La députée La France Insoumise (LFI) Sophia Chikirou attend aujourd’hui le jugement dans l’affaire qui l’oppose à l’association « Le Média ». Le tribunal correctionnel de Paris doit se prononcer ce lundi 8 juin 2026, près de huit ans après les faits reprochés. L’élue, qui s’était présentée à la barre début mai, a toujours nié les accusations d’escroquerie visant à détourner des fonds publics alors qu’elle ne dirigeait plus la web-télé en 2018, comme le rapporte Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Sophia Chikirou, députée LFI, comparaît pour des faits présumés d’escroquerie remontant à 2018.
  • Les faits reprochés concernent un détournement de fonds publics via « Le Media », une web-télé dont elle n’était plus responsable à l’époque.
  • Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre son verdict ce lundi 8 juin 2026.
  • L’accusée s’est défendue lors de son audience début mai, affirmant n’avoir aucune responsabilité dans la gestion financière de l’association.

Un procès ouvert pour des fonds détournés en 2018

Les faits reprochés à Sophia Chikirou remontent à 2018, période durant laquelle elle aurait tenté de faire virer des fonds publics vers un compte lié à « Le Media ». À l’époque, l’élue n’occupait plus de fonction dirigeante au sein de la web-télé, selon les éléments du dossier. L’association, créée en 2016, s’est retrouvée au cœur d’une polémique financière qui a conduit à l’ouverture d’une enquête pour escroquerie.

Le parquet de Paris avait requis un renvoi devant le tribunal correctionnel en 2024, après plusieurs années d’instruction. L’enquête a notamment permis d’établir des flux financiers suspects entre des comptes liés à « Le Media » et d’autres structures, mais sans preuve directe impliquant Sophia Chikirou dans la gestion de ces fonds.

La défense de l’élue : l’absence de responsabilité

Lors de son audition début mai, Sophia Chikirou a vigoureusement rejeté les accusations. « Je n’ai jamais eu accès aux comptes de « Le Media » après mon départ », a-t-elle déclaré devant les juges, selon les comptes-rendus publiés par Libération. L’élue a souligné que sa responsabilité dans la gestion financière de l’association s’était terminée bien avant les faits reprochés.

Son avocat a également plaidé l’absence de volonté frauduleuse, évoquant une « confusion administrative » entre les différentes structures associatives. « Les sommes en question ont été utilisées pour des projets éditoriaux légitimes », a-t-il argumenté, sans pour autant nier les irrégularités comptables relevées par l’enquête.

Un enjeu politique et médiatique

L’affaire dépasse le cadre judiciaire pour s’inscrire dans un contexte politique tendu. Sophia Chikirou, figure médiatique du mouvement LFI, a souvent été la cible de critiques de la part de ses opposants, qui dénoncent régulièrement les dérives financières présumées de certains médias militants. « Le Media », créé en 2016, a bénéficié d’un soutien financier de plusieurs associations proches de La France Insoumise, ce qui a nourri les suspicions de financement occulte.

Les soutiens de l’élue y voient, eux, une tentative de discrédit politique. « C’est une procédure instrumentalisée », a réagi un proche du parti, cité par Libération. « On cherche à étouffer une voix critique dans le paysage médiatique. »

Et maintenant ?

Le verdict attendu aujourd’hui pourrait mettre un terme à cette procédure judiciaire, mais il n’est pas exclu que l’affaire se prolonge en appel, quel que soit l’issue du jugement. Une condamnation pourrait entraîner des conséquences politiques pour Sophia Chikirou, dont le mandat de députée n’est pas directement menacé par cette affaire. En revanche, un non-lieu ou un acquittement renforcerait sa position au sein de LFI, alors que le parti prépare les prochaines échéances électorales.

Quelle que soit la décision des juges, cette affaire rappelle les tensions persistantes autour des financements des médias militants et des responsabilités politiques dans la gestion des fonds publics. Le tribunal devra trancher entre les arguments de la défense et les éléments à charge réunis par l’accusation.