Selon BFM Business, le gouvernement souhaite réformer le système des primes attribuées aux hauts cadres de l’État. Une partie de ces rémunérations variables serait désormais conditionnée à l’atteinte d’objectifs financiers, une mesure présentée comme une réponse à la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Actuellement, « l’écrasante majorité » des dirigeants concernés perçoit entre 90 % et 100 % de leur prime variable, y compris en cas de dépassement budgétaire.

Cette proposition, révélée ce lundi 22 juin 2026 par La Tribune Dimanche, s’inscrit dans un contexte où la réduction des dépenses de l’État est érigée en priorité nationale. L’entourage du ministre des Comptes publics, David Amiel, souligne que « à l’heure où la maîtrise de la dépense publique et le fait de dégager des économies est important et prioritaire, on peut s’étonner qu’un directeur d’administration centrale ou d’un opérateur qui ne tient pas son budget, c’est-à-dire qui finit l’année en ayant dépensé plus que ce qu’il devait dépenser, bénéficie quand même de l’essentiel de sa prime ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministère des Comptes publics envisage de conditionner une partie des primes des hauts cadres de l’État à l’atteinte d’objectifs financiers.
  • Actuellement, « l’écrasante majorité » des dirigeants perçoit entre 90 % et 100 % de leur prime variable, même en cas de dépassement budgétaire.
  • Dans un premier temps, la mesure concernerait une centaine de cadres, avant d’être étendue à « quelques milliers » en 2027.
  • Un projet d’instruction ministérielle doit être soumis au Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans les prochaines semaines.

Une réforme ciblée dans un premier temps

Pour l’heure, le gouvernement prévoit de limiter cette nouvelle règle aux responsables de programmes chargés de la gestion de budgets ainsi qu’aux dirigeants d’opérateurs de l’État. Selon les informations de BFM Business, cela représenterait environ une centaine de cadres. Le ministère des Comptes publics a précisé qu’il s’agissait pour l’instant d’une phase « préparatoire », sans encore détailler les modalités exactes de mise en œuvre. L’entourage de David Amiel a également exclu de fournir des exemples concrets, invoquant le risque de « stigmatisation ».

Les syndicats de la fonction publique, souvent critiques envers les dispositifs de rémunération au mérite, n’ont pas encore réagi à cette annonce. Pourtant, cette réforme s’inscrit dans la continuité d’un projet plus large porté par l’ancien ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guerini. Ce dernier avait proposé un vaste plan de réforme de la fonction publique, incluant notamment le renforcement de la rémunération au mérite. Ce texte n’avait cependant pas pu être présenté au Parlement avant la dissolution de l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024.

Un mécanisme qui pourrait s’étendre à partir de 2027

À compter de 2027, le gouvernement envisage d’instaurer un décret ou un arrêté pour préciser le fonctionnement de ce dispositif. Ce texte pourrait notamment définir les « objectifs financiers » à atteindre, mais aussi intégrer d’autres critères, comme « la qualité d’exécution des politiques publiques ». Cette extension concernerait alors un public bien plus large, soit « quelques milliers » de cadres dirigeants de l’administration.

Le ministère des Comptes publics n’a pas encore communiqué de détails sur les modalités pratiques de cette réforme. Pour l’instant, il s’agit d’une phase de réflexion et de préparation, sans calendrier arrêté. L’objectif affiché reste la rationalisation des dépenses publiques, un enjeu devenu central dans le débat politique actuel. Autant dire que cette mesure pourrait rapidement s’inscrire dans une logique plus globale de contrôle accru des finances de l’État.

Et maintenant ?

Un projet d’instruction ministérielle doit être présenté au Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans les prochaines semaines. Si cette première étape est validée, le gouvernement pourrait ensuite travailler à un décret ou un arrêté pour 2027, avec une application plus large. Reste à voir si les syndicats de la fonction publique accepteront cette réforme, ou s’ils y opposeront une résistance organisée.

Cette initiative s’ajoute à d’autres mesures récentes visant à rationaliser les dépenses publiques, comme la réforme des retraites ou la maîtrise des budgets des opérateurs de l’État. Elle pourrait aussi relancer le débat sur la rémunération des hauts fonctionnaires, un sujet régulièrement épineux en période de restrictions budgétaires.

Pour rappel, cette proposition intervient dans un contexte où la France cherche à réduire son déficit public, avec des marges de manœuvre limitées face aux contraintes européennes et aux besoins sociaux. La question de l’efficacité de la dépense publique reste donc au cœur des préoccupations gouvernementales.

À ce stade, le gouvernement évoque principalement des « objectifs financiers », comme l’équilibre budgétaire ou la maîtrise des dépenses. D’autres critères pourraient être ajoutés, tels que « la qualité d’exécution des politiques publiques », mais aucun détail précis n’a encore été communiqué.