Une mesure exceptionnelle et temporaire a été prise ce week-end à Poleymieux-au-Mont-d’Or, commune située au nord de Lyon, où la maire a décidé d’interdire l’accès à sept routes et chemins aux cyclistes sportifs. Selon Le Figaro, cette décision, effective depuis vendredi 18 juin et jusqu’à ce lundi 21 juin, vise à sensibiliser la population aux risques liés à la multiplication des accidents impliquant des cyclistes dans cette zone résidentielle. Une initiative qui a immédiatement suscité des réactions contrastées, entre soutien à une mesure perçue comme nécessaire et critiques dénonçant son caractère « illégal » ou « symbolique ».
Ce qu’il faut retenir
- Une interdiction temporaire de sept axes routiers aux cyclistes sportifs, en vigueur du 18 au 21 juin 2026 à Poleymieux-au-Mont-d’Or.
- La maire Corinne Cardona justifie cette décision par le non-respect répété des règles de circulation et par la dangerosité des comportements observés.
- Des élus écologistes de la métropole de Lyon dénoncent une mesure « complètement lunaire » et potentiellement illégale.
- Un accident mortel en 2022 avait déjà mis en lumière les risques sur ces routes.
Une décision motivée par la sécurité des habitants et la prévention des accidents
L’arrêté municipal signé le 18 juin par Corinne Cardona, maire de Poleymieux-au-Mont-d’Or, interdit temporairement l’accès aux cyclistes sportifs sur sept axes routiers de la commune. Ces axes incluent des routes et des montées souvent empruntées par les cyclistes amateurs, mais aussi par les habitants du village. Selon l’élue, cette mesure répond à une « urgence » : le non-respect répété des règles de circulation par certains cyclistes sportifs. « Les cyclistes traversent la commune en ne respectant pas la limitation à 30 km/h, grillent les feux rouges, ne s’arrêtent pas aux stops ni aux cédez-le-passage », a-t-elle expliqué au Progrès, ajoutant que ces comportements mettent en danger, notamment, les enfants du village.
Cette interdiction, qualifiée de « symbolique » par la mairie, n’a été appliquée que pour un week-end. Corinne Cardona a précisé qu’elle souhaitait avant tout « interpeller violemment » l’opinion publique et les cyclistes sur les dangers encourus. « Personnellement, j’ai pris un arrêté qui est là pour sensibiliser », a-t-elle déclaré. « Bien sûr que ça choque, bien sûr que les cyclistes ne sont pas contents, mais on a trop d’accidents à Poleymieux. Donc ça suffit. »
Un contexte marqué par un drame et une hausse des accidents
Le choix de cette mesure intervient dans un contexte local déjà marqué par des accidents impliquant des cyclistes. En décembre 2022, une cycliste originaire de l’Ain avait perdu la vie après avoir été percutée par une voiture sur les routes de Poleymieux-au-Mont-d’Or. Cet événement avait déjà souligné les risques liés à la cohabitation entre usagers motorisés et cyclistes dans cette commune résidentielle, où les axes étroits et sinueux sont régulièrement empruntés par des sportifs en quête de dénivelé.
Pour la mairie, l’interdiction ponctuelle de ces axes aux cyclistes sportifs s’inscrit dans une démarche de prévention. Corinne Cardona a annoncé vouloir engager une « campagne de sensibilisation à la vitesse » sur l’ensemble de la commune. Une initiative qui pourrait s’étendre si les comportements ne changent pas, bien que la mesure actuelle soit limitée dans le temps. « On a trop d’accidents à Poleymieux », a-t-elle martelé, soulignant l’urgence de la situation.
Des réactions vives chez les écologistes lyonnais
La décision de la maire de Poleymieux-au-Mont-d’Or n’a pas manqué de provoquer des réactions chez les élus écologistes de la métropole de Lyon. Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon et membre des Verts, a dénoncé une mesure qu’il qualifie de « cabale de la droite métropolitaine contre le vélo ». Pour lui, cet arrêté « est très probablement illégal » et représente « une honte pour notre territoire ». De son côté, Vincent Monot, conseiller métropolitain écologiste, a qualifié la décision de « digne du Gorafi », évoquant une mesure absurde et disproportionnée.
Les critiques portent notamment sur le caractère « symbolique » et « illégal » de l’arrêté, ainsi que sur son manque de fondement juridique. Les écologistes rappellent que le vélo est un mode de déplacement « incontournable » dans la région lyonnaise, où les pistes cyclables se multiplient depuis plusieurs années. Ils dénoncent une mesure qui, selon eux, stigmatise les cyclistes sportifs sans résoudre les problèmes de sécurité réels.
« La cabale de la droite métropolitaine contre le vélo s’étend désormais aux cyclistes sportifs. Au-delà, cet arrêté complètement lunaire de Cardona et Oliver est très probablement illégal. C’est une honte pour notre territoire ! »
— Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon, écologiste.
Une mesure qui interroge sur la cohabitation entre usagers
L’affaire soulève des questions plus larges sur la cohabitation entre les différents usagers de la route à Poleymieux-au-Mont-d’Or, mais aussi dans d’autres communes périurbaines de la métropole lyonnaise. Les axes concernés par l’interdiction sont des routes départementales et communales souvent partagées entre automobilistes, cyclistes et piétons. Leur fermeture ponctuelle aux cyclistes sportifs interroge : cette mesure est-elle la bonne réponse à un problème de comportement, ou risque-t-elle d’aggraver les tensions entre les usagers ?
Pour la mairie, il s’agit avant tout d’un signal fort. « On ne peut plus fermer les yeux sur ces comportements dangereux », a insisté Corinne Cardona. De son côté, le débat reste ouvert parmi les habitants et les associations de cyclistes. Certains reconnaissent la nécessité de mieux réguler la pratique sportive sur ces routes, tandis que d’autres dénoncent une mesure qui, selon eux, pénalise l’ensemble des cyclistes au lieu de cibler les comportements dangereux.
Cette initiative locale rappelle en effet que les tensions autour de l’usage de la route s’intensifient, à l’heure où le vélo gagne en popularité comme mode de déplacement. Entre développement des infrastructures cyclables et régulation des comportements, le défi reste de taille pour les collectivités.
La mairie a justifié cette mesure par le non-respect répété des règles de circulation par certains cyclistes sportifs, jugés dangereux pour les habitants et les usagers de la route. Corinne Cardona a également évoqué la nécessité de sensibiliser à la vitesse et de prévenir les accidents, dans une commune où un drame impliquant une cycliste avait déjà eu lieu en 2022.
Les élus écologistes de la métropole de Lyon ont qualifié l’arrêté de « très probablement illégal ». Aucun recours juridique n’a encore été engagé à ce jour, mais la question de sa légalité pourrait être soulevée dans les prochaines semaines.