Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a assuré ce jeudi 9 juillet 2026 que la rentrée scolaire 2026 disposera d’un nombre suffisant d’enseignants, grâce à 24 000 admis aux concours enseignants. Ce chiffre marque une progression significative par rapport aux 16 000 admis l’an dernier, selon Le Figaro. La réforme du système de recrutement, qui a abaissé le niveau requis pour se présenter aux concours de bac+5 à bac+3, a permis d’élargir le vivier de candidats. Pourtant, le ministre a nuancé son propos en reconnaissant que le défi de l’absentéisme et des remplacements rapides reste entier.
Ce qu'il faut retenir
- 24 000 admis aux concours enseignants pour 2026, contre 16 000 en 2025, selon Le Figaro.
- Le concours a été avancé à la fin de la licence (bac+3), contre un niveau master (bac+5) auparavant.
- Une double session a été organisée en 2026 pour assurer une transition progressive avant la disparition du concours à bac+5 en 2028.
- 40 % de places supplémentaires ont été ouvertes en 2026, avec un taux de réussite en hausse, entraînant 49 % de recrutements en plus.
- Les académies de Créteil et Mayotte, historiquement en tension, sont cette année intégralement pourvues.
Une réforme des concours pour répondre à la pénurie d’enseignants
Depuis plusieurs années, le ministère de l’Éducation nationale fait face à une crise récurrente du recrutement des professeurs, avec des milliers de postes non pourvus chaque année. En 2025, plus de 2 600 postes sont restés vacants, d’après les données compilées par l’AFP. Pour inverser la tendance, Édouard Geffray a engagé une réforme des concours enseignants, en abaissant le niveau d’accès de bac+5 à bac+3 dès cette année. Le concours a été avancé à la fin de la licence, permettant à un plus grand nombre de candidats de se présenter. « Il y a eu 24 000 admis contre 16 000 l’année dernière », s’est félicité le ministre lors de son intervention sur RMC.
Cette réforme s’accompagne d’une double session en 2026 : les nouveaux concours à bac+3 ont coexisté avec les anciens concours à bac+5. Ce dispositif transitoire doit durer jusqu’en 2027, avant la disparition définitive du concours à bac+5 en 2028. Les admis intégreront dès septembre un Master enseignement et éducation (M2E), une formation professionnalisante de deux ans, rémunérée. Édouard Geffray a souligné que « on avait 40 % de places en plus, on a eu 49 % de recrutements en plus » par rapport à l’an dernier, un écart expliqué par l’augmentation du taux de réussite.
Des académies en tension enfin pourvues
Parmi les zones historiquement touchées par la pénurie d’enseignants, les académies de Créteil et Mayotte figuraient parmi les plus concernées. Cette année, le ministre a indiqué qu’elles étaient « intégralement pourvues ». Une avancée saluée, même si Édouard Geffray a tenu à préciser que « globalement les moyennes obtenues dans toutes les épreuves ont augmenté », rejetant ainsi l’idée que le concours ait été « bradé ». Il a ajouté que « les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac », réaffirmant ainsi l’exigence attendue des futurs enseignants.
Malgré ces progrès, le ministre a rappelé que le défi de l’absentéisme et des remplacements rapides persistait. « Après ça, c’est toujours pareil : garantir que tel ou tel professeur n’est pas absent, et bien remplacé dans les deux heures, ce serait mentir que de le dire », a-t-il concédé. La question des remplacements reste donc un point de vigilance majeur pour les mois à venir.
Un vivier élargi, mais des défis persistants
La réforme des concours a permis d’augmenter significativement le nombre d’admis, mais elle ne résout pas tous les problèmes structurels du système éducatif. Le passage de bac+5 à bac+3 a été critiqué par certains syndicats, qui y voient une baisse de niveau. Cependant, Édouard Geffray a défendu cette mesure en insistant sur le fait que « les moyennes obtenues dans toutes les épreuves ont augmenté ». Il a également rappelé que la formation des futurs enseignants, désormais intégrée dans un parcours professionnalisant rémunéré, vise à garantir la qualité des candidats.
Pour autant, la question de la rétention des enseignants dans le métier reste entière. Les conditions de travail, les salaires et les perspectives d’évolution sont autant de facteurs qui influencent la motivation des professeurs. Le ministère devra donc poursuivre ses efforts pour améliorer l’attractivité du métier, notamment dans les académies les plus difficiles.
Par ailleurs, la question des conditions de travail des enseignants, souvent pointée du doigt par les syndicats, devrait revenir sur le devant de la scène. Le gouvernement pourrait être amené à proposer des mesures complémentaires pour améliorer la qualité de vie au travail et réduire l’absentéisme.
Un système en mutation, entre réformes et défis structurels
La rentrée 2026 s’inscrit dans un contexte de profonde mutation pour l’Éducation nationale. La réforme des concours enseignants, bien que saluée pour son ambition, ne suffira pas à elle seule à résoudre la crise du recrutement. Elle devra s’accompagner d’autres mesures, comme l’amélioration des conditions de travail ou la revalorisation salariale, pour rendre le métier plus attractif.
Le gouvernement mise sur cette réforme pour stabiliser les effectifs et améliorer la qualité de l’enseignement. Cependant, le succès de cette politique dépendra en grande partie de sa capacité à convaincre les futurs enseignants de s’engager durablement dans la profession. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de ces changements.
Le ministère de l’Éducation nationale a abaissé le niveau d’accès aux concours enseignants pour élargir le vivier de candidats et répondre à la pénurie chronique d’enseignants. En permettant aux étudiants en fin de licence de se présenter, l’objectif est d’augmenter le nombre d’admis et de combler les postes vacants, notamment dans les académies en tension comme Créteil ou Mayotte.
La réforme prévoit une double session en 2027, avec la coexistence des concours à bac+3 et bac+5. Le concours à bac+5 sera définitivement supprimé en 2028, laissant place à un système entièrement centré sur le niveau bac+3. Les admis intégreront alors le Master enseignement et éducation (M2E), une formation professionnalisante de deux ans rémunérée.