Fin avril, l'ONG European Watch (EU Watch) a publié un rapport intitulé « L'eurodéputée française Rima Hassan : pourquoi le Parlement européen ne réagit pas », selon Euronews FR. Le document recense 21 déclarations et actions publiques de l'eurodéputée française LFI, ainsi que sept procédures judiciaires la concernant présentées comme relevant du champ « pénal ». Une démarche qui vise à examiner les éléments susceptibles de relever de « la légitimation de la violence armée », de « la relativisation d’actes terroristes » ou encore « d’une radicalisation du discours ».
Ce qu'il faut retenir
- Le rapport d'EU Watch recense 21 déclarations et actions publiques de Rima Hassan.
- Sept procédures judiciaires sont présentées comme relevant du champ « pénal ».
- Le rapport met en évidence une « disproportion entre la gravité » des agissements de Rima Hassan et le « silence » du Parlement européen.
EU Watch mentionne la présence de l'élue, en août 2024, à une manifestation pro-Hamas en Jordanie en hommage à Ismaïl Haniyeh, ex-chef politique du groupe islamiste, tué par Israël. L'ONG relève également, entre autres, son refus public de qualifier les attaques du 7-Octobre de « terroristes ». Les attentats perpétrés par le Hamas au sud d'Israël ont fait près de 1 200 morts et entraîné la prise d'otages d'environ 250 Israéliens.
Le contexte
Le rapport établit encore un parallèle entre les polémiques visant Rima Hassan et l'affaire Grzegorz Braun, eurodéputé polonais du parti royaliste et négationniste La Confédération de la couronne polonaise (KKP), accusé de propos et d'actes antisémites. L'objectif est de mettre en évidence ce qu'il considère comme « une différence de traitement » entre les deux cas au sein du Parlement européen.
Samuel Madar, auteur du document et directeur exécutif de l’ONG, se défend de toute volonté d’établir une « culpabilité » ou de « juger une personne ». « Le sujet, ça n'est pas Rima Hassan mais le silence du Parlement européen », assure-t-il.
Les réactions
Interrogé par Euronews, Samuel Madar assume sa double casquette : « EU Watch est une démarche d’analyse institutionnelle. L’Édito de Madar permet de rendre des sujets lisibles à un public beaucoup plus large : c’est un format éditorial assumé qui analyse la politique, généralement sur le Proche-Orient. Tant que cette distinction est claire, il n’y a pas de contradiction. Les deux sont complémentaires », assure-t-il.
Olivier Costa, directeur de recherche CNRS au CEVIPOF, préconise de « ne pas tout mélanger » mais plutôt de considérer les comportements des élus parlementaires à travers un cadre juridique, en tenant compte des responsabilités politique, disciplinaire ou pénale qui leur incombent.
En conclusion, l'affaire Rima Hassan soulève des questions importantes sur la liberté d'expression, la responsabilité politique et la protection des députés au Parlement européen. Il est essentiel de considérer les implications de cette affaire dans le contexte plus large des relations internationales et de la lutte contre le terrorisme.