L’Afrique du Sud fait face à une pénurie inédite de chiens renifleurs, utilisés par l’administration fiscale pour lutter contre la contrebande. Selon BFM Business, cette situation prive l’État de recettes douanières estimées à plus de 20 millions d’euros par an.
Dans une réponse écrite au Parlement, le ministre sud-africain des Finances, Enoch Godongwana, a précisé que le South African Revenue Service (SARS) peine à recruter suffisamment d’animaux spécialisés. « Chaque chien détecteur rapporte en moyenne 1,5 million d’euros par an », a-t-il souligné, tout en rappelant que le déficit actuel pourrait représenter un manque à gagner de 400 millions de rands (20 millions d’euros) annuel.
Ce qu'il faut retenir
- L’Afrique du Sud manque de chiens renifleurs pour lutter contre la contrebande, un déficit qui coûte 20 millions d’euros par an à l’État.
- Chaque animal permet de récupérer en moyenne 1,5 million d’euros de marchandises frauduleuses détectées.
- Le SARS compte actuellement 66 maîtres-chiens, dont neuf sans animal, et doit en recruter 14 supplémentaires pour atteindre sa capacité opérationnelle.
- Plus de 60 % des chiens évalués ne répondent pas aux exigences strictes en matière de motivation, d’endurance et de stabilité émotionnelle.
- Les saisies réalisées grâce à ces chiens ont atteint 562 millions d’euros sur les trois derniers exercices fiscaux, avec une hausse de 39 % en 2024-2025.
Un outil clé pour la lutte contre les trafics transfrontaliers
Les chiens renifleurs du SARS jouent un rôle central dans la détection des marchandises illicites transitant par les aéroports, ports maritimes et postes-frontières. Selon les chiffres communiqués par le ministre, ces animaux sont capables de repérer drogues, cigarettes de contrebande, alcool non déclaré, devises, médicaments illicites ou encore produits issus du trafic d’espèces sauvages.
Sur la période 2023-2026, les opérations menées avec leur appui ont permis de saisir pour 11,7 milliards de rands (562 millions d’euros) de produits frauduleux. Ces interventions ont également contribué à 16 poursuites pénales aboutissant à des condamnations, un bilan qui illustre l’efficacité de cette méthode dans un contexte de hausse du commerce illicite, notamment dans les secteurs du tabac et des stupéfiants.
Des exigences strictes et un marché sous tension
Le recrutement de chiens renifleurs s’avère complexe, non pas pour des raisons budgétaires, mais en raison de critères de sélection particulièrement exigeants. Comme l’a rappelé le ministre Godongwana, « plus de 60 % des chiens évalués ne satisfont pas aux tests ». Les animaux retenus doivent allier une forte motivation au jeu, une grande endurance, une stabilité émotionnelle et une capacité à se concentrer dans des environnements stressants, comme les aéroports ou les frontières.
Le marché des chiens détecteurs est également restreint. De nombreux éleveurs refusent ou ne parviennent pas à s’enregistrer sur la plateforme officielle de fournisseurs de l’État sud-africain, limitant les possibilités d’achat. Par ailleurs, plusieurs administrations publiques se disputent le même nombre réduit d’animaux disponibles, ce qui contribue à faire grimper les prix. Un nouvel appel d’offres doit être lancé dès le mois prochain pour élargir le panel de fournisseurs et répondre aux besoins futurs.
Un investissement rentable malgré un coût élevé
Bien qu’un chien de détection coûte environ 5,8 millions de rands (280 000 euros) sur l’ensemble de sa carrière opérationnelle – formation, soins vétérinaires, déploiement et frais liés aux maîtres-chiens inclus –, son retour sur investissement reste significatif. Avec une durée de service estimée à dix ans, chaque animal génère en moyenne près de 29,7 millions de rands (1,5 million d’euros) de recettes publiques annuelles.
Le ministre a toutefois nuancé cette estimation, précisant que « cette projection reste soumise aux conditions opérationnelles, à l’évolution des risques et aux taux de réussite des détections ». En 2024-2025, les saisies réalisées grâce à ces chiens ont atteint 5 milliards de rands (240 millions d’euros), marquant une progression de 39 % par rapport à l’exercice précédent.
Pour rappel, le coût élevé d’un chien détecteur ne doit pas occulter son rôle stratégique dans la lutte contre les trafics, un enjeu qui prend de l’ampleur avec l’augmentation du commerce illicite en Afrique du Sud.
Chaque chien détecteur permet de récupérer en moyenne 1,5 million d’euros de marchandises frauduleuses par an. Avec un déficit de 14 animaux, l’État sud-africain perd potentiellement 20 millions d’euros de recettes douanières annuelles, selon les estimations du ministre des Finances, Enoch Godongwana.
Les chiens doivent présenter une forte motivation au jeu, une grande endurance, une stabilité émotionnelle et une capacité à se concentrer dans des environnements stressants. Plus de 60 % des animaux évalués échouent à ces tests, limitant les possibilités de recrutement.