La justice nigériane a rendu son verdict le 13 mai 2026 : l’ancien ministre de l’Énergie du Nigeria, Saleh Mamman, a été condamné à 75 ans de prison pour détournement et blanchiment d’argent. Selon RFI, les fonds concernés, s’élevant à plus de 21 millions d’euros, étaient initialement destinés à des projets hydroélectriques dans le pays. Cette condamnation marque l’une des peines les plus lourdes jamais prononcées dans une affaire de corruption impliquant un haut responsable nigérian.
Ce qu'il faut retenir
- Condamnation de Saleh Mamman, ex-ministre nigérian de l’Énergie, à 75 ans de prison pour détournement et blanchiment d’argent.
- Les fonds détournés s’élèvent à plus de 21 millions d’euros, initialement alloués à des projets hydroélectriques.
- Le verdict a été rendu le 13 mai 2026 par la justice nigériane.
Une affaire de corruption aux enjeux économiques majeurs
L’affaire remonte à plusieurs années, lorsque des fonds publics, estimés à 21,2 millions d’euros, avaient été détournés entre 2019 et 2022. Selon RFI, ces sommes devaient financer la construction de barrages hydroélectriques, un secteur stratégique pour le développement énergétique du Nigeria. Bref, l’enquête a révélé que Mamman, en collaboration avec d’autres responsables, avait orchestré un système de fraude sophistiqué pour détourner ces ressources. Le tribunal d’Abuja a finalement tranché en condamnant l’ancien ministre à une peine exceptionnellement lourde, reflétant l’ampleur des préjudices causés à l’État.
Un contexte judiciaire nigérian marqué par la lutte contre la corruption
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte plus large où le Nigeria tente de renforcer sa lutte contre la corruption, un fléau qui asphyxie son économie depuis des décennies. En 2023, le pays avait déjà adopté une loi anti-corruption plus stricte, permettant aux autorités judiciaires de sévir plus fermement contre les détournements de fonds publics. Selon RFI, cette affaire pourrait servir d’exemple pour dissuader d’autres responsables politiques tentés par des pratiques similaires. Pourtant, malgré ces avancées, les observateurs soulignent que les réseaux de corruption restent profondément ancrés dans certaines institutions.
Les réactions et les suites de l’affaire
Immédiatement après le verdict, le procureur général du Nigeria a salué une décision « historique », estimant qu’elle envoie un message fort aux élites du pays. « Cette condamnation montre que nul n’est au-dessus des lois, même les anciens ministres », a-t-il déclaré. De son côté, la défense de Saleh Mamman a annoncé son intention de faire appel, arguant que la procédure judiciaire comportait des vices de forme. Selon RFI, l’ancien ministre pourrait donc rester en liberté conditionnelle pendant plusieurs mois, le temps que la Cour d’appel examine son dossier.
Cette condamnation survient alors que le Nigeria fait face à une crise énergétique persistante, avec des coupures d’électricité fréquentes et un taux d’accès à l’électricité parmi les plus bas d’Afrique subsaharienne. Bref, le détournement de ces fonds aurait pu contribuer à améliorer l’infrastructure énergétique du pays, mais il aura finalement servi à enrichir des individus au détriment de la population.
La peine de 75 ans de prison infligée à Saleh Mamman s’explique par l’ampleur des fonds détournés (plus de 21 millions d’euros) et par la gravité des faits, qui concernent des projets hydroélectriques stratégiques pour le Nigeria. Selon RFI, le tribunal a considéré que ces détournements avaient causé un préjudice majeur à l’État, justifiant une peine exceptionnelle.