Selon Euronews FR, les projections les plus alarmistes concernant la hausse des températures d’ici 2100 ont été significativement révisées à la baisse, en raison notamment de la chute des coûts des énergies solaire et éolienne ainsi que des politiques climatiques mises en place à l’échelle mondiale. Autant dire que ces évolutions marquent un tournant dans les scénarios climatiques, même si les conséquences d’un réchauffement de 3,5 °C resteraient catastrophiques.
Ce qu'il faut retenir
- Le scénario le plus pessimiste de réchauffement climatique d’ici 2100 passe de 4,5 °C à 3,5 °C, grâce à la baisse des coûts des énergies renouvelables et aux politiques d’atténuation.
- Les nouveaux modèles, issus du Scenario Model Intercomparison Project (ScenarioMIP), intègrent des données actualisées jusqu’en 2023 et alimenteront les futurs rapports du GIEC.
- L’objectif de l’Accord de Paris (2 °C maximum) reste hors de portée dans les scénarios les plus pessimistes, malgré les avancées récentes.
- Les modèles les plus défavorables supposent un affaiblissement des politiques climatiques et une généralisation des énergies fossiles, avec des conséquences irréversibles sur les écosystèmes.
- Même dans les scénarios optimistes, un dépassement temporaire de 1,5 °C pourrait causer des dommages durables aux récifs coralliens et aux forêts tropicales.
Des scénarios climatiques revus à la lumière des données récentes
Les projections des climatologues concernant la hausse des températures mondiales d’ici la fin du siècle ont été profondément modifiées, indique Euronews FR. Alors qu’un réchauffement de 4,5 °C était encore envisagé il y a quelques années comme un scénario plausible dans le pire des cas, les scientifiques estiment désormais que cette hypothèse n’est plus réaliste. Le seuil supérieur des modèles les plus pessimistes a ainsi été abaissé à 3,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, un ajustement rendu possible par la chute vertigineuse des coûts de l’énergie solaire et éolienne, ainsi que par l’adoption progressive de politiques climatiques ambitieuses.
Ces nouvelles projections proviennent du Scenario Model Intercomparison Project (ScenarioMIP), un programme international dirigé par des climatologues de premier plan. Leurs conclusions, qui s’appuient sur des scénarios alternatifs d’émissions futures et de changements d’utilisation des terres, serviront de base aux futurs rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Selon les experts, ces ajustements reflètent une réalité désormais mieux comprise : la transition énergétique en cours réduit la dépendance aux combustibles fossiles, rendant les scénarios les plus extrêmes moins probables.
Un scénario pessimiste toujours catastrophique, malgré les avancées
Malgré cette révision à la baisse, les conséquences d’un réchauffement de 3,5 °C resteraient dévastatrices pour la planète, souligne l’étude. À titre de comparaison, l’Accord de Paris de 2015 a fixé une limite maximale de 2 °C d’augmentation des températures, un objectif déjà difficile à atteindre. Un réchauffement de 3,5 °C entraînerait des perturbations majeures des écosystèmes, une élévation dangereuse du niveau des mers et des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et intenses.
Pour établir ces projections, les scientifiques ont pris en compte une multitude de paramètres : évolution démographique, consommation énergétique, investissements dans les énergies renouvelables, politiques climatiques et coopération internationale. Les scénarios les plus défavorables, qui décrivent un monde où les politiques d’atténuation sont affaiblies ou abandonnées, reposent sur des hypothèses radicales. Ils supposent notamment une généralisation des énergies fossiles, dépassant les réserves actuellement connues grâce à des technologies d’extraction encore non maîtrisées, ainsi qu’un retour des nationalismes et une absence de coopération mondiale.
Des modèles plus réalistes grâce à des données actualisées
Les nouveaux modèles climatiques intègrent des données bien plus récentes que les précédentes versions, élaborées au milieu des années 2010. Les projections s’appuient désormais sur des observations d’émissions jusqu’en 2023, ce qui permet de mieux comprendre la réaction des systèmes terrestres au réchauffement. Par exemple, les scientifiques ont affiné leurs estimations concernant l’absorption du CO2 par les océans et les forêts, un facteur clé dans l’évolution du climat.
Ces avancées méthodologiques permettent également de mieux évaluer les effets des rétroactions du cycle du carbone, comme la libération de méthane par le dégel du permafrost ou la réduction de la capacité des océans à stocker le CO2. D’autres simulations, intégrant ces nouveaux paramètres, sont prévues pour plus tard dans l’année. Leurs résultats pourraient encore modifier les projections actuelles, même si les tendances générales semblent désormais mieux établies.
Entre optimisme et réalisme : les différents scénarios envisagés
Le rapport explore plusieurs trajectoires possibles, allant des scénarios les plus pessimistes à des projections plus modérées. Dans le cas où les politiques climatiques actuelles restent inchangées, les modèles prévoient une hausse des températures d’environ 2,5 °C d’ici 2100. Si les efforts d’atténuation sont retardés mais que la neutralité carbone est atteinte d’ici la fin du siècle, la hausse pourrait se limiter à 2 °C, un seuil toujours supérieur à l’objectif de l’Accord de Paris.
Les scénarios les plus optimistes, qui supposent un renforcement immédiat et massif des politiques climatiques, permettraient de limiter le réchauffement à 1,5 °C, voire moins. Toutefois, même dans ces cas, un dépassement temporaire de ce seuil semble désormais « inévitable », selon les auteurs de l’étude. Un tel dépassement pourrait causer des dommages irréversibles à des écosystèmes fragiles, comme les récifs coralliens ou les forêts tropicales, dont la capacité de résilience est limitée.
« Même les scénarios de faibles émissions pourraient figer des évolutions catastrophiques du niveau de la mer et des calottes glaciaires, irréversibles à l’échelle des temps humains. »
En attendant, les scientifiques appellent à une accélération des efforts pour atteindre la neutralité carbone, sans quoi les scénarios les plus optimistes resteront hors de portée. Les prochaines années seront donc déterminantes pour savoir si le monde parvient à éviter les pires conséquences du réchauffement climatique.
Les projections ont été ajustées en raison de la chute des coûts des énergies solaire et éolienne, ainsi que de la mise en place progressive de politiques climatiques ambitieuses à l’échelle mondiale. Ces facteurs rendent les scénarios les plus pessimistes, comme un réchauffement de 4,5 °C, moins probables.
D’autres simulations, intégrant les rétroactions du cycle du carbone, sont prévues avant la fin de l’année. Leurs résultats pourraient apporter des précisions sur l’impact réel des politiques climatiques actuelles et des écosystèmes terrestres.