Un marin-pêcheur d’Erquy, dans les Côtes-d’Armor, a comparu le 16 juin 2026 devant la cour d’appel de Rennes pour tenter de récupérer son véhicule de luxe, un Porsche Cayenne, confisqué par la justice. Condamné à trois ans et demi de prison ferme en mai 2026 par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, il conteste désormais la saisie de son SUV, selon Le Figaro.
Ce qu’il faut retenir
- Le prévenu, un marin-pêcheur de 30 ans, a été condamné à trois ans et demi de prison ferme et 6 000 euros d’amende pour trafic de cocaïne.
- Son Porsche Cayenne, acquis fin 2025 pour 14 800 euros, a été saisi par la justice en mars 2026 lors d’une enquête révélant un trafic de drogue.
- L’enquête a permis de saisir 1 710 euros en liquide, une balance de précision, un testeur de pureté de cocaïne et plusieurs armes.
- L’avocat du prévenu plaide pour la restitution du véhicule, arguant que son acquisition était légale et proportionnée à ses revenus.
- L’avocat général a demandé la confirmation de la confiscation, suggérant même d’affecter le Porsche au ministère de la Justice.
- La cour d’appel de Rennes rendra sa décision d’ici trois semaines.
Un trafic de cocaïne dissimulé derrière la pêche aux coquilles Saint-Jacques
Le prévenu, un marin de 30 ans originaire d’Erquy, dans les Côtes-d’Armor, a été interpellé dans le cadre d’un trafic de cocaïne qui durait depuis plusieurs mois. Selon les éléments de l’enquête, relayés par Le Figaro, ses clients lui passaient commande en utilisant des expressions codées, comme « ramener des kilos de coquilles », pour désigner la cocaïne. Une fois de retour au port, il remettait la drogue à ses acheteurs avant de repartir, le tout en seulement quelques minutes.
L’enquête a révélé que plusieurs de ses clients réguliers, identifiés grâce à un informateur ayant alerté les gendarmes de Saint-Brieuc en octobre 2025, reconnaissaient s’approvisionner auprès de lui à 60 euros le gramme, payés en espèces ou par virement. La majorité d’entre eux étaient déjà connus des services de police.
Des preuves accablantes : géolocalisation, relevés bancaires et saisies
L’ampleur du trafic a été confirmée grâce à plusieurs éléments : la géolocalisation de son véhicule, l’analyse de sa ligne téléphonique, l’étude des relevés bancaires ainsi que la pose d’un dispositif d’écoute à son domicile. Ces investigations ont permis de constater des allées et venues régulières de clients chez lui et des virements s’élevant à 38 000 euros en provenance de personnes déjà fichées par la justice.
Lors des interpellations menées en mars 2026, les enquêteurs ont saisi, entre autres, 1 710 euros en liquide, une balance de précision, un testeur de pureté de cocaïne, plusieurs armes et même une partie de l’argent liquide dans le Porsche Cayenne du prévenu. Ces éléments ont conduit à sa condamnation en première instance.
Un procès en appel pour contester la saisie du véhicule
Lors de l’audience du 16 juin 2026 devant la cour d’appel de Rennes, l’avocat du marin-pêcheur, Me Thierry Fillion, a plaidé pour la restitution du Porsche Cayenne. Selon lui, le véhicule avait été acquis de manière parfaitement légale à la fin de l’année 2026 pour un montant de 14 800 euros, financé en partie par un prêt familial. Il a souligné que la valeur du SUV restait proportionnée aux revenus de son client, qui touchait en moyenne 5 000 euros par mois.
L’avocat général, en revanche, a demandé la confirmation de la confiscation du véhicule. Il a rappelé que celle-ci pouvait être prononcée même en l’absence de lien direct avec le trafic de drogue. Lors de ses réquisitions, il a même lancé avec une pointe d’ironie : « Pourquoi pas affecter ce Porsche au ministère de la Justice, sur un territoire comme Cayenne ? » La cour d’appel a mis sa décision en délibéré et devrait rendre son verdict d’ici trois semaines.
Une condamnation ferme en première instance
Le 4 mai 2026, le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc avait déjà condamné le prévenu à trois ans et demi de prison ferme, assortis d’une amende de 6 000 euros et d’une interdiction de port d’arme pour une durée de trois ans. Le marin-pêcheur avait tenté de justifier ses revenus en évoquant son salaire mensuel, tout en reconnaissant les faits qui lui étaient reprochés.
Le procureur avait requis une peine exemplaire, soulignant l’organisation méthodique du trafic et les sommes importantes en jeu. La saisie du Porsche Cayenne avait également été confirmée en première instance, une mesure qui est aujourd’hui contestée en appel.
Cette affaire rappelle l’importance des contrôles douaniers et policiers dans les milieux maritimes, souvent utilisés comme couverture pour des activités illicites. Elle pose également la question de la confiscation des biens acquis légalement mais liés, même indirectement, à des activités criminelles.
La confiscation d’un bien peut être prononcée même s’il n’a pas été directement utilisé pour commettre l’infraction, dès lors qu’il existe un lien indirect avec l’activité délictueuse. Dans ce cas, le véhicule a servi à dissimuler une partie des revenus issus du trafic de drogue, ce qui justifie sa saisie, selon l’avocat général.
Le prévenu, déjà condamné à trois ans et demi de prison ferme, attend désormais la décision de la cour d’appel de Rennes sur la restitution de son véhicule. Quel que soit le verdict, il pourrait encore se pourvoir en cassation. Par ailleurs, il devra purger sa peine de prison une fois les recours épuisés.