Si les régulateurs donnent leur feu vert, EasyJet pourrait quitter la Bourse sous l’impulsion du fonds d’investissement américain Apollo Global Management. Cette opération, si elle aboutit, permettrait à la compagnie aérienne low-cost de s’affranchir des contraintes de la cotation en Bourse, afin de réinvestir plus librement dans sa transformation et l’amélioration de ses marges, comme le rapporte Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- EasyJet, l’une des principales compagnies low-cost européennes, pourrait être retirée de la Bourse par le fonds Apollo Global Management.
- L’opération vise à faciliter les investissements dans la restructuration de la compagnie pour renforcer sa rentabilité.
- Cette acquisition devra être validée par les autorités réglementaires avant toute mise en œuvre.
- Apollo, spécialisé dans le rachat d’entreprises en difficulté ou en transformation, pourrait ainsi piloter la stratégie d’EasyJet sans pression des marchés financiers.
- La compagnie, fondée en 1995 et cotée depuis 2000, reste un acteur majeur du transport aérien en Europe.
Un retrait de la Bourse pour plus de liberté stratégique
Actuellement cotée à la Bourse de Londres, EasyJet serait retirée de la cote boursière si l’offre d’Apollo est acceptée. Ce rachat permettrait à la direction de la compagnie de se concentrer sur sa restructuration, sans avoir à justifier en permanence ses choix auprès des actionnaires. Pour Apollo, qui gère plus de 600 milliards de dollars d’actifs, l’opération s’inscrit dans une logique d’investissement à long terme.
Les observateurs du secteur soulignent que cette privatisation pourrait donner à EasyJet une marge de manœuvre accrue pour moderniser sa flotte, renégocier ses contrats avec les fournisseurs ou encore ajuster sa stratégie tarifaire. Une liberté d’action souvent limitée pour les entreprises cotées, soumises aux attentes des marchés.
Une compagnie sous pression après des années de turbulence
EasyJet n’a pas été épargnée par les crises successives du secteur aérien. Entre la pandémie de Covid-19, la hausse des coûts du carburant et la concurrence accrue des autres low-cost, la compagnie a enregistré des pertes importantes ces dernières années. En 2025, son résultat net s’est établi à -247 millions d’euros, selon ses derniers comptes annuels.
Dans ce contexte, un retrait de la Bourse pourrait permettre à EasyJet de se recentrer sur sa performance opérationnelle, sans subir la volatilité des marchés. Apollo, connu pour ses rachats agressifs, a déjà réalisé des opérations similaires, comme le sauvetage de la compagnie aérienne italienne ITA Airways en 2021. Une expérience qui pourrait inspirer sa stratégie pour EasyJet.
Les défis réglementaires et opérationnels à venir
Le projet de rachat devra obtenir l’aval des autorités compétentes, notamment la Commission européenne et les régulateurs britanniques, en raison des implications sur le marché du transport aérien en Europe. Une enquête approfondie pourrait être menée, notamment sur les risques de position dominante ou d’entrave à la concurrence.
Côté EasyJet, la transition vers une structure non cotée ne sera pas sans défis. Les salariés, les partenaires commerciaux et les clients pourraient voir leurs relations avec la compagnie évoluer. Certains analystes s’interrogent déjà sur l’impact d’un tel changement sur la gouvernance et la transparence financière de l’entreprise.
Reste à savoir si cette privatisation permettra à EasyJet de retrouver une rentabilité durable. Le secteur aérien, toujours fragile, reste exposé à des aléas économiques et géopolitiques qui pourraient peser sur ses résultats futurs.
Le principal avantage réside dans la liberté stratégique accrue. Sans la pression des marchés financiers, EasyJet pourra réinvestir ses bénéfices dans sa transformation, moderniser sa flotte et ajuster sa stratégie commerciale sans rendre de comptes aux actionnaires. Une autonomie qui pourrait accélérer sa sortie de crise.
Pour l’instant, aucun changement n’est attendu à court terme pour les passagers. EasyJet continuera à opérer normalement ses vols. Cependant, une fois le rachat finalisé, la compagnie pourrait revoir ses tarifs ou ses services, en fonction de sa nouvelle stratégie. Les syndicats et les associations de consommateurs suivront de près l’évolution de la situation.