L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié jeudi 28 mai 2026 ses premières recommandations concernant les vaccins et traitements expérimentaux contre la souche Ebola Bundibugyo, selon RFI. Aucun vaccin ni traitement n’est actuellement homologué contre cette souche rare du virus, mais plusieurs candidats ont été jugés suffisamment prometteurs pour être évalués dans le cadre d’essais cliniques. Ces recommandations interviennent alors qu’une épidémie de cette souche touche simultanément la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda.

Ce qu'il faut retenir

  • L’OMS a publié le 28 mai 2026 ses premières recommandations sur les vaccins et traitements expérimentaux contre Ebola Bundibugyo.
  • Aucun vaccin ni traitement n’est encore homologué contre cette souche du virus.
  • Plusieurs candidats-vaccins et traitements font l’objet d’essais cliniques en raison de leur potentiel prometteur.
  • L’épidémie actuelle de cette souche touche la RDC et l’Ouganda.
  • Les recommandations de l’OMS sont très attendues par la communauté médicale et les autorités sanitaires.

Une souche rare et peu documentée

Le virus Ebola Bundibugyo, identifié pour la première fois en 2007 en Ouganda, est l’une des six souches connues du virus Ebola. Moins répandue que les souches Zaire ou Soudan, elle reste peu documentée et aucun traitement ni vaccin n’a encore obtenu d’homologation à ce jour, d’après les données de l’OMS. Les essais cliniques menés jusqu’à présent sur des candidats-vaccins et antiviraux n’ont pas encore abouti à des résultats définitifs, mais certains montrent des signes encourageants, explique l’organisation.

Cette souche, bien que moins mortelle que la souche Zaire (responsable des épidémies les plus meurtrières en Afrique centrale), reste un risque sanitaire majeur en raison de sa capacité à se propager rapidement dans les zones où les systèmes de santé sont fragiles. En RDC et en Ouganda, les autorités sanitaires locales et l’OMS multiplient les efforts pour contenir la propagation, alors que les moyens de lutte spécifiques manquent encore.

Des recommandations attendues par les autorités sanitaires

Les recommandations publiées par l’OMS le 28 mai 2026 visent à encadrer l’utilisation des vaccins et traitements expérimentaux disponibles. Elles s’adressent en priorité aux pays touchés par l’épidémie, mais aussi aux organisations internationales et aux ONG actives sur le terrain. Selon RFI, ces directives devraient permettre d’harmoniser les pratiques médicales et d’améliorer la réponse à l’épidémie en cours.

Parmi les mesures préconisées, l’OMS souligne l’importance de la surveillance épidémiologique renforcée et de la formation des soignants à la prise en charge des patients infectés. « Les essais cliniques en cours doivent être poursuivis avec rigueur, tout en garantissant la sécurité des participants », a déclaré le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. Elle a également rappelé que la collaboration entre les pays touchés et les partenaires internationaux reste « indispensable » pour endiguer l’épidémie.

Un contexte épidémique préoccupant

L’épidémie actuelle de Ebola Bundibugyo, qui a débuté en 2025 en RDC avant de s’étendre à l’Ouganda, a déjà causé plusieurs dizaines de cas confirmés et suspectés. Les autorités sanitaires des deux pays ont signalé des difficultés logistiques et des pénuries de personnel médical qualifié, aggravant la situation. Selon les derniers bilans officiels cités par RFI, plus de 80 cas ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie, avec un taux de létalité estimé à 40 %.

Face à cette situation, l’OMS a appelé à un renforcement des mesures de prévention, notamment le traçage des contacts et l’isolement rapide des cas suspects. « Chaque heure compte pour éviter une propagation incontrôlée », a insisté le Dr Moeti. Les recommandations publiées jeudi s’inscrivent dans cette logique de réponse urgente et coordonnée.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie des résultats des essais cliniques en cours et de la capacité des pays touchés à mettre en œuvre les mesures préconisées par l’OMS. Une réunion d’urgence des ministres de la Santé de la RDC et de l’Ouganda, prévue pour le 5 juin 2026, devrait permettre de faire un point sur la situation et d’adopter un plan d’action commun. Par ailleurs, l’OMS a indiqué qu’elle organiserait une conférence internationale en juillet 2026 pour évaluer l’efficacité des traitements expérimentaux et ajuster, si nécessaire, ses recommandations.

En attendant, les équipes médicales sur le terrain continuent de travailler dans des conditions difficiles, tandis que les populations locales restent sous haute surveillance. La communauté internationale, quant à elle, observe avec attention l’évolution de la situation, consciente que chaque jour sans solution définitive prolonge le risque d’une généralisation de l’épidémie.