La commissaire européenne à l'Égalité, Hadja Lahbib, a vivement critiqué, ce 14 mai 2026, les thérapies de conversion LGBTQI+, les qualifiant de « pratiques barbares et honteuses » qui nuisent aux communautés concernées dans toute l'Union européenne. Ses déclarations, rapportées par Euronews FR, interviennent alors que la Commission européenne présente une initiative citoyenne ayant recueilli plus d'un million de signatures pour demander l'interdiction de ces méthodes à l'échelle européenne.

Selon Euronews FR, Hadja Lahbib a affirmé lors de l'émission Europe Today que ces thérapies s'apparentent à de la « torture ». Elle a précisé qu'elles peuvent entraîner des dépressions graves, voire des suicides chez les victimes. « C'est pourquoi nous devons vraiment réagir et combattre ces pratiques », a-t-elle souligné. Ces propos s'inscrivent dans un contexte où l'Union européenne peine à adopter une position unifiée sur la question.

Ce qu'il faut retenir

  • Hadja Lahbib, commissaire européenne à l'Égalité, a qualifié les thérapies de conversion LGBTQI+ de « torture » lors d'une interview à Europe Today sur Euronews FR.
  • Une initiative citoyenne européenne a recueilli plus d'un million de signatures pour demander l'interdiction de ces pratiques à l'échelle de l'UE.
  • La Commission européenne proposera en 2027 une recommandation non contraignante pour sensibiliser, aider les victimes et renforcer le soutien médical.
  • L'article 19 des traités de l'UE impose l'unanimité des États membres pour lutter contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle, ce qui bloque une interdiction directe.
  • Huit États membres (Belgique, Chypre, France, Allemagne, Grèce, Malte, Espagne et Portugal) ont déjà interdit ces thérapies, avec des sanctions variables.
  • La Commission appelle les autres pays à suivre l'exemple de ces huit États, saluant leur avancée législative.

Une initiative citoyenne pour faire pression sur l'UE

La présentation de l'initiative citoyenne européenne, qui a recueilli plus d'un million de signatures, a servi de catalyseur aux déclarations de Hadja Lahbib. Selon Euronews FR, cette mobilisation a mis en lumière l'urgence d'agir face à des pratiques encore tolérées dans plusieurs pays de l'Union. Pourtant, plutôt que de proposer une législation contraignante, la Commission européenne a choisi une approche progressive.

Comme l'a révélé Euronews FR, l'exécutif européen prévoit de présenter, en 2027, une recommandation non contraignante. Ce texte vise à accroître la sensibilisation de la société, à faciliter les actions en justice pour les victimes et à renforcer le soutien médical et psychologique. Une solution qui, selon Hadja Lahbib, envoie « un message très clair et sans ambiguïté » aux États membres : l'interdiction de ces pratiques doit être immédiate.

L'unanimité des États membres, un frein à l'action européenne

Interrogée sur les raisons du retard de l'UE, Hadja Lahbib a admis, lors de son intervention, qu'aucun consensus n'existait entre les vingt-sept pays membres. En effet, l'article 19 des traités de l'Union européenne impose l'unanimité pour toute mesure visant à lutter contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle. Une exigence qui complique, voire bloque, toute avancée législative ambitieuse.

Selon Euronews FR, la commissaire a cependant insisté sur le rôle clé des États membres, rappelant que « cette question relève en grande partie de leur responsabilité ». Elle a appelé les capitales à prendre leurs responsabilités, soulignant que « les États membres ont un rôle essentiel à jouer ». Une manière de souligner que, sans leur engagement, l'UE ne pourra progresser sur ce dossier.

Huit pays pionniers, mais des législations disparates

À ce jour, huit des vingt-sept États membres de l'UE ont déjà interdit les thérapies de conversion LGBTQI+. Il s'agit de la Belgique, de Chypre, de la France, de l'Allemagne, de la Grèce, de Malte, de l'Espagne et du Portugal. Ces pays ont adopté des lois aux approches variées : certaines prévoient des sanctions financières, tandis que d'autres instaurent des peines d'emprisonnement plus ou moins lourdes.

Hadja Lahbib a salué cette avancée, déclarant à Euronews FR : « Ils ont montré que c'était possible. » Elle a ajouté : « Nous poursuivons sur cette lancée et appelons les autres à nous suivre. » Une invitation à généraliser ces interdictions, alors que plusieurs pays, comme la Pologne ou la Hongrie, restent réticents à toute réglementation dans ce domaine.

Et maintenant ?

La Commission européenne compte sur les États membres pour avancer sur ce dossier d'ici 2027, date à laquelle elle présentera sa recommandation non contraignante. Cette approche progressive vise à créer un élan en faveur de l'interdiction, mais son efficacité dépendra de la volonté politique des capitales. Par ailleurs, la mobilisation citoyenne et les associations LGBTQI+ pourraient exercer une pression supplémentaire pour faire évoluer les positions. Reste à voir si cette stratégie suffira à briser le blocage lié à l'exigence d'unanimité.

Les prochains mois seront donc décisifs pour évaluer l'engagement réel des États membres. Certains pourraient adopter des législations nationales en attendant une action européenne plus ambitieuse, tandis que d'autres pourraient maintenir leur opposition. Une chose est sûre : le débat sur les thérapies de conversion ne faiblira pas, porté par les victimes et les défenseurs des droits humains.

Les thérapies de conversion, aussi appelées « thérapies de réorientation sexuelle », désignent des pratiques visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne. Ces méthodes, souvent psychologiques ou religieuses, sont largement dénoncées par la communauté médicale et scientifique pour leurs effets néfastes, notamment dépression et risque accru de suicide.

L'article 19 des traités de l'UE impose l'unanimité des États membres pour toute mesure contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle. Plusieurs pays, comme la Pologne ou la Hongrie, s'opposent à toute législation dans ce domaine, bloquant ainsi une interdiction européenne directe.