis sa découverte il y a plus d’un siècle », a-t-il déclaré lors d’une exposition organisée dans la ville. Selon lui, cet artefact n’avait jamais été reproduit, car presque toutes les tombes pharaoniques ont été pillées au fil des siècles.

Ce mur, reconstitué récemment par une équipe égyptienne, servait à sceller l’entrée de la chambre funéraire du souverain. Il portait les sceaux officiels illustrant les rituels funéraires et l’autorité administrative liée à l’inhumation royale. On y distingue notamment les cachets de Toutânkhamon ainsi que ceux des gardes de la nécropole, chargés de protéger les tombes contre le vol.

Deux tombes de la XVIIIe dynastie mises en valeur après leur découverte fortuite

Les deux tombes restaurées appartiennent à Rabuya et à son fils Samut, deux gardiens des portes du dieu Amon ayant vécu sous la XVIIIe dynastie, première des dynasties du Nouvel Empire (vers le XVIe siècle avant J.-C.). Hisham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, a rappelé que ces sépultures avaient été « découvertes par hasard en 2015 » avant d’être restaurées. Leur ouverture au public a été saluée comme un événement majeur pour la compréhension de la vie quotidienne et des pratiques funéraires de l’époque.

Les parois des tombes sont ornées de scènes illustrant diverses activités : agriculture, récolte, artisanat, fabrication du pain, poterie ou encore production de vin. Ces représentations offrent un éclairage précieux sur les métiers et les traditions de l’Égypte antique, bien au-delà des cérémonies religieuses ou royales.

Un patrimoine protégé et valorisé pour les visiteurs

Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités a souligné que la rive ouest du Nil à Louxor abrite la vallée des Rois, où furent enterrés les pharaons et les nobles du Nouvel Empire. Parmi eux figurait Toutânkhamon, dont la tombe, mise au jour en 1922 par l’archéologue britannique Howard Carter, reste l’une des découvertes les plus célèbres de l’égyptologie.

Le mur de fermeture exposé au musée de Louxor témoigne de l’importance des rituels funéraires et de la volonté des autorités de préserver ce patrimoine. Abdelghaffar Wagdy a précisé que cet élément, reconstitué après des décennies de conservation, est « le seul vestige tangible de Toutânkhamon encore visible aujourd’hui ». Une manière de rappeler que, malgré le pillage de nombreuses tombes, certains artefacts subsistent et permettent de documenter l’histoire.

Et maintenant ?

Les autorités égyptiennes prévoient de poursuivre la restauration et la valorisation des sites archéologiques de Louxor, notamment dans la perspective d’attirer davantage de touristes. Une exposition permanente du mur de fermeture de Toutânkhamon au musée de Louxor pourrait être organisée d’ici la fin de l’année 2026. Par ailleurs, des fouilles supplémentaires sont attendues dans la vallée des Rois, où des tombes encore inexplorées pourraient révéler de nouveaux éléments sur la civilisation pharaonique.

Les prochaines étapes consisteront à renforcer la protection des sites contre le vol et la dégradation, tout en améliorant les infrastructures d’accueil des visiteurs. Le ministère a également annoncé des projets de numérisation des tombes pour permettre un accès virtuel aux œuvres, notamment pour les chercheurs et le grand public.

Reste à voir si ces initiatives permettront de consolider la place de Louxor comme destination phare pour les amateurs d’histoire et d’archéologie, dans un contexte où le tourisme en Égypte continue de se redresser après les années marquées par les crises sanitaires et politiques.

Ce mur en plâtre est le seul vestige intact de la tombe de Toutânkhamon encore visible aujourd’hui. Découvert en 1922 par Howard Carter, il porte les cachets officiels du pharaon et des gardes de la nécropole, témoignant des rituels funéraires et de l’autorité administrative de l’époque. Aucun équivalent n’existe en Égypte ou ailleurs dans le monde, selon Abdelghaffar Wagdy, directeur général des Antiquités de Louxor.