Le titre The Magnum Ice Cream Company (TMICC), propriétaire des marques Magnum, Ben & Jerry's ou encore Carte d'Or, a connu une progression record de 12,7 % à la Bourse d'Amsterdam ce vendredi 15 mai 2026, selon BFM Bourse. Cette hausse spectaculaire intervient dans un contexte de rumeurs persistantes concernant une possible offre publique d'achat portée par les fonds d'investissement Blackstone et CD&R.

Ce qu'il faut retenir

  • Le titre The Magnum Ice Cream Company a bondi de 12,7 % à Amsterdam, avec un pic à 18,7 % en séance, après des rumeurs de rachat par Blackstone et CD&R.
  • Cette performance intervient six mois seulement après son introduction en Bourse, valorisée alors à 7,8 milliards d'euros.
  • Les deux fonds attendent la publication des résultats estivaux de TMICC avant de se prononcer, selon des sources citées par Reuters.
  • Le groupe, récemment indépendant d'Unilever, subit la baisse de la consommation de crèmes glacées en Europe et aux États-Unis, accélérée par l'essor des médicaments anti-obésité.
  • Une enquête UBS révèle que 60 % des utilisateurs de GLP-1 réduisent leur consommation de glaces, un phénomène particulièrement marqué aux États-Unis.

Une introduction en Bourse mouvementée

L'introduction en Bourse de The Magnum Ice Cream Company en novembre 2025 avait été marquée par une volatilité importante. Le titre, coté à Amsterdam, mais aussi à New York et à Londres, avait enregistré une chute brutale en février 2026 après la publication de résultats inférieurs aux attentes. Cette déception avait alors alimenté les craintes d'un impact durable des nouvelles tendances de consommation sur le secteur des glaces, selon BFM Bourse.

Cette fois, la tendance s'inverse. Le titre, qui évoluait juste au-dessus de son prix d'introduction de 12,80 euros à la clôture du 14 mai, a connu une progression sans précédent depuis son entrée en Bourse. La hausse de 12,7 % en une seule séance dépasse largement les +59,98 % enregistrés par le CAC 40 sur la même période, soulignant l'ampleur de la réaction du marché.

Un secteur sous pression, des rachats en perspective

Le rebond de TMICC survient alors que le marché des glaces traverse une période difficile. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D'abord, une baisse structurelle de la consommation de crèmes glacées en Europe et aux États-Unis, comme le rappelle une note d'UBS publiée en novembre 2025. Aux États-Unis, en Allemagne, en France et même au Royaume-Uni — où la croissance avait repris en 2025 —, la tendance reste orientée à la baisse. « Une plus grande exposition au marché américain, où les médicaments GLP-1 ont le taux d'adoption le plus élevé, expose les entreprises à un risque plus important », avait alors souligné le bureau d'études.

Les médicaments anti-obésité, notamment ceux de Novo Nordisk et Eli Lilly, jouent un rôle clé dans ce changement de comportement. Ces traitements, qui agissent sur la satiété, réduisent significativement l'appétence pour les produits sucrés. Une enquête d'UBS Evidence Lab, menée auprès de 500 utilisateurs de GLP-1 aux États-Unis, révèle que 60 % d'entre eux ont diminué leur consommation de crème glacée depuis le début de leur traitement. « Les patients diabétiques et non diabétiques interrogés ont tous signalé une baisse de leur envie de sucre », précise l'étude.

Face à ces défis, le secteur attire l'attention des fonds d'investissement. Les rumeurs de rachat de TMICC par Blackstone et CD&R s'inscrivent dans une logique de consolidation. Selon des sources citées par Reuters et rapportées par BFM Bourse, les deux fonds suivent de près l'évolution du titre avant de prendre une décision. D'autres acteurs du capital-investissement pourraient également se positionner, bien que les noms n'aient pas été divulgués.

Un actionnariat encore marqué par Unilever

Malgré son indépendance récente, The Magnum Ice Cream Company conserve un lien avec son ancien propriétaire. En décembre 2025, Unilever avait cédé une partie de ses actions, mais conserve toujours une participation minoritaire de moins de 20 %. Cette présence résiduelle pourrait influencer les négociations en cours, sans que le groupe néerlandais n'ait pour l'instant réagi aux rumeurs, tout comme TMICC, Blackstone et CD&R.

Les discussions entre les fonds d'investissement et TMICC en sont encore à un stade préliminaire. Les deux parties attendent notamment la publication des résultats de la période estivale, cruciale pour le chiffre d'affaires du groupe. « Les prétendants surveillent de près l'évolution du titre avant d'agir », indique une source anonyme à Reuters. Une prudence qui reflète l'incertitude persistante sur l'avenir du marché des glaces, mais aussi la confiance des investisseurs dans le potentiel de TMICC à moyen terme.

Un pari sur la résilience du marché

Malgré les défis structurels, certains analystes estiment que le rachat de TMICC par un fonds d'investissement pourrait permettre de restructurer le groupe et de mieux adapter son offre aux nouvelles attentes des consommateurs. « Le secteur des glaces est en mutation, mais il reste porteur pour les acteurs capables de se réinventer », confie un observateur du marché.

Cette opération, si elle se concrétise, pourrait aussi servir de levier pour accélérer l'innovation et développer des gammes moins sucrées ou à base d'ingrédients plus sains. Une stratégie déjà adoptée par certains concurrents, comme Ben & Jerry's, qui mise sur des recettes alternatives et des emballages écoresponsables.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s'annoncent décisives. La publication des résultats estivaux de The Magnum Ice Cream Company, attendue d'ici la fin juin 2026, pourrait donner un premier aperçu de l'impact réel des médicaments anti-obésité sur ses ventes. Si les chiffres confirment une baisse structurelle, les fonds d'investissement pourraient hésiter à s'engager. À l'inverse, une stabilisation ou une reprise de la demande pourrait renforcer l'attractivité de TMICC. En attendant, le titre reste sous haute surveillance, avec une possible volatilité accrue en cas de nouvelles rumeurs ou d'annonces officielles.

Une chose est sûre : l'avenir de TMICC dépendra autant de la capacité des fonds à parier sur sa résilience que de l'évolution des habitudes alimentaires des consommateurs. Un pari risqué, mais qui pourrait s'avérer payant pour les investisseurs les plus audacieux.

Les médicaments de type GLP-1, utilisés notamment pour traiter le diabète de type 2 et l'obésité, agissent sur la satiété en ralentissant la vidange gastrique. Ils réduisent ainsi les fringales et l'envie de sucreries, ce qui inclut naturellement les crèmes glacées. Selon une étude d'UBS Evidence Lab, 60 % des utilisateurs de ces traitements aux États-Unis ont déclaré diminuer leur consommation de glaces.

TMICC doit publier ses résultats pour la période estivale, un moment clé pour le secteur. Les fonds d'investissement comme Blackstone et CD&R attendent ces données avant de se prononcer sur une éventuelle offre. Parallèlement, le groupe pourrait accélérer le développement de produits moins sucrés ou innovants pour s'adapter aux nouvelles attentes des consommateurs.