À partir du lundi 16 juin 2026, les médicaments antiobésité Wegovy et Mounjaro seront partiellement remboursés par l’Assurance-maladie en France. Selon Le Monde, la prise en charge sera fixée à 65 % pour deux catégories de patients : ceux atteints d’obésité massive sans comorbidité et ceux souffrant d’obésité sévère avec comorbidité.

Cette mesure, qui entrera en vigueur dès la semaine prochaine, s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre l’obésité, un enjeu de santé publique majeur en France. Jusqu’à présent, ces traitements, bien que disponibles, n’étaient pas couverts par l’Assurance-maladie, limitant leur accessibilité pour de nombreux patients. Désormais, leur remboursement partiel devrait faciliter leur utilisation pour les personnes éligibles, sous conditions strictes.

Ce qu'il faut retenir

  • Prise en charge à 65 % pour les médicaments Wegovy et Mounjaro à partir du 16 juin 2026.
  • Remboursement réservé aux patients atteints d’obésité massive sans comorbidité ou d’obésité sévère avec comorbidité.
  • Seuls les médecins spécialisés pourront établir la première prescription.
  • Ces traitements sont déjà approuvés en France, mais leur coût constituait un frein pour de nombreux patients.
  • La mesure s’ajoute aux dispositifs existants de prise en charge des troubles liés au surpoids.

Des critères stricts pour une prescription encadrée

Le remboursement ne concernera pas l’ensemble des patients obèses, mais uniquement ceux répondant à des critères médicaux précis. Selon Le Monde, l’obésité massive est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40, tandis que l’obésité sévère avec comorbidité correspond à un IMC compris entre 35 et 40, associé à des complications comme le diabète de type 2 ou des maladies cardiovasculaires. Les comorbidités devront être attestées par un bilan médical complet.

Autre condition imposée : la prescription initiale ne pourra être établie que par un médecin spécialisé – endocrinologue, nutritionniste ou médecin hospitalier. Cette restriction vise à garantir que le traitement soit adapté aux besoins réels des patients et utilisé dans un cadre thérapeutique rigoureux. « Cette mesure permettra d’éviter les prescriptions abusives et de cibler les patients pour qui ces médicaments sont médicalement justifiés », a précisé un porte-parole de la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam).

Un coût élevé, justifié par des bénéfices cliniques

Les médicaments Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) agissent en régulant l’appétit et en améliorant la sensibilité à l’insuline. Leur efficacité dans la perte de poids et la gestion des troubles métaboliques a été démontrée lors d’essais cliniques, justifiant leur inclusion dans l’arsenal thérapeutique contre l’obésité. Cependant, leur prix de vente en France – entre 150 et 200 euros par mois selon les dosages – en faisait jusqu’ici un obstacle pour de nombreux patients.

Le remboursement à 65 % réduira significativement ce coût pour les assurés éligibles, qui devront s’acquitter d’un reste à charge estimé entre 50 et 70 euros par mois. « Cela reste un investissement important pour les patients, mais c’est un pas en avant pour rendre ces traitements accessibles à ceux qui en ont le plus besoin », a souligné le professeur Jean-Michel Oppert, spécialiste en nutrition à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Et maintenant ?

La mise en place de ce remboursement pourrait entraîner une hausse des prescriptions dans les semaines à venir, notamment parmi les patients éligibles qui avaient jusqu’ici renoncé à ces traitements en raison de leur coût. Les autorités sanitaires devraient suivre de près l’évolution des demandes et évaluer l’impact de cette mesure sur la prise en charge globale de l’obésité en France. Une révision des critères de remboursement pourrait être envisagée d’ici 12 à 18 mois, en fonction des retours des professionnels de santé et des données disponibles sur l’efficacité du dispositif.

Cette avancée s’inscrit dans un contexte où les troubles liés au surpoids et à l’obésité représentent un défi croissant pour le système de santé. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 40 % des adultes en France sont en situation de surpoids ou d’obésité, avec des conséquences majeures sur les dépenses de santé et la qualité de vie des patients.

Pour les patients concernés, cette mesure ouvre une nouvelle perspective thérapeutique. Reste à voir comment les professionnels de santé s’empareront de ce dispositif et dans quelle mesure il contribuera à améliorer la prise en charge de l’obésité en France.

Les médicaments Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) seront remboursés à 65 % à partir du 16 juin 2026 pour les patients éligibles.

Les patients atteints d’obésité massive (IMC > 40) sans comorbidité ou d’obésité sévère (IMC entre 35 et 40) avec des complications comme le diabète de type 2 ou des maladies cardiovasculaires peuvent en bénéficier.