Ouest France révèle aujourd’hui la composition du Next40, le classement annuel des quarante start-ups françaises les plus prometteuses. Selon le quotidien, cette promotion 2026 marque une nouvelle étape pour la French Tech, alors que les pouvoirs publics multiplient les dispositifs pour soutenir l’écosystème. Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, revient dans un entretien accordé à Ouest France sur les ambitions de ce programme et les défis persistants pour transformer la France en terre de « super champions » technologiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Next40 2026 sera dévoilé officiellement ce lundi 15 juin, selon une annonce de la Mission French Tech rattachée au ministère de l’Économie.
  • Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, souligne que la France conserve un potentiel pour émerger de nouveaux leaders mondiaux, malgré un contexte économique difficile.
  • La promotion 2026 du Next40 intègre des entreprises issues de secteurs variés, allant de la santé à la deep tech en passant par les énergies vertes.
  • Les start-ups sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement renforcé et d’une visibilité accrue auprès des investisseurs internationaux.
  • Les critères de sélection incluent le potentiel de croissance, l’innovation et la capacité à s’internationaliser rapidement.

Un écosystème en quête de champions scalables

La publication du Next40 intervient dans un contexte où les start-ups françaises peinent à atteindre une taille critique face à la concurrence américaine ou chinoise. « La France a les talents et les idées, mais nous devons accélérer la création de géants capables de rivaliser à l’échelle mondiale », a déclaré Julie Huguet. Selon elle, les entreprises du Next40 sont sélectionnées pour leur capacité à croître rapidement et à attirer des investissements massifs. Autant dire que l’enjeu n’est pas seulement économique, mais aussi stratégique pour l’indépendance technologique de l’Europe.

Parmi les critères retenus pour intégrer le classement, on retrouve la croissance du chiffre d’affaires, l’innovation disruptive et la maturité de l’équipe dirigeante. Les entreprises retenues bénéficieront d’un accompagnement personnalisé, incluant un accès privilégié à des réseaux d’investisseurs et à des programmes d’accélération internationaux. La Mission French Tech mise sur une sélection exigeante pour garantir que chaque membre du Next40 ait un potentiel réel de développement à l’export.

Des secteurs clés pour l’avenir de la French Tech

Selon les informations dévoilées par Ouest France, la promotion 2026 du Next40 reflète les priorités stratégiques de la France en matière d’innovation. Les entreprises sélectionnées opèrent dans des domaines aussi variés que l’intelligence artificielle, la biotech, les énergies renouvelables et la fintech. « Nous avons vu émerger des pépites dans des niches où la France peut devenir leader, comme la santé numérique ou les solutions pour la transition énergétique », a précisé Julie Huguet. Ce positionnement sectoriel illustre la volonté des pouvoirs publics de diversifier l’économie française et de réduire sa dépendance aux grands groupes traditionnels.

Un autre aspect mis en avant est l’internationalisation des start-ups françaises. Les entreprises du Next40 devront démontrer une stratégie claire pour conquérir des marchés étrangers, notamment en Europe et en Amérique du Nord. « L’objectif n’est pas seulement de créer des licornes, mais des entreprises capables de durer et de s’imposer comme des références dans leur domaine », a-t-elle ajouté. La French Tech mise ainsi sur une croissance qualitative, plutôt que sur une accumulation rapide de valorisations.

Des défis persistants malgré les dispositifs de soutien

Malgré les multiples dispositifs mis en place – comme le French Tech 120 ou les aides à l’innovation – les start-ups françaises restent confrontées à des obstacles structurels. Julie Huguet a reconnu que l’accès au financement reste un frein majeur pour de nombreuses entreprises, en particulier après les phases d’amorçage. « Nous travaillons avec les banques et les fonds d’investissement pour fluidifier les circuits de financement, mais le défi est de taille », a-t-elle expliqué. Les difficultés administratives et fiscales sont également pointées du doigt, bien que des simplifications aient été engagées ces dernières années.

Un autre enjeu concerne la rétention des talents. Avec des salaires souvent moins attractifs que ceux proposés par les géants américains, les start-ups françaises peinent à recruter les profils les plus qualifiés. « Nous devons rendre nos écosystèmes plus attractifs, notamment en améliorant les conditions de travail et en renforçant l’image de la France comme terre d’innovation », a souligné la directrice de la Mission French Tech. Pour y parvenir, des mesures incitatives, comme des réductions de charges sociales pour les chercheurs, pourraient être envisagées.

Et maintenant ?

La publication du Next40 2026 devrait donner un nouvel élan à l’écosystème des start-ups françaises. Les entreprises sélectionnées auront jusqu’à la fin de l’année pour finaliser leurs levées de fonds et préparer leur expansion internationale. Un prochain rendez-vous clé sera la présentation des lauréats du concours i-Lab, prévu pour l’automne, qui récompensera les projets les plus innovants du pays. D’ici là, la Mission French Tech compte intensifier ses efforts pour attirer davantage d’investisseurs étrangers et renforcer les liens entre les start-ups et les grands groupes industriels français.

Reste à voir si ces mesures suffiront à combler l’écart avec les écosystèmes américains et chinois. Pour Julie Huguet, la clé réside dans la capacité de la France à créer un environnement où les start-ups peuvent grandir sans contraintes excessives. « Notre objectif n’est pas de copier les modèles étrangers, mais de construire un écosystème unique, adapté aux spécificités de notre économie », a-t-elle conclu.

Les entreprises sélectionnées pour le Next40 doivent démontrer un potentiel de croissance exceptionnel, une innovation disruptive, une équipe dirigeante expérimentée et une stratégie claire pour s’internationaliser. Les critères incluent également la maturité du projet, l’impact sur l’emploi et la capacité à lever des fonds significatifs.