À moins d’une semaine de l’échéance fixée au 1er juillet 2026, de nombreuses sociétés actives dans les cryptomonnaies en Europe n’ont toujours pas obtenu l’agrément obligatoire au titre du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), comme le rapporte BFM Business dans son édition du 22 juin 2026 de l’émission BFM Crypto, le Club.

Lors de ce numéro, les journalistes Pauline Armandet (BFM Business), Maxime Heuze (La Tribune) et Alexandre Laizet (CEO de Capital B) ont analysé, sous la direction de Sandra Gandoin, plusieurs enjeux majeurs pour le secteur. Parmi eux, la menace de retrait de Binance en Europe faute d’agrément, la chute du Bitcoin sous les 65 000 dollars, ou encore l’explosion des volumes de stablecoins au Nigeria. L’émission, diffusée du lundi au jeudi sur BFM Business, est également disponible en podcast.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 30 juin 2026 marque la fin de la période transitoire pour l’obtention de l’agrément MiCA en Europe, une échéance critique pour les acteurs du secteur.
  • Des centaines de sociétés opérant dans les cryptomonnaies en Europe n’ont toujours pas reçu leur agrément MiCA, selon les intervenants de l’émission.
  • La plateforme Binance est directement menacée de retrait du marché européen si elle ne obtient pas son agrément d’ici le 1er juillet.
  • Le prix du Bitcoin est descendu sous la barre des 65 000 dollars, une baisse qui interroge sur l’évolution du marché cet été.
  • Les entrées de stablecoins au Nigeria ont connu une forte augmentation, reflétant une adoption croissante de ces actifs dans le pays.
  • Un fonds de pension japonais envisage d’investir dans le Bitcoin, signe d’un intérêt institutionnel persistant pour les cryptomonnaies malgré la volatilité.

MiCA : un compte à rebours critique pour les acteurs crypto en Europe

Avec moins d’une semaine avant la date butoir du 1er juillet 2026, le secteur des cryptomonnaies en Europe reste sous tension. Le règlement MiCA, entré en vigueur progressivement depuis 2024, impose désormais aux acteurs du marché d’obtenir un agrément pour continuer leurs activités. Pourtant, selon les intervenants de l’émission, de nombreuses sociétés n’ont toujours pas finalisé leur demande, risquant ainsi une exclusion du marché européen.

Parmi les entreprises concernées, Binance figure en première ligne. La plateforme, l’une des plus grandes au monde, pourrait être contrainte de suspendre ses services en Europe si elle ne reçoit pas son agrément à temps. Cette situation met en lumière les défis logistiques et réglementaires auxquels font face les acteurs du secteur, alors que l’échéance approche à grands pas.

Bitcoin sous les 65 000 dollars : un marché en quête de stabilité

Le marché des cryptomonnaies traverse une période de turbulence. Depuis plusieurs jours, le Bitcoin, principale monnaie virtuelle, a perdu du terrain, passant sous la barre symbolique des 65 000 dollars. Une baisse qui s’inscrit dans un contexte de volatilité persistante, alimentée par des incertitudes macroéconomiques et des tensions géopolitiques.

Les intervenants de l’émission ont évoqué plusieurs scénarios pour les prochaines semaines : un rebond technique pourrait se produire, porté par des facteurs comme l’arrivée de nouveaux investisseurs institutionnels, ou à l’inverse, une nouvelle chute pourrait s’amplifier. Le fonds de pension japonais mentionné lors de l’émission illustre cette tendance : malgré la volatilité, certains acteurs institutionnels continuent d’envisager le Bitcoin comme un actif stratégique à long terme.

Les stablecoins en Afrique : une adoption en pleine expansion

L’émission a également mis en avant une tendance forte en Afrique, où l’utilisation des stablecoins a connu une explosion récente. Au Nigeria, en particulier, les volumes d’échanges ont atteint des niveaux records, reflétant une adoption croissante de ces actifs, souvent perçus comme moins volatils que les cryptomonnaies classiques.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de recherche d’alternatives financières pour les populations africaines, confrontées à des instabilités monétaires locales. Les stablecoins, adossés à des devises comme le dollar américain, offrent une stabilité recherchée, tout en permettant des transferts de fonds à moindre coût.

Fiscalité et sécurité : des défis persistants pour les investisseurs

Outre les enjeux réglementaires et marketings, l’émission a abordé la question de la fiscalité des cryptomonnaies. Avec la fin de la période déclarative en juin, les investisseurs doivent désormais se conformer à des règles de plus en plus strictes. Les experts présents ont rappelé l’importance de déclarer correctement ses avoirs pour éviter des sanctions, alors que les autorités fiscales renforcent leurs contrôles.

La sécurité des actifs numériques reste également un sujet central. Les intervenants ont insisté sur les bonnes pratiques à adopter, notamment l’utilisation de portefeuilles matériels (hardware wallets) pour limiter les risques de piratage ou de perte. Une recommandation d’autant plus pertinente que les cyberattaques contre les plateformes crypto se multiplient.

Et maintenant ?

D’ici le 1er juillet 2026, les acteurs crypto en Europe devront avoir obtenu leur agrément MiCA pour continuer leurs activités. Une échéance qui pourrait entraîner des restructurations ou des retraits massifs, notamment pour les plateformes ne répondant pas aux critères. Par ailleurs, l’évolution du Bitcoin et des stablecoins dans les semaines à venir pourrait donner des indications sur la santé du marché. Les investisseurs, quant à eux, devront rester vigilants face aux évolutions réglementaires et aux risques cyber.

Pour les auditeurs souhaitant approfondir ces sujets, l’émission BFM Crypto, le Club est diffusée du lundi au jeudi sur BFM Business et disponible en replay et en podcast sur les plateformes habituelles.

Le MiCA (Markets in Crypto-Assets) est un règlement européen entré en vigueur progressivement depuis 2024. Il impose aux acteurs du secteur des cryptomonnaies de s’enregistrer et d’obtenir un agrément pour opérer légalement dans l’Union européenne. L’objectif est de renforcer la protection des investisseurs et de lutter contre les risques de blanchiment d’argent. Son application complète est prévue pour le 1er juillet 2026, date à laquelle toutes les sociétés devront être conformes sous peine de retrait du marché.

Plusieurs facteurs expliquent cette baisse. D’abord, le contexte macroéconomique, marqué par des tensions géopolitiques et des incertitudes sur les taux d’intérêt, a pesé sur les actifs risqués comme les cryptomonnaies. Ensuite, des prises de bénéfices après une période de hausse ont pu amplifier la correction. Enfin, des craintes de régulation accrue ou de restrictions dans certains pays ont également joué un rôle. Les intervenants de l’émission soulignent que cette volatilité est structurelle dans le marché crypto.