Près de **620 000 visas** ont été délivrés à des ressortissants russes pour entrer dans l’Union européenne en 2025, selon Ouest France. Ce chiffre, révélé en début de semaine, montre que les flux touristiques en provenance de Russie vers l’Europe ont persisté malgré les sanctions européennes imposées à Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine. Parmi les destinations privilégiées figurent la Côte d’Azur, l’Italie et les plages espagnoles, où ces visiteurs ont été accueillis comme chaque année.
Les statistiques publiées par Ouest France s’appuient sur des données collectées auprès des services consulaires et des ministères de l’Intérieur des États membres. 620 000 visas délivrés à des Russes en 2025 : autant dire que les frontières européennes n’ont pas été totalement hermétiques aux voyageurs en provenance de Russie, alors que Bruxelles avait pourtant renforcé ses restrictions sur les visas depuis 2022.
Ce qu'il faut retenir
- 620 000 visas accordés à des Russes pour l’UE en 2025, selon Ouest France.
- Ces visas concernent principalement des séjours touristiques vers la Côte d’Azur, l’Italie et l’Espagne.
- Ces flux persistent malgré les sanctions européennes contre la Russie depuis 2022.
- Les données proviennent des services consulaires et ministères de l’Intérieur des États membres.
Un tourisme russe toujours actif malgré les tensions géopolitiques
Les destinations balnéaires de la Côte d’Azur, telles que Nice, Cannes ou Saint-Tropez, restent des valeurs sûres pour les touristes russes. Même si leur pouvoir d’achat a pu être affecté par les sanctions et la dépréciation du rouble, ces voyageurs continuent de fréquenter les stations balnéaires françaises, italiennes et espagnoles. Côté italien, la Ligurie, la Sicile et la Toscane figurent parmi les régions les plus prisées, tandis que l’Espagne mise sur ses côtes méditerranéennes, de Valence à Malaga.
Les chiffres de 2025 confirment que le tourisme russe n’a pas disparu de la carte européenne. Pourtant, l’Union européenne avait restreint, en 2022, la délivrance des visas pour les ressortissants russes, limitant notamment les visas de court séjour à des motifs professionnels ou familiaux urgents. Or, une grande partie de ces 620 000 visas semble avoir été accordée pour des raisons touristiques, ce qui interroge sur l’application effective des sanctions.
Des sanctions européennes contournées ?
Depuis l’invasion de l’Ukraine, l’UE a progressivement durci sa politique envers Moscou, notamment en matière de visas. En 2023, Bruxelles avait annoncé la suppression progressive des exemptions de visas pour les Russes, tout en maintenant un certain nombre de dérogations pour les catégories les plus vulnérables. Pourtant, les données de 2025 révèlent que le nombre de visas touristiques reste élevé, suggérant soit un relâchement dans l’application des règles, soit une capacité des voyageurs à contourner ces restrictions.
Côté autorités européennes, on assure que les contrôles restent stricts. « Les visas sont délivrés conformément au droit européen et aux décisions du Conseil », a précisé un porte-parole de la Commission européenne. Reste que, selon Ouest France, certains consulats auraient maintenu des quotas de visas plus souples pour les touristes russes, arguant du « caractère indispensable » du secteur touristique pour certaines régions.
Quel impact économique pour les régions concernées ?
Pour des territoires comme la Côte d’Azur ou la Catalogne espagnole, la clientèle russe représente une manne financière non négligeable. Ces visiteurs dépensent en moyenne entre **1 500 et 3 000 euros** par séjour, selon les professionnels du tourisme interrogés par Ouest France. En pleine saison, certains hôtels ou restaurants affichent jusqu’à **30 % de clients russes**, un chiffre qui montre l’importance de ce marché pour l’économie locale.
Pour autant, les acteurs du secteur restent prudents. « On observe une légère baisse du pouvoir d’achat, mais les Russes continuent de venir, ne serait-ce que pour quelques jours », explique un gérant d’hôtel à Nice. Si l’afflux est moins massif qu’avant 2022, il permet de limiter les pertes liées à la baisse globale du tourisme international.
Reste que, pour les touristes russes, l’Europe reste une destination accessible. 620 000 visas en 2025, un chiffre qui, pour certains, soulève des questions sur la cohérence des politiques européennes face à la guerre en Ukraine.