La décision de reporter de 14 à 18 ans l'âge donnant droit à la majoration des allocations familiales a suscité une vive réaction de l'Union nationale des associations familiales (Unaf). Selon nos confrères de BFM Business, l'Unaf a déposé un recours en annulation devant le Conseil d'État contre ce décret. Cette mesure, entrée en vigueur le 1er mars, est perçue par l'Unaf comme une "quasi suppression" de cette aide, engendrant "de lourdes pertes pour les familles". En effet, le décret ne prend pas en compte les coûts supplémentaires engendrés par les adolescents pour leurs parents, dénonce l'Unaf dans un communiqué.
Ce qu'il faut retenir
- L'Unaf conteste le report de l'âge de la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans.
- La mesure, entrée en vigueur le 1er mars, est critiquée pour ses conséquences financières lourdes pour de nombreuses familles.
- L'Unaf estime que cette décision va exclure un nombre significatif de bénéficiaires de la majoration des allocations familiales.
Contexte et enjeux de la mesure
En plus de réduire la période pendant laquelle les familles peuvent bénéficier de la majoration des allocations (passant de 18 à 20 ans), le mode de calcul de cette dernière exclurait un grand nombre de bénéficiaires, affirme l'Unaf. Les écarts d'âge moyens entre frères et sœurs, souvent de plusieurs années, rendraient les cas éligibles de plus en plus rares, selon l'organisation. Un exemple concret souligne cette situation: une famille de quatre enfants voit les deux cadets perdre tout droit à la majoration, représentant une perte de 10 800 euros.
Réactions et conséquences
Le gouvernement justifie ce décalage en avançant des économies conséquentes, estimées à 210 millions d'euros dès 2026 et 1,2 milliard par an d'ici quatre ans. Ces économies sont destinées à financer le nouveau congé de naissance prévu pour le 1er juillet, venant s'ajouter aux congés maternité et paternité. En réaction, l'Unaf dénonce le poids financier considérable imposé aux familles, évalué à 1,28 milliard d'euros, le coût de la prestation passant de 1,6 milliard à 300 millions. Qualifiant le décret d'"disproportionné et injuste", l'Unaf demande au Conseil d'État de l'annuler.
La mesure controversée de décalage de la majoration d'âge des allocations familiales soulève des préoccupations majeures quant à son impact sur de nombreuses familles en France. L'équilibre entre économies budgétaires et soutien aux familles semble être au cœur du débat, avec des positions divergentes entre le gouvernement et l'Unaf.
