Alors que plus de 700 000 candidats s’apprêtent à passer les épreuves du baccalauréat à partir de ce lundi 15 juin 2026, l’épreuve de philosophie reste un moment clé pour des milliers de lycéens. Pourtant, cette discipline suscite souvent des interrogations sur son utilité concrète une fois le diplôme en poche. D’après Ouest France, Laurence Devillairs, philosophe et enseignante, défend depuis des années l’idée que la philosophie offre des outils précieux pour aborder les défis de la vie adulte, bien au-delà des salles de classe.
Ce qu'il faut retenir
- La philosophie, souvent perçue comme une matière abstraite, s’avère utile dans des situations concrètes comme la négociation d’un prêt bancaire ou la recherche d’emploi.
- L’épreuve de philosophie au bac 2026 marque le coup d’envoi pour des centaines de milliers de lycéens en France.
- Laurence Devillairs, philosophe et enseignante, souligne l’importance des compétences développées en terminale.
- Les lycéens abandonnent parfois la philosophie après le bac, sans mesurer son impact sur leur quotidien.
- Les notions comme la logique, l’argumentation ou l’éthique trouvent des applications pratiques dans la vie professionnelle et personnelle.
Pour Laurence Devillairs, la philosophie n’est pas une discipline réservée aux salles de cours. Dans un entretien accordé à Ouest France, elle explique que les compétences acquises en terminale — comme l’analyse critique, la construction d’un raisonnement ou la capacité à problématiser — se révèlent indispensables dans des situations bien réelles. « La philosophie apprend à penser par soi-même », précise-t-elle. « Cela peut servir à décrypter un contrat de prêt, à négocier un salaire ou même à gérer un conflit au travail. » Autant dire que les enjeux dépassent largement le cadre de l’examen.
Pourtant, nombreux sont les jeunes qui, une fois le bac en poche, délaissent cette matière. D’après les données du ministère de l’Éducation nationale, près de 40 % des étudiants en première année d’études supérieures ne suivent aucun cours de philosophie en dehors du tronc commun obligatoire. Une tendance que Laurence Devillairs regrette : « On oublie trop souvent que la philosophie est un outil pour décrypter le monde », a-t-elle souligné. « Elle permet de se poser les bonnes questions avant de prendre des décisions importantes. »
Les exemples concrets ne manquent pas. Savoir identifier les biais cognitifs peut aider à éviter des erreurs financières. Maîtriser l’art de l’argumentation facilite les échanges dans un environnement professionnel. Comprendre les concepts d’éthique permet d’aborder des dilemmes moraux avec plus de recul. « La philosophie, c’est comme un couteau suisse », compare Laurence Devillairs. « On ne s’en sert pas tous les jours, mais quand on en a besoin, c’est souvent pour une situation cruciale. »
Dans un contexte où les jeunes générations sont confrontées à des incertitudes économiques et sociales croissantes, la philosophie pourrait bien redevenir une alliée inattendue. Comme le rappelle Laurence Devillairs, « elle ne donne pas de réponses toutes faites, mais elle donne les moyens de les chercher ». Une perspective qui mérite d’être prise au sérieux, surtout en cette période de transition entre le lycée et l’âge adulte.