Avec un chiffre d’affaires en hausse de 7,3 % au premier trimestre 2026 – soit 8,8 % à taux de change constants –, Renault confirme la réussite de sa transformation entamée avec le plan Renaulution. Selon Capital, cette performance dépasse largement les attentes des analystes, dans un marché automobile européen toujours marqué par des difficultés structurelles.
Ce qu'il faut retenir
- Le chiffre d’affaires de Renault progresse de 7,3 % au T1 2026, contre une baisse des volumes de 3,3 %.
- Les véhicules électrifiés représentent désormais plus de 52 % des ventes européennes.
- La marge opérationnelle visée pour 2026 est de 5,5 %, avec un free cash-flow automobile proche de 1 milliard d’euros.
- La valorisation boursière de Renault s’établit à 4,3 fois les bénéfices attendus, contre une moyenne sectorielle de 13 fois.
- Un programme de rachat d’actions de 1,36 million de titres a été annoncé le 15 mai 2026.
- L’objectif de cours moyen des analystes s’élève à 38,2 euros, soit un potentiel de hausse de 35 %.
Une croissance portée par la rentabilité, et non par les volumes
Renault a choisi de privilégier une stratégie de rentabilité plutôt que de volumes, une approche qui porte ses fruits en 2026. Malgré un recul de 3,3 % des volumes vendus, le constructeur affiche une progression de son chiffre d’affaires de 7,3 %. « Le groupe parvient à dépasser les attentes grâce à une stratégie centrée sur la rentabilité », explique Andrea Tueni, responsable sales trading chez Saxo Banque, interrogé par Capital.
Cette performance s’explique par un mix produit favorable, notamment grâce aux modèles haut de gamme comme le Rafale, l’Espace et le Scenic E-Tech. Les partenariats industriels avec Nissan et Geely jouent également un rôle clé dans cette dynamique. Côté Europe, Renault gagne du terrain sur le segment des véhicules utilitaires, tandis que la marque Alpine affiche une croissance de près de 55 %.
L’électrification au cœur de la stratégie, malgré des défis persistants
L’électrification reste un pilier central de la stratégie de Renault. Au premier trimestre 2026, les véhicules électrifiés représentent plus de 52 % des ventes en Europe, un chiffre en forte progression. Le succès de la Renault 5 E-Tech et la demande soutenue pour les motorisations hybrides y contribuent largement. « L’électrification des véhicules de Renault continue de monter en puissance », souligne Andrea Tueni.
Pour autant, le constructeur n’est pas à l’abri des défis du secteur. Les tensions géopolitiques, l’inflation des matières premières et la pression concurrentielle des constructeurs chinois sur le marché de l’électrique pourraient peser sur les marges. « Ces éléments pourraient continuer de peser sur les marges du secteur automobile européen », met en garde l’expert de Saxo Banque.
Une valorisation boursière attractive, soutenue par un programme de rachat d’actions
Sur le plan boursier, Renault se distingue par une valorisation attractive. L’action s’échange actuellement autour de 4,3 fois les bénéfices attendus pour 2026, contre une moyenne sectorielle de 13 fois. Le rendement du dividende atteint 7,5 %, un niveau qui attire les investisseurs. « Le récent programme de rachat d’actions de 1,36 million de titres, annoncé le 15 mai 2026, constitue également un signal de confiance du management », précise Andrea Tueni.
Selon le consensus LSEG, l’objectif de cours moyen des analystes financiers s’élève à 38,2 euros, soit un potentiel de hausse d’environ 35 % par rapport au cours actuel. Cette valorisation reflète la confiance dans la capacité de Renault à transformer son avance technologique et sa discipline financière en une revalorisation durable de son action.
Des objectifs financiers confirmés pour 2026
Renault a réaffirmé ses objectifs pour l’année en cours. La marge opérationnelle devrait s’établir autour de 5,5 %, tandis que le free cash-flow automobile est visé à 1 milliard d’euros. Ces chiffres illustrent la volonté du groupe de concilier croissance et rentabilité, même dans un contexte économique incertain.
Côté produits, le constructeur mise sur sa gamme électrifiée pour maintenir cette dynamique. La Renault 5 E-Tech et les modèles hybrides restent les fers de lance de cette stratégie. Quant à la marque Dacia, son recul temporaire lié à des perturbations logistiques devrait être compensé dès le deuxième trimestre, grâce à un carnet de commandes toujours élevé.
En conclusion, Renault apparaît aujourd’hui comme un constructeur « profondément réinventé », plus discipliné et mieux positionné technologiquement. Si les risques sectoriels restent élevés, la combinaison d’une exécution solide, d’une valorisation attractive et d’un potentiel de revalorisation fait de l’action Renault une valeur de plus en plus difficile à ignorer pour les investisseurs, selon Andrea Tueni.
L’objectif de cours moyen des analystes s’élève à 38,2 euros, ce qui représente un potentiel de hausse d’environ 35 % par rapport au cours actuel de l’action Renault.
Renault reste exposé à plusieurs risques majeurs : les tensions géopolitiques, l’inflation des matières premières, la pression concurrentielle des constructeurs chinois sur le marché de l’électrique, ainsi que la volatilité des devises émergentes.