Kathmandou a délivré 492 permis pour gravir l’Everest au printemps 2026, un chiffre inédit qui préoccupe les autorités locales et les spécialistes de la montagne. Selon Le Monde, ce record d’autorisations suscite des inquiétudes quant à la gestion des flux d’alpinistes et aux risques encourus sur les voies d’accès au « Toit du monde ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le Népal a émis 492 permis d’ascension pour l’Everest au printemps 2026, un record absolu.
  • Ce nombre élevé alimente les craintes d’embouteillages sur les routes menant au sommet.
  • Les professionnels du secteur alertent sur les risques accrus pour la sécurité des alpinistes.
  • La saison printanière 2026 pourrait voir une affluence record, dépassant les années précédentes.

Cette année, le gouvernement népalais a donc franchi un cap historique en matière d’autorisations, confirmant une tendance à la hausse depuis plusieurs années. Pourtant, cette décision ne fait pas l’unanimité. « L’ouverture de 492 permis est un chiffre préoccupant », a déclaré Ang Tshering Sherpa, ancien président de l’Association népalaise d’alpinisme, auprès du Monde. « Les goulots d’étranglement sur la voie normale, notamment entre le camp 3 et le sommet, pourraient s’aggraver. » Pour les observateurs, la saison 2026 risque de reproduire les scènes de 2019, où des files d’attente interminables avaient été filmées près du sommet.

Le nombre record de permis s’explique en partie par la reprise post-pandémie et la volonté des autorités de relancer l’économie locale. Chaque permis coûte entre 10 000 et 15 000 dollars, une manne financière non négligeable pour le Népal. Pourtant, les retombées économiques ne compensent pas toujours les risques encourus. « Plus il y a de monde, plus les risques de chutes de pierres, d’épuisement ou de conflits augmentent », a souligné Mingma Gelu Sherpa, guide expérimenté ayant atteint le sommet à six reprises.

Côté logistique, les autorités népalaises assurent que les mesures de sécurité seront renforcées. Un responsable du département du tourisme de Kathmandou a indiqué que des équipes supplémentaires seraient déployées pour encadrer les groupes. « Nous avons augmenté le nombre de sherpas et de guides certifiés pour chaque expédition », a-t-il précisé. Malgré ces annonces, les experts restent sceptiques. « Le vrai problème n’est pas le nombre de permis, mais la capacité d’accueil des camps de base et des voies d’accès », a rappelé Pasang Lhamu Sherpa, alpiniste népalaise et militante pour les droits des femmes dans la montagne.

Et maintenant ?

La saison printanière 2026 débutera officiellement le 14 avril, avec une première fenêtre météo favorable. Les autorités népalaises devraient publier un bilan quotidien des ascensions, comme cela est d’usage depuis plusieurs années. Les associations locales, elles, appellent déjà à une réforme des règles d’attribution des permis, suggérant notamment un plafond annuel ou une sélection plus stricte des candidats. Reste à voir si ces mesures seront mises en place à temps pour éviter une nouvelle crise de sécurité.

En 2025, le Népal avait délivré 478 permis, un précédent record qui avait déjà suscité des débats. La Chine, de son côté, limite à 300 le nombre de permis pour son versant tibétain de l’Everest, une politique qui contraste avec l’approche népalaise. Pour les alpinistes, la question n’est plus seulement de savoir s’ils pourront gravir le sommet, mais s’ils le feront en toute sécurité.

La délivrance de permis rapporte des revenus importants au Népal, chaque autorisation coûtant entre 10 000 et 15 000 dollars. Après la pandémie, le pays cherche à relancer son économie, notamment via le tourisme de montagne, qui représente une part significative de ses recettes.