Une heure précise, dictée par notre biologie, optimiserait le passage à la selle. Le Pr Jean-Marc Sabaté, gastro-entérologue et professeur à l’hôpital Avicenne de Bobigny, met en lumière ce créneau horaire souvent négligé, selon Top Santé.
En bousculant les idées reçues sur le transit intestinal, ce spécialiste explique que la fameuse « heure idéale » pour satisfaire un besoin naturel ne relève pas uniquement d’une question d’habitude ou de routine matinale. Pour lui, cette période optimale s’appuie sur des mécanismes biologiques précis, notamment le réflexe gastro-colique, qui joue un rôle clé dans l’efficacité de la digestion.
Ce qu'il faut retenir
- Le Pr Jean-Marc Sabaté, gastro-entérologue à l’hôpital Avicenne, identifie un créneau horaire biologique pour aller à la selle.
- Ce moment idéal est lié au réflexe gastro-colique, un mécanisme qui stimule le transit après un repas.
- Cette période optimale permet de réduire les risques de constipation et d’améliorer le confort digestif.
- Le spécialiste souligne l’importance de ne pas ignorer ce signal naturel pour éviter les troubles du transit.
Un mécanisme biologique méconnu : le réflexe gastro-colique
On sait que le corps humain fonctionne selon des rythmes circadiens, et le transit intestinal n’y fait pas exception. Le réflexe gastro-colique, selon le Pr Sabaté, est une réponse automatique du côlon à l’arrivée des aliments dans l’estomac. « Ce réflexe se déclenche généralement dans les 30 à 60 minutes suivant un repas », explique le gastro-entérologue. Autant dire que, pour profiter pleinement de ce mécanisme, il est conseillé de ne pas retarder l’appel de la nature trop longtemps après le déjeuner.
Ce phénomène explique pourquoi beaucoup de personnes ressentent l’envie d’aller à la selle après le repas du midi. Pourtant, les contraintes professionnelles ou personnelles poussent souvent à ignorer ce signal, ce qui peut, à terme, perturber le transit et favoriser la constipation. « En cédant à cette envie naturelle, on évite l’accumulation des selles dans le côlon et on limite les risques de ballonnements ou de transit paresseux », précise le spécialiste.
Pourquoi l’heure matinale n’est pas toujours la meilleure
Contrairement aux idées reçues qui associent systématiquement le passage à la selle au réveil, le Pr Sabaté rappelle que cette pratique peut parfois être contre-productive. En effet, après une nuit de jeûne, le côlon n’est pas encore stimulé par l’arrivée de nouveaux aliments. Le réflexe gastro-colique, lui, ne s’active qu’après un repas, ce qui explique pourquoi la période postprandiale est souvent plus propice à un transit efficace.
Pour les personnes souffrant de constipation chronique, cette révélation pourrait changer bien des habitudes. Plutôt que de forcer un passage à la selle au saut du lit, il pourrait être plus judicieux de patienter jusqu’après le déjeuner. « Ce n’est pas une question de volonté, mais de physiologie », insiste le gastro-entérologue. « Si vous avez l’habitude de vous lever tôt pour aller à la selle sans succès, essayez de reporter ce moment à après un repas », conseille-t-il.
Que faire en cas de transit ralenti ?
Le Pr Sabaté ne se contente pas d’identifier ce créneau horaire idéal. Il prodigue aussi des conseils pour améliorer son transit au quotidien. Parmi eux, une hydratation suffisante, une alimentation riche en fibres et une activité physique régulière figurent en tête de liste. « Le manque de mouvement et une alimentation déséquilibrée sont souvent les premiers responsables d’un transit paresseux », rappelle-t-il.
Côté timing, il suggère de privilégier un petit-déjeuner équilibré suivi d’un déjeuner consistant pour stimuler le réflexe gastro-colique. « Un repas trop léger ou un jeûne prolongé peut retarder l’activation de ce réflexe », explique-t-il. Enfin, il met en garde contre l’usage abusif de laxatifs, qui, s’ils soulagent ponctuellement, ne traitent pas la cause du problème et peuvent, à long terme, aggraver les troubles du transit.
Selon lui, une prise de conscience collective sur l’importance de ce réflexe biologique pourrait réduire significativement les cas de constipation en France, où près de 20 % de la population serait concernée.
Oui, en adoptant une alimentation régulière et en respectant des horaires de repas fixes, le corps peut s’habituer à déclencher ce réflexe de manière plus prévisible. Le Pr Sabaté recommande également de prendre le temps de manger sans précipitation pour favoriser une meilleure digestion.