Les États membres de l’Union européenne activent leurs mécanismes de réponse d’urgence après l’apparition d’une épidémie de hantavirus à bord d’un navire de croisière, le MV Hondius, selon Euronews FR. Si cette flambée rappelle les craintes liées à la pandémie de Covid-19, les experts insistent sur le fait qu’il s’agit de deux virus distincts, aux modes de transmission et aux évolutions cliniques différents.
Ce qu’il faut retenir
- Tous les passagers du navire MV Hondius, bloqué en mer puis rapatriés, sont désormais soumis à une quarantaine de 42 jours, conformément aux recommandations de l’OMS.
- Les protocoles de quarantaine varient selon les pays : hospitalisation pour les Espagnols, isolement à domicile pour les Néerlandais et les Belges.
- Deux passagers, l’un en France et l’autre en Espagne, ont développé des symptômes et sont pris en charge à l’hôpital.
- L’UE mobilise son Mécanisme de protection civile pour coordonner les évacuations et le rapatriement des passagers, avec l’aéroport de Tenerife-Sud comme centre opérationnel.
- Les experts excluent une mutation du virus et confirment qu’il s’agit de la souche des Andes, déjà connue.
Une réponse sanitaire coordonnée face à une épidémie inhabituelle
Les ambassadeurs des États membres de l’UE se sont réunis à Bruxelles pour harmoniser les protocoles de réponse et de partage d’informations, comme le rapporte Euronews FR. L’objectif ? Mettre en place des mesures comparables au sein de l’espace Schengen, afin d’éviter les disparités dans la gestion de cette épidémie. Cette initiative intervient alors que les souvenirs de la pandémie de Covid-19 restent vifs, même si les experts soulignent que le hantavirus ne présente pas les mêmes risques.
Tous les passagers ont été rapatriés dans leur pays d’origine depuis le 10 mai, date à laquelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé une surveillance stricte de 42 jours, que ce soit à domicile ou dans un centre de quarantaine. Cependant, comme le précise Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, chaque État conserve sa souveraineté pour adapter ces recommandations à son contexte national.
Des protocoles de quarantaine variables selon les pays
Les mesures prises diffèrent d’un État à l’autre. En Espagne, les passagers sont placés en quarantaine à l’hôpital militaire Gómez Ulla de Madrid, tandis que les ressortissants des Pays-Bas et de Belgique s’isolent chez eux. Gianfranco Spiteri, responsable de la section renseignement épidémique mondial et sécurité sanitaire au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), a rappelé lors d’une conférence de presse que « nous devons garder à l’esprit qu’ils ont passé un mois sur un bateau, sans visites et sans voir leurs proches ; cela doit aussi être pris en considération ».
Pourtant, la priorité reste la sécurité des passagers et de leurs proches, a-t-il ajouté. Les pays sont libres de choisir le lieu et les modalités de l’isolement, en fonction de la disponibilité des structures médicales, des conditions de quarantaine à domicile et de l’accès aux traitements. Deux passagers, l’un en France et l’autre en Espagne, ont présenté des symptômes pendant leur quarantaine et sont désormais hospitalisés.
L’UE mobilise ses mécanismes d’urgence
L’épidémie de hantavirus a déclenché les mécanismes de coordination et de réponse d’urgence de l’Union européenne. Joseph Sikela, commissaire européen chargé des Partenariats internationaux, a déclaré lors de la présentation de l’Initiative pour la résilience mondiale que cette flambée « nous a rappelé à tous notre vulnérabilité en matière de santé ». Il a ajouté : « La fréquence et l’intensité des flambées de maladies augmentent ».
Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’UE de mieux prévenir les futures menaces sanitaires et d’y réagir plus rapidement. Après l’accostage du MV Hondius en Espagne, le pays a activé le Mécanisme de protection civile de l’UE, permettant une mobilisation coordonnée des États membres. Plusieurs pays, dont la France, les Pays-Bas, la Grèce et l’Irlande, ont participé à des vols d’évacuation et à des solutions de transport, financés en partie par l’UE. L’aéroport de Tenerife-Sud a servi de centre opérationnel pour ces opérations.
« Les menaces sanitaires franchissent très facilement les frontières, c’est pourquoi la coordination est essentielle », a souligné Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la Préparation et de la gestion des crises.
Le hantavirus n’est pas le Covid-19 : les experts rassurent
Malgré les craintes initiales, les spécialistes insistent sur le fait que le hantavirus ne présente pas les mêmes caractéristiques que le Covid-19. Luke O’Neill, professeur de biochimie au Trinity College de Dublin, a expliqué dans l’émission Europe Today d’Euronews : « Ce n’est pas du tout comme le Covid, c’est un virus différent, avec une évolution de la maladie différente ». Il a appelé à ne pas s’inquiéter, précisant que le virus identifié est la souche des Andes, déjà connue, et qu’aucune mutation n’a été détectée.
De son côté, Maria Van Kerkhove, épidémiologiste des maladies infectieuses à l’OMS, a tenu à rassurer : « Ce n’est pas le SARS-CoV-2. Ce n’est pas le début d’une pandémie de Covid ». Elle a précisé que le hantavirus se transmet par des « contacts étroits et intimes », contrairement aux coronavirus, qui se propagent plus facilement par voie aérienne.
Les prochaines étapes : enquêtes et compréhension du virus
L’ECDC va désormais concentrer ses investigations sur les conditions de contamination des passagers et sur une meilleure compréhension du virus. Gianfranco Spiteri a indiqué que « notre hypothèse actuelle est que le premier cas a probablement été infecté lors d’un voyage en Argentine dans les semaines précédant l’embarquement, et que ce passager a très vraisemblablement transmis le virus aux autres ». Les périodes d’incubation observées correspondent à ce scénario, a-t-il ajouté.
L’agence a confirmé qu’il n’y a aucune raison de suspecter l’émergence d’un nouveau virus ou d’une nouvelle souche. « Nous espérons en apprendre bien davantage sur cet événement et sur ces épidémies virales à l’avenir, ce qui nous aidera à mieux réagir et à prévenir les maladies », a-t-il conclu.
Cette épidémie rappelle une fois de plus que les risques sanitaires ne connaissent pas de frontières, et que la coopération entre États reste un pilier essentiel pour y faire face.
Non, selon les experts cités par Euronews FR, le hantavirus ne se transmet pas par voie aérienne comme le Covid-19. Il se propage principalement par contacts étroits et intimes avec des rongeurs infectés ou des personnes contaminées, ce qui limite considérablement les risques de contamination en milieu ouvert.
L’OMS recommande une période de surveillance stricte de 42 jours, à compter du 10 mai 2026. Cette durée correspond à la période d’incubation maximale connue pour le hantavirus. Chaque pays peut adapter cette recommandation en fonction de ses propres protocoles nationaux.