Alors que les épisodes de canicule se multiplient en France, les professionnels de la mer en Bretagne ressentent directement les effets du réchauffement climatique. Selon Ouest France, les mytiliculteurs des baies de la Fresnaye et de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor, voient leur activité perturbée par ces bouleversements environnementaux. Une situation qui les pousse à chercher des solutions, sans toujours parvenir à s’adapter efficacement.
Ce qu'il faut retenir
- Deux baies bretonnes particulièrement touchées : la baie de la Fresnaye et celle de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor.
- Les vagues de chaleur répétées et le changement climatique impactent directement la production de moules.
- Les professionnels tentent de s’adapter, mais peinent à trouver des solutions durables.
Une production menacée par la hausse des températures
Dans les eaux bretonnes, la moule est une ressource historique pour les mytiliculteurs, mais la répétition des vagues de chaleur aggrave la situation. Les épisodes caniculaires, de plus en plus fréquents, perturbent en effet la croissance des moules. Côté baie de la Fresnaye, les professionnels observent depuis plusieurs années une baisse progressive des rendements, tandis que la baie de Saint-Brieuc subit des variations de température difficilement gérables. « On constate une mortalité accrue des naissains », explique un mytiliculteur local sous couvert d’anonymat.
Les conditions météo extrêmes – canicules, tempêtes ou encore acidification des eaux – fragilisent les parcs à moules. Les mytiliculteurs, souvent des petits producteurs, subissent de plein fouet ces aléas climatiques. Selon Ouest France, certains ont vu leur production chuter de **20 à 30 %** en l’espace de cinq ans dans ces secteurs.
Des tentatives d’adaptation, mais des limites persistantes
Face à cette situation, les professionnels explorent différentes pistes pour limiter l’impact du changement climatique. Certains investissent dans des filets d’ombrage pour protéger les moules des rayons du soleil, tandis que d’autres modifient leurs techniques de culture. « On essaie de travailler de nuit pour éviter les heures les plus chaudes », précise un éleveur de la baie de Saint-Brieuc. Pourtant, ces mesures restent insuffisantes pour enrayer la tendance.
Les mytiliculteurs soulignent également le manque de soutien institutionnel pour les aider à franchir ce cap. Les aides financières, lorsqu’elles existent, peinent à répondre à l’ampleur des besoins. « Les subventions ne couvrent même pas 10 % des pertes », regrette un représentant de la filière. Sans solution structurelle, la pérennité de leur activité est menacée.
Un enjeu économique et environnemental
La filière mytilicole bretonne représente un poids économique non négligeable. Avec plus de **3 500 tonnes de moules produites annuellement**, la région est l’un des principaux bassins de production en France. Une baisse durable des rendements pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà des côtes bretonnes, en touchant les emplois et les approvisionnements des marchés nationaux. « Si rien ne change, on risque de voir disparaître une partie de notre patrimoine maritime », s’inquiète un expert du secteur.
Par ailleurs, le réchauffement climatique ne menace pas seulement les moules. Les huîtres et les autres coquillages sont également affectés, ce qui pourrait bouleverser l’équilibre des écosystèmes marins. Les scientifiques appellent à une prise de conscience rapide, car les solutions tardent à venir. « Les solutions existent, mais elles nécessitent une coordination entre les acteurs publics, privés et scientifiques », souligne un chercheur en océanographie.
Une chose est sûre : le défi climatique ne fait que commencer pour les mytiliculteurs bretons. Leur capacité à s’adapter déterminera non seulement leur avenir, mais aussi celui d’un pan entier de l’économie maritime française.
La baisse de production est principalement attribuée aux vagues de chaleur répétées et au réchauffement climatique, qui perturbent la croissance des moules et augmentent leur mortalité, notamment chez les naissains. L’acidification des eaux et les variations brutales de température aggravent également la situation, selon les professionnels interrogés par Ouest France.