En Afrique du Sud, les opérations de rapatriement volontaire des migrants se poursuivent, alors que plusieurs organisations anti-immigration illégale ont annoncé de nouvelles actions pour le 30 juin. Selon RFI, cette initiative répond à la montée des tensions xénophobes dans le pays, poussant de nombreux étrangers à quitter le territoire par crainte de représailles. Les autorités sud-africaines, en collaboration avec les gouvernements des pays concernés, organisent ces départs pour éviter une escalade des violences.
Ce qu'il faut retenir
- Les opérations de rapatriement volontaire s'intensifient avant le 30 juin 2026, date des mobilisations annoncées par des groupes anti-immigration.
- Ces mouvements sont organisés par plusieurs pays dont les ressortissants résident en Afrique du Sud.
- La crainte des représailles pousse de nombreux migrants à quitter le pays de leur propre initiative.
- Les autorités sud-africaines coordonnent ces départs pour limiter les risques de conflits.
Un contexte marqué par la montée des tensions xénophobes
L'Afrique du Sud connaît depuis plusieurs années des vagues de violences xénophobes ciblant les migrants, notamment en provenance d'autres pays africains. Selon RFI, ces tensions s'aggravent à l'approche du 30 juin, date à laquelle des organisations militant contre l'immigration illégale ont prévu de nouvelles actions. « Les craintes de représailles ont poussé des milliers de migrants à quitter le pays », a indiqué un responsable local sous couvert d'anonymat. Les autorités tentent d'éviter une répétition des émeutes de 2019, qui avaient fait plusieurs morts et des centaines de blessés.
Des opérations coordonnées avec les pays d'origine
Les rapatriements volontaires sont organisés en collaboration avec les gouvernements des pays concernés, comme le Zimbabwe ou le Mozambique. « Nous facilitons le retour des migrants qui souhaitent partir, en coordination avec leurs pays d'origine », a expliqué un porte-parole du ministère sud-africain de l'Intérieur. Selon RFI, ces opérations concernent principalement des travailleurs informels, souvent accusés d'accaparer les emplois locaux. Les autorités insistent sur le caractère « volontaire » de ces départs, tout en reconnaissant que la pression sociale pousse de nombreux migrants à accepter.
Un bilan humain et économique difficile à évaluer
Les organisations de défense des droits humains dénoncent un manque de transparence sur le nombre exact de personnes concernées par ces rapatriements. « On parle de milliers de personnes, mais personne ne sait combien exactement ont déjà quitté le pays ou sont en cours de départ », a souligné une militante d'Amnesty International. Bref, côté incertitude, les chiffres restent flous. Les économistes locaux s'inquiètent également des conséquences de ces départs sur certains secteurs, comme le bâtiment ou l'agriculture, où les migrants représentent une part importante de la main-d'œuvre.
En attendant, la situation reste sous haute tension, avec des milliers de migrants pris entre deux feux : quitter le pays ou affronter un climat de plus en plus hostile.
D'après RFI, les principaux pays concernés sont le Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi et la Somalie. Ces pays ont mis en place des dispositifs pour faciliter le retour de leurs ressortissants.
Les organisations locales craignent des représailles, notamment des violences ciblées ou des expulsions forcées. Les autorités sud-africaines n'ont pas précisé de mesures spécifiques pour les protéger, se contentant de rappeler que les forces de l'ordre seront mobilisées.