Alors que l’élection présidentielle de 2027 approche, le Rassemblement national (RN) prépare activement son programme, désormais rédigé à « 95 % » selon un stratège du parti interrogé par Franceinfo - Politique. Si l’identité du candidat reste encore incertaine en raison d’un verdict judiciaire attendu le 7 juillet prochain, le contenu programmatique est quasi finalisé. Une situation qui illustre la préparation méthodique du parti, malgré les divergences internes persistantes, notamment sur les questions économiques.
Ce qu'il faut retenir
- Le programme du RN pour 2027 est achevé à « 95 % », avec seulement quelques ajustements mineurs prévus selon le candidat retenu.
- Le verdict du 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires européens déterminera si Marine Le Pen ou Jordan Bardella sera le porte-drapeau du parti.
- 150 élus, experts et hauts fonctionnaires ont contribué à l’élaboration du programme, contre moins de dix il y a cinq ans.
- Des désaccords subsistent sur des sujets clés comme la réforme des retraites, encore en cours d’arbitrage.
Un programme quasi finalisé, malgré l’incertitude sur le candidat
Le Rassemblement national n’a toujours pas tranché entre Marine Le Pen et Jordan Bardella pour porter ses couleurs lors du scrutin de 2027. Cette décision dépendra du verdict de la cour d’appel de Paris, prévu le 7 juillet, dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Selon un stratège du parti cité par Franceinfo - Politique, le programme est « bouclé à 95 % ». Seules des « orientations de surface » et des formulations pourraient encore évoluer en fonction du candidat désigné. Une chose est sûre, insiste le RN : le fond du programme restera identique, qu’il s’agisse du Pen ou de Bardella.
Pourtant, les tensions entre les deux figures du parti persistent, notamment sur les questions économiques. Jordan Bardella est régulièrement présenté comme le défenseur d’une ligne plus favorable aux entreprises, une position qui le distingue de Marine Le Pen. « Jordan Bardella est le seul à défendre des positions pro-business », pouvait-on lire récemment dans les colonnes de Franceinfo - Politique, soulignant ainsi la porosité croissante entre le RN et certains cercles patronaux.
Une méthode de travail élargie et des arbitrages en suspens
L’élaboration du programme a mobilisé plus de 150 personnalités, dont des élus, des experts et des hauts fonctionnaires. Ce chiffre contraste avec les « moins de dix » contributeurs actifs il y a cinq ans, selon un proche de Marine Le Pen. « 150 contributions mises bout à bout, ça ne fait pas un programme. À la fin, il faut faire des choix », tempère un député, interrogé par Franceinfo - Politique.
Parmi les sujets les plus sensibles figure la réforme des retraites, que le RN compte défendre en 2027. Pourtant, aucun consensus n’a encore été trouvé sur ce dossier. « La réforme des retraites n’est toujours pas arbitrée », confirme un cadre du parti. D’autres thèmes, comme la politique industrielle ou la transition écologique, ont également fait l’objet de débats approfondis, mais les arbitrages définitifs restent à venir.
« Nous étions moins de dix, il y a cinq ans. Aujourd’hui, 150 personnes ont participé à la construction du programme. Mais il faut savoir trancher. »
Un proche de Marine Le Pen, cité par Franceinfo - Politique
Ambroise de Rancourt, l’homme clé de la synthèse programmatique
Au cœur de cette entreprise collective se trouve Ambroise de Rancourt, directeur de cabinet de Marine Le Pen et responsable de la synthèse du programme. Âgé d’une trentaine d’années, cet énarque a un parcours atypique : ancien militant de La France Insoumise (LFI), il a rejoint les rangs du RN il y a quelques années. Son rôle consiste à concilier les différentes contributions et à produire un document cohérent, tout en tenant compte des sensibilités internes.
Les tensions entre les ailes « sociale » et « libérale » du parti ne sont un secret pour personne. Marine Le Pen, souvent associée à une ligne plus protectionniste, a parfois été en désaccord avec Jordan Bardella, qui prône une approche plus pragmatique, notamment sur les questions économiques. Malgré ces divergences, le RN affirme que le programme final sera le reflet d’un compromis, sans remise en cause des fondamentaux du parti.
Le RN a déjà commencé à préparer sa stratégie de communication pour mettre en avant les points forts de son programme, tout en évitant de s’enfermer dans des débats internes. Les prochains mois seront déterminants pour voir si le parti parvient à transformer cette préparation minutieuse en succès électoral.
Le verdict de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens pourrait empêcher Marine Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Si tel est le cas, Jordan Bardella, actuel président du RN, serait alors le candidat naturel du parti. Cette décision judiciaire conditionne donc l’identité du porte-drapeau du RN pour le scrutin.