Le gouverneur local du Svalbard a annoncé jeudi 13 décès de rennes, onze femelles et deux mâles, dans deux vallées de l’archipel arctique norvégien. Un phénomène « très inhabituel » pour la saison estivale, selon les services du gouverneur, qui soulignent l’absence de cause connue à ce stade.

Ce qu'il faut retenir

  • 13 rennes morts (11 femelles et 2 mâles) recensés dans deux vallées du Svalbard, un archipel situé à environ 1 000 km du pôle Nord.
  • Les autorités qualifient cette mortalité d’« inhabituelle » en été, car elle touche principalement des individus en âge de se reproduire et des mâles adultes, généralement plus résistants.
  • Aucune hypothèse précise n’a encore été avancée pour expliquer ces décès, selon l’Institut norvégien de recherche sur la nature (NINA).
  • Les spécialistes vétérinaires privilégient l’hypothèse d’une maladie, bien que celle-ci semble peu probable compte tenu du profil des animaux touchés.
  • Le Svalbard compte une population d’environ 22 000 rennes, soit sept fois plus que d’humains sur le territoire.

Un phénomène « très inhabituel » en pleine saison estivale

Les autorités norvégiennes ont fait état d’une mortalité « très inhabituelle » pour la saison, selon les informations rapportées par Le Figaro. Jusqu’à présent, 13 cadavres de rennes ont été recensés lors des comptages annuels réalisés dans deux vallées de l’archipel du Svalbard, situé dans l’Arctique à environ 1 000 kilomètres du pôle Nord.

Parmi ces animaux, on dénombre onze femelles et deux mâles. Or, comme l’ont souligné les services du gouverneur local, « il est très inhabituel que des femelles en âge de se reproduire et des mâles adultes meurent pendant l’été ». Cette particularité a poussé les autorités à suivre de près l’évolution de la situation.

Des décès qui surviennent en pleine période de vigueur pour les rennes

D’ordinaire, les rennes du Svalbard meurent surtout en hiver, où les individus les plus jeunes et les plus âgés sont les plus vulnérables. Pourtant, les animaux retrouvés morts cet été se trouvent dans « la période la plus vigoureuse et la plus productive de leur vie », a précisé Vebjørn Veiberg, chercheur à l’Institut norvégien de recherche sur la nature (NINA).

Ce dernier a ajouté que « les spécialistes vétérinaires recherchent naturellement une explication liée à une maladie ». Toutefois, il a nuancé : « Il paraît peu probable qu’une maladie touche principalement les animaux les plus robustes. » Les experts semblent donc face à une énigme sanitaire sans précédent dans cette région.

Aucune piste claire pour l’heure, mais une surveillance accrue

Interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), le NINA a confirmé ne disposer « d’aucune indication claire ni aucune hypothèse précise » pour expliquer cette mortalité estivale. Les autorités ont donc appelé la population à signaler la découverte éventuelle de nouveaux cadavres, afin d’élargir le champ des investigations.

Le Svalbard, territoire norvégien de l’Arctique, abrite une population d’environ 22 000 rennes — des animaux nettement plus petits que leurs congénères continentaux. Pour rappel, cette île, grande comme deux fois la Belgique, compte environ 3 000 habitants, soit une proportion de rennes sept fois supérieure à celle des humains.

Un contexte environnemental à prendre en compte

Cette mortalité survient dans un contexte de réchauffement climatique marqué dans l’Arctique. Si les ours polaires du Svalbard semblent, contre toute attente, mieux résister que prévu à ce phénomène, les écosystèmes locaux restent fragilisés. Les rennes, espèces clés de ces milieux, pourraient être particulièrement sensibles aux bouleversements environnementaux.

Cependant, les scientifiques se refusent pour l’instant à établir un lien direct entre le réchauffement climatique et ces décès. Les recherches se concentrent avant tout sur des causes sanitaires ou des facteurs environnementaux locaux, tels que la qualité des pâturages ou la présence de polluants.

Et maintenant ?

Les autorités norvégiennes ont indiqué qu’elles allaient renforcer la surveillance des populations de rennes sur le Svalbard. Des analyses supplémentaires, notamment des autopsies des animaux morts, devraient être réalisées dans les prochaines semaines. Les résultats pourraient permettre d’affiner les hypothèses, même si aucune date précise n’a encore été avancée pour leur publication.

En attendant, les chercheurs et les responsables locaux appellent à la prudence. Ils invitent les habitants et les visiteurs de l’archipel à signaler toute observation suspecte, afin d’éviter une propagation éventuelle ou l’émergence d’un nouveau foyer de mortalité.

Le Svalbard, un écosystème sous surveillance

Le Svalbard est un territoire norvégien situé dans l’océan Arctique, à mi-chemin entre la Norvège continentale et le pôle Nord. Sa position géographique en fait un laboratoire à ciel ouvert pour l’étude des effets du changement climatique. Les rennes, espèce emblématique de ces terres, y jouent un rôle écologique majeur.

Les scientifiques du NINA soulignent que toute perturbation de leur population pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de l’écosystème arctique. C’est pourquoi ils insistent sur l’importance d’une réponse rapide et coordonnée pour élucider les causes de cette mortalité.

Pour l’instant, aucune mesure sanitaire exceptionnelle n’a été décidée. Les autorités misent sur la collaboration entre les habitants, les touristes et les scientifiques pour recueillir un maximum de données.

Les rennes du Svalbard meurent généralement en hiver, où les conditions climatiques sont les plus rudes. Les décès estivaux touchent des animaux en pleine santé, en âge de se reproduire ou adultes, ce qui est exceptionnel selon les autorités locales.

Les autorités norvégiennes prévoient de réaliser des autopsies sur les rennes morts et de renforcer la surveillance des populations. Les résultats devraient permettre d’affiner les hypothèses, mais aucune date précise n’a été annoncée pour l’instant.