Selon Euronews FR, les loyers des logements dans les capitales européennes varient du simple au septuple. Une enquête d’Eurostat, portant sur 40 villes de l’Union européenne, des pays candidats, de l’Association européenne de libre-échange (AELE) et du Royaume-Uni, révèle que le coût moyen d’un appartement de deux chambres oscille entre 470 € à Skopje, en Macédoine du Nord, et 3 350 € à Genève, en Suisse.

Ce qu'il faut retenir

  • Genève détient le record du loyer le plus élevé avec 3 350 € pour un deux-pièces, devant Londres (3 050 €) et Dublin (2 650 €).
  • À l’inverse, Skopje (470 €) et Pristina (520 €) figurent parmi les villes où les loyers sont les plus bas.
  • En Europe de l’Ouest, Paris (2 500 €) affiche le loyer moyen le plus élevé parmi les quatre grandes économies de l’UE, devant Berlin (1 750 €), Madrid (1 700 €) et Rome (1 650 €).
  • Bruxelles, capitale de l’UE, se situe au 22e rang avec un loyer moyen de 1 450 €.
  • Les disparités s’expliquent par la demande soutenue dans les métropoles attractives et une offre insuffisante, selon l’expert immobilier Mikk Kalmet.

Genève, Londres et Dublin en tête du classement des loyers les plus élevés

L’étude d’Eurostat, basée sur des données recueillies au second semestre 2025, confirme que le logement représente le premier poste de dépense des ménages dans l’UE. Avec les charges, il pèse pour 23,6 % du budget des foyers européens. Pour les locataires des capitales, la facture est particulièrement salée, notamment dans les villes où la demande dépasse largement l’offre disponible.

Parmi les capitales étudiées, Genève se distingue avec un loyer moyen de 3 350 € pour un appartement de deux chambres, ce qui en fait la ville la plus chère de l’échantillon. Londres arrive en deuxième position avec 3 050 €, suivie de près par Dublin et Stockholm, toutes deux à 2 650 €. Oslo complète ce groupe avec un loyer moyen de 2 550 €.

Ces écarts s’expliquent principalement par la concentration de salariés bien rémunérés, d’entreprises internationales, d’étudiants et de nouveaux arrivants dans ces métropoles. « Les marchés du logement sont locaux. Lorsque la demande dépasse l’offre, les loyers augmentent mécaniquement », explique Mikk Kalmet, expert immobilier chez Global Property, interrogé par Euronews FR.

Paris en tête des grandes économies de l’UE

Dans le groupe des quatre plus grandes économies de l’Union européenne, Paris affiche le loyer moyen le plus élevé avec 2 500 € pour un deux-pièces. La capitale française devance Berlin (1 750 €), Madrid (1 700 €) et Rome (1 650 €).

D’autres villes européennes dépassent également la barre des 2 000 € : Copenhague (2 350 €), Luxembourg (2 350 €), Reykjavik (2 350 €), La Haye (2 150 €), Berne (2 150 €) et Munich (2 050 €).

Plus bas dans le classement, des capitales comme Lisbonne (1 750 €), Prague (1 650 €), Vienne (1 600 €), Zagreb (1 550 €), Helsinki (1 550 €) et Athènes (1 500 €) se situent entre 1 500 € et 1 750 €.

Skopje et Pristina, les villes où les loyers sont les plus bas

À l’autre extrémité du spectre, Skopje, en Macédoine du Nord, affiche le loyer moyen le plus bas de l’enquête avec 470 € pour un appartement de deux chambres. Pristina, au Kosovo, suit de près avec 520 €, tandis que Ankara, en Turquie, s’établit à 770 €.

Parmi les capitales de l’UE, Sofia (900 €) et Nicosie (910 €) sont les moins chères, suivies par Tirana (920 €) et Bucarest (930 €). Plusieurs autres villes se situent autour de 1 200 €, comme Belgrade (1 100 €), Sarajevo (1 150 €), Riga (1 150 €), Tallinn (1 150 €), Vilnius (1 200 €), Varsovie (1 300 €) et Budapest (1 300 €).

Mikk Kalmet rappelle que le niveau des revenus joue un rôle clé dans l’abordabilité des loyers. « Les pays où les salaires sont plus élevés peuvent généralement supporter des loyers plus importants », souligne-t-il. « Mais des loyers plus bas en Europe centrale et orientale ne signifient pas nécessairement que le logement y est plus abordable, car les salaires locaux sont souvent plus faibles ». Une analyse purement centrée sur les loyers peut donc être trompeuse sans prendre en compte le pouvoir d’achat.

Bruxelles, une capitale de l’UE relativement abordable

Bruxelles, siège des institutions européennes, affiche un loyer moyen de 1 450 € pour un appartement de deux chambres, ce qui la place au 22e rang sur les 40 villes étudiées. Un positionnement médian, loin des extrêmes observés ailleurs en Europe.

Selon Mikk Kalmet, la hausse des loyers observée ces dernières années s’explique par plusieurs facteurs : la reprise de la demande urbaine post-pandémie, la croissance démographique, les flux migratoires, la remontée des taux d’intérêt et l’augmentation des coûts de construction. « La hausse des taux d’intérêt a rendu l’achat d’un logement plus difficile pour de nombreux ménages, les poussant vers la location et alimentant ainsi la demande », précise-t-il. « Dans de nombreuses grandes villes, l’offre n’arrive pas à suivre ces évolutions ».

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir se confirmer cette tendance à la hausse des loyers, notamment dans les métropoles où la pression démographique reste forte. Les prochaines enquêtes d’Eurostat, prévues pour 2026, permettront d’évaluer l’impact des politiques publiques mises en place par certains États pour réguler les marchés locaux. En attendant, les locataires des villes les plus chères pourraient continuer à subir une pression financière accrue.

Cette étude d’Eurostat repose sur une méthodologie harmonisée, validée par des entretiens avec des agents immobiliers dans chaque pays. Les loyers indiqués excluent les charges et les services publics, et concernent des logements non meublés, de bonne ou très bonne qualité. Les taux de change de juillet 2025 ont été utilisés pour convertir les montants en euros.

Pour les ménages européens, la question du logement reste donc un défi majeur, entre disparités géographiques et contraintes budgétaires. Une problématique qui pourrait s’aggraver si les tendances actuelles se poursuivent.

D’après l’enquête d’Eurostat, Genève (3 350 €), Londres (3 050 €), Dublin et Stockholm (2 650 € chacune) figurent parmi les villes où les loyers sont les plus élevés pour un appartement de deux chambres.

Les disparités s’expliquent principalement par l’équilibre entre l’offre et la demande locales. Dans les villes attractives comme Genève ou Londres, la demande dépasse largement l’offre disponible, ce qui fait monter les prix. À l’inverse, dans des capitales comme Skopje ou Pristina, l’offre est plus abondante et les revenus moyens plus bas, ce qui maintient les loyers à un niveau modeste.