Selon Le Figaro, les combattants du groupe armé antigouvernemental M23 se sont retirés de plusieurs localités situées au nord d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le long de la route nationale 5 qui borde la frontière burundaise. Cette annonce intervient après des mois de tensions persistantes dans la région, où le M23, soutenu par le Rwanda, avait repris les armes en 2021.

Ce qu'il faut retenir

  • Le M23 a quitté quatre localités : Sange, Kabunambo, Mutarule et Bwegera, toutes situées au nord d’Uvira.
  • La ville de Kamanyola, à environ 70 km d’Uvira, n’est pas concernée par ce retrait, selon une source sécuritaire du M23.
  • Ce mouvement fait suite à une offensive lancée en décembre 2025 sur Uvira, malgré un accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine.
  • Les États-Unis avaient appelé, dès le vendredi 9 mai 2026, à une désescalade et au respect d’un cessez-le-feu.
  • Des miliciens pro-Kinshasa, surnommés « wazalendo », ont fait leur entrée à Sange, où la population a manifesté sa joie.
  • Les pourparlers en Suisse en avril 2026 avaient abouti à des engagements sur la facilitation de l’aide humanitaire et la libération de prisonniers, sans mettre fin aux combats.

Un retrait limité et encadré par des pressions internationales

Ce retrait partiel du M23 survient dans un contexte régional marqué par une escalade des violences en RDC, où l’est du pays est en proie à des conflits récurrents depuis plus de trente ans. Selon Le Figaro, l’initiative du groupe armé intervient après une série de pressions diplomatiques, notamment de la part des États-Unis. Vendredi 9 mai, le département d’État américain avait publié un message sur la plateforme X appelant à un « respect immédiat du cessez-le-feu » et à une « désescalade urgente » des tensions entre les belligérants.

Ce retrait avait déjà été amorcé en janvier 2026, lorsque le M23 avait quitté Uvira en invoquant une demande américaine. Cependant, les combats se sont poursuivis dans d’autres zones de l’est congolais, montrant les limites de ces engagements ponctuels. Le M23 avait pris le contrôle de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri depuis 2021, exacerbant une crise humanitaire déjà dramatique.

Des localités stratégiques abandonnées, une population en liesse

Parmi les quatre localités abandonnées par le M23, Sange occupe une place centrale. Situé à une trentaine de kilomètres au nord d’Uvira, ce carrefour routier est un point névralgique pour les échanges commerciaux et les déplacements dans la région. Le lieutenant Reagan Mbuyi, porte-parole de l’armée congolaise dans la zone, a confirmé à l’AFP que les forces du M23 avaient quitté « Kabunambo, Sange, Mutarule et Bwegera ».

Une source sécuritaire au sein du M23 a précisé à l’AFP que « nous nous sommes retirés de Sange et ses environs. Nous retournons à nos positions d’avant la prise d’Uvira ». Cette affirmation suggère que le groupe armé cherche à se recentrer sur des zones qu’il contrôlait précédemment, sans pour autant renoncer à ses revendications. La ville de Kamanyola, située à environ 70 km au nord d’Uvira, reste sous tension et n’est pas concernée par ce mouvement.

À Sange, l’arrivée des miliciens pro-Kinshasa, surnommés « wazalendo », a provoqué une vague d’enthousiasme populaire. Un habitant cité par Le Figaro a décrit une « liesse populaire » avec des manifestations de joie impliquant « jeunes, femmes, enfants, même les élèves ». Ce climat contraste avec les années de violence qui ont endeuillé la région.

Des accords fragiles et une crise humanitaire persistante

Ce retrait s’inscrit dans une dynamique plus large de négociations, bien que fragiles. En avril 2026, des pourparlers avaient eu lieu en Suisse entre les autorités congolaises et des représentants du M23. Ces discussions avaient abouti à des engagements, notamment sur la facilitation de l’aide humanitaire et la libération de prisonniers. Pourtant, les combats n’ont pas cessé, illustrant la difficulté à stabiliser la région.

L’est de la RDC reste marqué par une crise humanitaire profonde, avec des millions de déplacés et des violations répétées des droits humains. Le M23, accusé de multiples exactions, reste un acteur clé de cette instabilité. Son retrait, même partiel, pourrait ouvrir une brèche pour une reprise des discussions, mais la méfiance persiste de part et d’autre.

« Le M23 s'est retiré de Sange », a déclaré à l’AFP Paul Fikiri Mudeda, responsable administratif de la localité. « Ils ont quitté Kabunambo, Sange, Mutarule et Bwegera », a confirmé le lieutenant Reagan Mbuyi, porte-parole de l’armée congolaise dans la région.

Et maintenant ?

Si ce retrait du M23 pourrait permettre une accalmie temporaire, la situation reste extrêmement volatile dans l’est de la RDC. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la durabilité de ce mouvement et la reprise éventuelle des négociations. La communauté internationale, notamment les États-Unis, devrait maintenir la pression pour éviter une reprise des hostilités. Par ailleurs, la libération des prisonniers et l’accès à l’aide humanitaire, prévus lors des pourparlers d’avril, seront des indicateurs clés de la volonté réelle des parties à avancer vers une solution pacifique.

Reste à voir si ce retrait partiel du M23 sera suivi d’autres gestes de bonne volonté ou s’il s’agira simplement d’une manœuvre tactique. La route vers une stabilisation durable de l’est de la RDC reste semée d’embûches.

Le retrait du M23 de quatre localités au nord d’Uvira intervient après des pressions diplomatiques américaines, notamment un appel au cessez-le-feu lancé le 9 mai 2026. Le groupe armé avait déjà quitté Uvira en janvier 2026 en invoquant une demande américaine, avant de lancer une nouvelle offensive en décembre 2025 malgré un accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si ce retrait partiel du M23 permettra une reprise des négociations. Les engagements pris lors des pourparlers d’avril 2026, notamment la libération de prisonniers et l’accès à l’aide humanitaire, devraient être suivis de près. La communauté internationale, en particulier les États-Unis, pourrait maintenir la pression pour éviter une reprise des combats.