Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux sont devenus des terrains de prédilection pour les discours de haine, y compris l’antisémitisme. D’après Le Monde, une nouvelle approche émerge pour y répondre : l’humour. Raphaël Perez, un rabbin influent sur les plateformes TikTok et Instagram, a choisi d’utiliser la dérision comme outil de sensibilisation et de prévention. À la tête du centre communautaire « Beth Loubavitch » à Paris, il mise sur des vidéos courtes et percutantes pour toucher un public large, notamment les jeunes générations.
Ce qu'il faut retenir
- Raphaël Perez, surnommé « Raphaël le Rav », est rabbin et influenceur sur TikTok et Instagram.
- Il dirige le centre communautaire « Beth Loubavitch » situé à Paris.
- Son approche repose sur l’humour et la dérision pour aborder des sujets sensibles comme l’antisémitisme.
- Ses vidéos visent à offrir des outils pour « mieux vivre avec » les discriminations et les préjugés.
- La plateforme « Beth Loubavitch » est un espace dédié à la communauté juive francophone.
Un rabbin 2.0 à l’ère des réseaux sociaux
Raphaël Perez, 34 ans, a choisi de se saisir des codes des réseaux sociaux pour transmettre des messages de tolérance et de résilience. Comme le rapporte Le Monde, il utilise des formats courts, souvent teintés d’autodérision, pour aborder des thèmes comme les stéréotypes antisémites ou les discriminations quotidiennes. Son compte TikTok, suivi par des dizaines de milliers de personnes, illustre cette volonté de moderniser le discours communautaire tout en restant ancré dans les valeurs juives traditionnelles.
Selon ses propres termes, il cherche à « donner la possibilité aux gens de mieux vivre avec tout ça ». Cette phrase résume son approche : transformer une réalité difficile en quelque chose de plus digeste, voire de positif, grâce à l’humour. Ses vidéos, souvent accompagnées de musiques populaires ou de memes, parviennent à capter l’attention d’un public jeune, parfois peu sensibilisé aux enjeux communautaires.
Un combat contre l’antisémitisme en ligne
Les réseaux sociaux sont devenus des vecteurs majeurs de propagation des discours antisémites, surtout depuis la résurgence des tensions au Proche-Orient et les crises géopolitiques récentes. D’après Le Monde, Raphaël le Rav intervient sur ce terrain en proposant une réponse directe, accessible et parfois décalée. Ses vidéos ne se contentent pas de dénoncer : elles expliquent, déconstruisent et, surtout, humanisent. « On ne peut pas lutter contre la haine avec de la haine », a-t-il déclaré lors d’un entretien. « L’humour est une arme puissante, car il désamorce la violence. »
Son centre, « Beth Loubavitch », joue un rôle central dans cette stratégie. Ce lieu, à la fois lieu de culte et espace culturel, sert de base opérationnelle pour la création de contenus. Il accueille également des ateliers et des conférences sur la prévention des discriminations, complétant ainsi l’action en ligne. La combinaison de ces deux approches – numérique et locale – permet d’atteindre un public varié, des adolescents aux adultes en quête de sens.
Un phénomène qui dépasse les frontières communautaires
L’impact de Raphaël le Rav ne se limite pas à la communauté juive. Ses vidéos, partagées massivement en dehors des cercles traditionnels, touchent des personnes de tous horizons. Le Monde souligne que ses contenus sont souvent relayés par des comptes non-juifs, signe d’une prise de conscience plus large face aux dérives en ligne. « On reçoit des messages de remerciements de toutes parts », explique-t-il. « Des musulmans, des chrétiens, des athées… Tout le monde peut comprendre le message de paix derrière l’humour. »
Cette transversalité est un atout majeur. Dans un contexte où les clivages se renforcent, ses vidéos rappellent que les valeurs de respect et de dialogue restent universelles. Elles offrent aussi un contrepoint aux discours de division, en montrant qu’une autre voie est possible. « La lutte contre l’antisémitisme ne doit pas être l’affaire des seuls Juifs », insiste-t-il. « C’est l’affaire de tous. »
Pour l’heure, Raphaël Perez continue de poster régulièrement sur TikTok et Instagram, tout en développant des projets au sein de « Beth Loubavitch ». Son objectif reste inchangé : utiliser la lumière de l’humour pour dissiper les ombres de la haine. Et autant dire que, côté résultats, les chiffres parlent d’eux-mêmes – des milliers de vues, des centaines de messages de soutien, et surtout, l’espoir d’un changement durable.
Raphaël Perez et son centre « Beth Loubavitch » s’appuient principalement sur des dons et des soutiens communautaires. Certaines plateformes comme TikTok ou Instagram permettent aussi de monétiser les contenus via des partenariats ou des abonnements payants. Selon Le Monde, il n’exclut pas à l’avenir de collaborer avec des marques ou des institutions pour élargir ses moyens d’action.