Alors que plusieurs villes françaises ont déjà opté pour des mesures restrictives pendant la Coupe du monde de football 2026, Denain, dans le Nord, vient de franchir le pas en instaurant un couvre-feu pour les mineurs. La mesure, entrée en vigueur lundi 29 juin, s’appliquera jusqu’au 1er septembre, comme l’a annoncé Anne-Lise Dufour-Tonini, maire socialiste de la commune, sur Facebook et relayé par Franceinfo – Faits divers, en partenariat avec ICI Nord.
Ces décisions interviennent après des incidents survenus dans la nuit de vendredi à samedi, à la suite du match opposant la France à la Norvège en Coupe du monde. Plusieurs vitrines de commerces ainsi que du mobilier urbain ont été endommagés, motivant la mise en place de sanctions exceptionnelles. « Je veux être très claire : ni les fortes chaleurs de ces derniers jours, ressenties et subies par tout le monde, ni les soirs de match de la Coupe du monde de football, ne sauraient exprimer ou excuser ces comportements qui relèvent d’actes délinquants punis par la loi », a souligné la maire dans son communiqué.
Ce qu'il faut retenir
- Un couvre-feu pour les mineurs à partir de 22h, applicable du 29 juin au 1er septembre 2026 à Denain.
- Des dégâts matériels (vitrines, mobilier urbain) constatés après le match France-Norvège, dans la nuit du 27 au 28 juin.
- Des sanctions complémentaires : exclusion des activités municipales pour les mineurs identifiés comme délinquants et sanctions pour les commerces ayant vendu de l’alcool illégalement.
- La maire met en cause la responsabilité des parents quant à la présence de mineurs dans les rues en pleine nuit.
- Denain rejoint d’autres villes comme Toulouse, Clermont-Ferrand et Moulins ayant instauré des couvre-feux pendant l’événement sportif.
Des débordements liés à un match de Coupe du monde
Les incidents sont survenus dans la nuit suivant la rencontre opposant la France à la Norvège, lors de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026. Selon les premières constatations, des groupes de jeunes mineurs se seraient rendus responsables de dégradations dans le centre-ville de Denain. Les forces de l’ordre sont intervenues pour rétablir l’ordre, mais des dégâts matériels ont été recensés dès le lendemain matin.
Face à cette situation, Anne-Lise Dufour-Tonini a justifié sa décision par la nécessité de protéger les commerces et le mobilier urbain, tout en rappelant le cadre légal : « Ces comportements sont punis par la loi », a-t-elle martelé. Le couvre-feu vise donc à limiter la présence des mineurs dans l’espace public pendant la nuit, période durant laquelle les incidents se sont multipliés.
Des mesures complémentaires pour renforcer la sécurité
Outre le couvre-feu, la municipalité a annoncé d’autres sanctions ciblées. Les mineurs ayant été identifiés comme auteurs ou complices de dégradations se verront interdire l’accès aux activités municipales, comme « Denain Plage », un espace de loisirs estival. Cette mesure s’appliquera dès la prochaine session, selon les informations transmises par la maire.
Côté commerces, ceux ayant contrevenu aux règles en vigueur, notamment la vente d’alcool aux mineurs, pourraient subir des « mesures et sanctions allant jusqu’à la fermeture administrative ». Anne-Lise Dufour-Tonini a également pointé du doigt « la responsabilité des parents », estimant que certains laissaient leurs enfants, âgés parfois de 10 à 15 ans, « livrés à eux-mêmes en pleine nuit ».
« La responsabilité des parents, qui ne se soucient pas que leurs enfants, parfois âgés de 10 à 15 ans, soient dans les rues en pleine nuit, livrés à eux-mêmes, doit être sévèrement mise en cause par les autorités compétentes. »
— Anne-Lise Dufour-Tonini, maire de Denain
Un phénomène qui dépasse Denain
Denain n’est pas la seule ville à avoir pris des mesures restrictives en réaction aux débordements lors d’événements sportifs. Depuis la finale de Ligue des Champions remportée par le PSG le 30 mai dernier, plusieurs municipalités ont instauré des couvre-feux pour les mineurs pendant la durée de la Coupe du monde. Toulouse, Clermont-Ferrand et Moulins ont ainsi emboîté le pas, invoquant une « problématique spécifique aux mineurs » lors des rassemblements festifs.
Cette tendance reflète une volonté des autorités locales d’encadrer les célébrations liées aux matchs, tout en prévenant les risques de dégradations et de conflits avec les forces de l’ordre. Les fortes chaleurs enregistrées ces dernières semaines ajoutent une dimension supplémentaire à la gestion de ces rassemblements, souvent nocturnes et spontanés.
Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein, cette décision interroge sur l’équilibre entre liberté individuelle et sécurité collective. Faut-il systématiser les couvre-feux lors des matchs pour éviter les débordements, ou privilégier une approche préventive et éducative ? La réponse pourrait varier selon les territoires, mais une chose est sûre : la gestion des rassemblements festifs liés au sport continue de susciter des débats.