Une étrange polémique a éclaté en marge de l’UFC 250, impliquant Eric Trump, fils de l’ancien président américain Donald Trump, et Daniel Cormier, légende de l’Ultimate Fighting Championship. Selon RMC Sport, cette affaire s’est déroulée dans un contexte déjà tendu, alors que l’UFC 250 se tenait à la T-Mobile Arena de Las Vegas, dans le cadre d’un événement surnommé l’« UFC Maison Blanche » en raison de l’influence politique du clan Trump.

Ce qu'il faut retenir

  • Eric Trump aurait demandé à Daniel Cormier, via une conversation privée sur Instagram, si certains combats de l’UFC 250 étaient truqués pour permettre des paris lucratifs.
  • Daniel Cormier a publié des captures d’écran de ces échanges sur X (ex-Twitter) avant de les supprimer, déclenchant une vague de réactions.
  • Eric Trump a dénoncé des « fausses captures d’écran générées par IA », affirmant n’avoir jamais échangé avec Cormier, tandis que des incohérences sont apparues autour des publications supprimées.
  • Un piratage du compte de Daniel Cormier a été évoqué après que ce dernier ait publié des messages pro-cryptomonnaies, eux aussi effacés en quelques minutes.
  • L’affaire s’inscrit dans un contexte politique marqué par la proximité entre l’UFC et l’administration Trump, alors que Donald Trump célèbre ses 80 ans.

Des messages privés qui deviennent publics

Tout commence le 21 mai 2025, lorsque Daniel Cormier, quadruple champion de l’UFC et analyste emblématique, publie sur X une série de captures d’écran. Ces images révèlent une conversation privée sur Instagram entre lui et Eric Trump. Dans ces échanges, Eric Trump s’enquiert d’abord de l’UFC 250, demandant son avis sur les combats à venir. Puis, sans transition, il interroge Cormier sur la possibilité que certains affrontements soient arrangés, afin de permettre des paris avantageux. Ces propos, rapportés par RMC Sport, ont immédiatement provoqué l’indignation de Daniel Cormier, qui a partagé ces captures avant de les retirer.

Les tweets de Cormier se sont répandus comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, alimentant les spéculations. L’ancien combattant a depuis supprimé ses messages, mais l’affaire avait déjà pris une ampleur inattendue. Selon la version d’Eric Trump, relayée par les médias, il s’agirait de « fausses captures d’écran générées par IA », une affirmation qu’il a défendue sur la même plateforme : « Nous sommes au courant des fausses captures d’écran générées par IA qui circulent en ligne. Je n’ai jamais parlé à Daniel. Il a depuis supprimé son message, ce qui confirme qu’il était clairement fabriqué. »

Une affaire qui s’embrouille avec l’irruption de Grok

L’affaire a pris un tour supplémentaire avec l’intervention de Grok, l’assistant conversationnel développé par xAI, propriété d’Elon Musk. Ce dernier a affirmé, via un post sur X, que Daniel Cormier n’avait jamais publié ces captures d’écran. Pourtant, Eric Trump lui-même reconnaissait avoir vu les messages, même s’il en contestait l’authenticité. Cette contradiction a ajouté à la confusion, soulignant les difficultés à vérifier l’origine des contenus numériques.

Une heure plus tard, alors que se déroulait le deuxième combat de la soirée, un rebondissement inattendu survient : le compte de Daniel Cormier publie des messages à caractère publicitaire, vantant des investissements en cryptomonnaies. Ces publications, rapidement supprimées, ont alimenté les suspicions de piratage. Daniel Cormier a-t-il été victime d’un accès non autorisé à son compte ? La question reste en suspens, tout comme l’origine des premiers messages échangés avec Eric Trump.

Un contexte politique et sportif sous tension

Cette polémique s’inscrit dans un contexte où l’UFC entretient des liens étroits avec le monde politique américain. L’événement du 21 mai 2025 était surnommé « UFC Maison Blanche » en raison de la présence remarquée de Donald Trump, alors âgé de 80 ans, et de son entourage. L’influence de la famille Trump sur le monde du sport, et plus particulièrement des arts martiaux mixtes, est un sujet récurrent dans les médias américains. Eric Trump, souvent présenté comme un proche collaborateur de son père, a été au cœur de plusieurs polémiques liées à ses activités professionnelles et politiques.

Pour Daniel Cormier, figure respectée de l’UFC et commentateur apprécié, cette affaire représente un contretemps embarrassant. Ancien champion des poids mi-lourds et lourds, il a pris sa retraite sportive en 2020 mais reste une personnalité influente dans le milieu. Son compte X, suivi par des millions d’abonnés, est un vecteur d’information et d’opinion. La suppression de ses publications et les accusations de manipulation ont jeté une ombre sur sa crédibilité, du moins temporairement.

Et maintenant ?

Plusieurs questions restent en suspens après cette affaire. Qui est à l’origine des captures d’écran partagées par Daniel Cormier ? S’agit-il d’une manipulation ciblée, d’un canular ou d’une erreur technique ? De son côté, Eric Trump a-t-il réellement été victime d’une usurpation d’identité numérique, ou les échanges ont-ils bien eu lieu ? Les investigations, si elles sont menées, pourraient prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. En attendant, cette polémique rappelle les risques liés à la désinformation et à la viralité des réseaux sociaux, surtout lorsqu’elle touche des personnalités politiques ou médiatiques.

Reste à savoir si l’UFC ou les plateformes concernées lanceront une enquête interne pour faire la lumière sur cette affaire. Une chose est sûre : dans un paysage médiatique où les deepfakes et les manipulations de l’information se multiplient, la prudence est de mise. Et cette polémique pourrait n’être qu’un avant-goût des tensions à venir.

Un deepfake est une manipulation numérique utilisant l’intelligence artificielle pour créer des contenus réalistes mais faux, comme des images, des vidéos ou des enregistrements audio. Pour en distinguer un, il faut vérifier la source, analyser les incohérences visuelles ou sonores, et croiser les informations avec d’autres médias fiables. Les outils de détection existent, mais leur efficacité varie selon la qualité de la manipulation.