Dans la nuit de vendredi à samedi 16 mai 2026, les murs de l’institution catholique Sévigné Saint-Louis d’Issoire, située dans le Puy-de-Dôme, ont été souillés par des inscriptions à connotation haineuse. Selon Le Figaro, des tags comme « Enculus Papam », « No Pasaran », « Nid à racistes » ou encore « Antifa » y ont été apposés, laissant supposer une origine antifasciste derrière ces dégradations.
Ce qu'il faut retenir
- L’institution catholique Sévigné Saint-Louis d’Issoire, dans le Puy-de-Dôme, a été victime de tags haineux dans la nuit du 16 au 17 mai 2026.
- Les inscriptions, dont « Enculus Papam », « No Pasaran » ou « Antifa », évoquent une origine antifasciste présumée.
- L’école, qui accueille plus de 1 000 élèves, est associée à une chapelle en ruines dont la rénovation est en cours grâce à un appel aux dons.
- Le président de l’OGEC, Jacques Fongarnand, a qualifié ces actes d’« intolérables » et annoncé le dépôt d’une plainte dès lundi matin.
- Une collecte de fonds, soutenue par la Fondation du patrimoine, a déjà permis de réunir 50 000 € sur les 250 000 € nécessaires à la restauration de la chapelle.
Une école ouverte à tous les profils, dans un cadre patrimonial fragilisé
L’établissement Sévigné Saint-Louis d’Issoire, adossé à une chapelle du XIXe siècle aujourd’hui en ruine, fait face à une double problématique : la dégradation de son bâtiment scolaire et l’état de dégradation avancé de ce monument historique. Depuis 2024, l’association SOS Chapelle tente de sauver ce fleuron du patrimoine issoirien, deuxième monument historique de la ville après l’abbatiale du XIIe siècle. Pour financer les travaux, estimés à 250 000 €, un appel aux dons a été lancé, soutenu par la Fondation du patrimoine. À ce jour, 50 000 € ont été collectés, mais il reste un long chemin à parcourir.
Côté scolaire, l’institution se distingue par son ouverture : « Il y a plus de 1 000 élèves dans l’école, qui profitent ici d’une ambiance familiale. Les élèves de toutes confessions sont acceptés », explique la créatrice de SOS Chapelle, qui s’interroge : « Quelle image du monde adulte donne-t-on à des enfants ? » Une question d’autant plus prégnante après les dégradations subies.
Des inscriptions aux relents anticatholiques et antifascistes
Parmi les messages tagués, certains ciblent directement l’institution religieuse et son engagement patrimonial. L’un d’eux, « La voilà ta rénovation ! », semble particulièrement ironique, voire provocateur, alors que des bénévoles œuvrent depuis trois ans pour préserver ce monument. « Cela m’a fait mal au cœur », confie la responsable de SOS Chapelle. « On s’évertue à passer un message d’ouverture, de tolérance, d’amour du prochain… »
Les autres inscriptions, comme « Enculus Papam » (une insulte latine visant le pape) ou « No Pasaran » (slogan antifasciste historique), renforcent l’hypothèse d’un acte commis par des militants antifascistes. Aucune preuve formelle n’a encore été établie, mais l’orientation des messages laisse peu de doute. Contactée par Le Figaro, la gendarmerie locale n’a pas confirmé l’ouverture d’une enquête, bien que Jacques Fongarnand, président de l’OGEC, ait indiqué que « une enquête serait déjà en cours ».
Une plainte déposée, mais l’inquiétude persiste
Dès lundi 19 mai, l’OGEC prévoit de porter plainte pour dégradations volontaires. « Ces faits sont intolérables », a déclaré Jacques Fongarnand, soulignant que les auteurs de ces tags semblent viser spécifiquement les défenseurs du patrimoine religieux. « Cela nous inquiète un peu », a-t-il reconnu, évoquant la possibilité de renforcer les mesures de sécurité lors du concert caritatif prévu début juin à l’abbatiale d’Issoire, dont les bénéfices doivent financer la rénovation de la chapelle.
Pour l’heure, ni l’OGEC ni l’association SOS Chapelle n’ont reçu de menaces préalables. « On ne sait pas si ces actes sont isolés ou s’ils s’inscrivent dans une tendance plus large », a indiqué Jacques Fongarnand. Une question qui se pose alors que d’autres actes de vandalisme à caractère religieux ont été signalés récemment en France, comme à Lourdes ou dans la Gironde.
Côté financement, l’appel aux dons se poursuit. Avec seulement 50 000 € collectés sur 250 000 € nécessaires, les responsables appellent à une mobilisation accrue pour sauver ce patrimoine, emblématique de l’histoire locale. « Il nous en faudrait cinq fois plus », a rappelé Jacques Fongarnand.
En attendant, les élèves de Sévigné Saint-Louis retourneront en classe ce lundi, mais le passage devant les tags rappellera quotidiennement la fragilité des valeurs de tolérance et de respect, tant chères à l’établissement.
La plainte déposée par l’OGEC devrait permettre à la gendarmerie d’ouvrir officiellement une enquête. Les enquêteurs devraient analyser les inscriptions, les éventuelles traces ou indices laissés sur place, et interroger les responsables de l’établissement ainsi que les membres de SOS Chapelle. Une enquête de voisinage pourrait également être menée pour identifier d’éventuels témoins.
Oui, le concert caritatif organisé au profit de la rénovation de la chapelle est maintenu. Jacques Fongarnand a indiqué que des mesures de sécurité supplémentaires pourraient être mises en place, notamment la présence de vigiles, pour garantir la sécurité des participants. L’événement reste un levier important pour collecter des fonds.