L’Union européenne s’apprête à étendre ses mesures protectionnistes aux véhicules hybrides rechargeables (PHEV) en provenance de Chine. Selon Capital, Bruxelles envisage d’instaurer des droits de douane pouvant atteindre **plus de 30 %** sur ces modèles, alors que les constructeurs asiatiques ont massivement contourné les taxes déjà appliquées aux véhicules 100 % électriques.
Ce qu'il faut retenir
- L’UE pourrait appliquer des droits de douane **supérieurs à 30 %** sur les PHEV chinois, en plus des taxes existantes de 10 %. (selon Capital)
- Les constructeurs chinois ont accru leurs ventes de PHEV en Europe, exploitant une faille dans les réglementations. (1 million d’unités vendues en 2025)
- Les droits sur les véhicules électriques chinois, introduits fin 2024, pouvaient déjà atteindre **35 %** en plus des 10 % de base.
- Le BYD Seal U est désormais le PHEV le plus vendu en Europe, devant les modèles européens. (10 % du marché en 2025)
- Bruxelles justifie cette mesure par la nécessité de corriger les distorsions de concurrence liées aux subventions chinoises.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’UE et la Chine. Depuis la fin 2024, les Vingt-Sept imposent des droits compensateurs sur les voitures électriques chinoises, mais les constructeurs asiatiques ont rapidement adapté leur stratégie. Plutôt que de se concentrer sur les modèles 100 % électriques, désormais taxés, ils ont massivement exporté des PHEV, échappant ainsi aux surcoûts. En 2025, un million de PHEV ont été vendus en Europe, soit une hausse de **30 %** par rapport à l’année précédente. « Les constructeurs chinois ont été très agiles et ont rapidement exploité cette faille », a déclaré un dirigeant du secteur automobile cité par la presse allemande.
Les hybrides rechargeables, qui combinent un moteur thermique et un petit bloc électrique rechargeable, séduisent de plus en plus les Européens. Leur part de marché a progressé de manière significative, au point que le BYD Seal U truste désormais la première place des ventes, devant les modèles des constructeurs traditionnels. Plusieurs marques chinoises figurent également parmi les meilleures ventes, tandis que la part des PHEV dans les immatriculations des constructeurs asiatiques en Europe rivalise désormais avec celle des véhicules 100 % électriques. Cette dynamique a poussé la Commission européenne à agir, alors que Pékin continue de soutenir massivement son industrie automobile.
Des mesures déjà rodées pour les véhicules électriques
Le dispositif envisagé par l’UE pour les PHEV s’inspire directement de celui appliqué aux voitures électriques. Les droits de douane différenciés selon les constructeurs pourraient atteindre **plus de 30 %** en plus des **10 %** de tarif de base. Cette approche vise à cibler les groupes chinois les plus subventionnés, comme BYD, SAIC Motor ou Chery. Selon Reuters, le mécanisme est déjà prêt et pourrait être activé dès qu’une majorité d’États membres aura donné son accord. La décision pourrait intervenir dans les prochains mois, alors que la pression des constructeurs européens s’accentue.
L’objectif affiché par Bruxelles est double : d’une part, corriger les distorsions de concurrence liées aux aides massives accordées par Pékin à ses industriels. D’autre part, éviter une déstabilisation du marché automobile européen, déjà fragilisé par la concurrence asiatique. Les constructeurs locaux, comme Renault ou Stellantis, alertent régulièrement sur l’impact des importations chinoises sur leurs marges et leur capacité d’investissement. En 2025, les PHEV représentaient 10 % du marché européen, un chiffre en progression mais encore marginal face aux véhicules thermiques.
Un marché en mutation sous la pression des subventions chinoises
La réaction européenne intervient alors que les ventes de PHEV chinois explosent en Europe. Selon les données du marché, le BYD Seal U est devenu, en moins d’un an, le modèle hybride rechargeable le plus vendu sur le continent. Cette performance s’explique en partie par des prix compétitifs, rendus possibles par les subventions publiques chinoises et une stratégie industrielle agressive. Plusieurs modèles chinois figurent désormais parmi les **10 meilleures ventes de PHEV** en Europe, un phénomène qui inquiète les acteurs locaux.
Parallèlement, la part des PHEV dans les ventes globales des constructeurs asiatiques en Europe a fortement progressé. En 2025, elle rivalisait presque avec celle des véhicules 100 % électriques, signe d’un basculement stratégique de Pékin vers les motorisations hybrides. Cette évolution a pris de court les autorités européennes, qui avaient initialement ciblé les modèles 100 % électriques. « Face à l’adaptabilité des constructeurs chinois, l’UE a dû revoir sa copie pour éviter que le contournement ne se poursuive », explique un analyste du secteur interrogé par Capital.
Quelles conséquences pour les consommateurs et les constructeurs ?
Si les droits de douane sur les PHEV chinois sont adoptés, leur prix à l’importation devrait mécaniquement augmenter. Pour les consommateurs, cela pourrait se traduire par des tarifs plus élevés, bien que les constructeurs tentent de limiter l’impact en ajustant leurs marges. Certains modèles pourraient devenir moins compétitifs face à leurs équivalents européens ou japonais, dont les coûts de production restent plus élevés. Les aides publiques européennes, comme le bonus écologique, pourraient aussi évoluer pour favoriser les véhicules fabriqués localement.
Du côté des constructeurs, la mesure devrait protéger les industriels européens, mais elle risque aussi de provoquer des représailles de la part de Pékin. La Chine, qui a déjà sanctionné des entreprises américaines pour des droits de douane similaires, pourrait cibler à son tour les exportations européennes, notamment dans l’aéronautique ou l’agroalimentaire. Plusieurs analystes craignent une escalade des tensions commerciales, alors que les deux blocs s’accusent mutuellement de protectionnisme.
Reste à voir si cette mesure suffira à inverser la tendance ou si elle ne fera que déplacer les flux commerciaux vers d’autres pays. Une chose est certaine : avec des enjeux industriels et géopolitiques aussi importants, la question des voitures chinoises en Europe n’est pas près de s’éteindre.
Selon les dernières données disponibles, le BYD Seal U domine largement les ventes, suivi par le MG HS Plug-in et le Volvo EX30 PHEV (bien que ce dernier soit une coentreprise sino-européenne). Plusieurs autres modèles de BYD, SAIC et Chery figurent également dans le top 20 des ventes. (selon Capital)