L’acteur oscarisé Robert De Niro, âgé de 82 ans, a marqué l’actualité politique américaine en reprenant à son compte une réplique culte du film Midnight Run (1988) pour répondre aux déclarations de Donald Trump, lors d’un événement organisé à New York hier soir. Selon Euronews FR, cette intervention s’inscrivait dans le cadre d’une soirée baptisée « Rise Up », conçue comme une contre-programmation aux célébrations des 80 ans du milliardaire, marquées notamment par un combat en cage.

L’événement, dédié à la défense du Premier amendement, a offert à De Niro l’occasion de s’exprimer publiquement contre Trump. L’acteur, connu pour son engagement politique, a réaffirmé son attachement absolu à la liberté d’expression, y compris pour contester des propos qu’il juge inacceptables. « Je suis quasiment un absolutiste de la liberté d’expression, a-t-il déclaré. Même pour des propos que je n’aime pas — et il y en a beaucoup en ce moment —, j’use de ma propre liberté d’expression pour répondre. »

Ce qu'il faut retenir

  • Robert De Niro, 82 ans, a utilisé une réplique du film Midnight Run (1988) pour répondre à des déclarations de Donald Trump lors d’un événement « Rise Up » à New York, mardi 14 juin 2026.
  • L’acteur a expliqué son approche de la liberté d’expression, affirmant répondre systématiquement aux propos qu’il juge inacceptables.
  • De Niro a cité deux déclarations récentes de Trump — sur l’absence de préoccupation pour la situation financière des Américains et son « amour » pour l’inflation — avant de lancer un « Shut the fuck up » repris en chœur par le public.
  • Il a également critiqué le patriotisme américain actuel, le comparant à une relation abusive, et a rejeté l’idée d’aimer un pays dirigé selon lui par un « tyran raciste, misogyne et xénophobe ».
  • Cette intervention s’ajoute à une longue série de prises de position publiques de De Niro contre Trump, tandis que ce dernier a récemment qualifié l’acteur de « malade » et de « déséquilibré ».

Une réplique de cinéma pour clore les propos de Trump

Robert De Niro a illustré sa méthode de réponse en citant deux exemples précis de déclarations récentes de Donald Trump. Le premier concerne les propos tenus il y a quelques jours par le milliardaire sur la situation économique des Américains : « Je ne pense pas à la situation financière des Américains, pas le moins du monde ». Face à cette affirmation, De Niro a rétorqué par une réplique devenue iconique du cinéma : « Shut the fuck up ».

Cette phrase, extraite de Midnight Run, rappelle une scène où le personnage interprété par De Niro, Jack Walsh, lance à son interlocuteur : « Voilà deux mots pour toi : “Shut the fuck up” ». Le public présent lors de l’événement a immédiatement reconnu la référence et repris en chœur la réplique. Un second exemple a été évoqué : mercredi dernier, Trump avait déclaré publiquement « J’adore l’inflation ». À ces mots, la foule a de nouveau scandé les quatre mots de De Niro, transformant la soirée en un moment de protestation collective.

Une critique acerbe du patriotisme et du leadership de Trump

Au-delà de la provocation cinématographique, Robert De Niro a livré une charge virulente contre la direction actuelle des États-Unis. Il a établi un parallèle troublant entre l’amour du pays et une relation toxique : « Aimer notre pays commence à ressembler à un conjoint battu qui affirme aimer son bourreau », a-t-il souligné. L’acteur a enchaîné avec une liste de griefs, accusant les États-Unis de déclencher des « guerres stupides et inhumaines », causant la mort de milliers d’innocents et la souffrance de millions d’autres.

Il a également dénoncé l’utilisation des fonds publics à des fins d’enrichissement personnel, évoquant une « classe Trump-Epstein » — en référence aux liens controversés entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, l’homme d’affaires condamné pour trafic sexuel. De Niro a aussi critiqué les violences policières et les pratiques de séparation des familles aux frontières, avant de conclure par une déclaration sans ambiguïté : « Je ne peux pas aimer un pays dirigé par un tyran raciste, misogyne et xénophobe. Et je vais le dire clairement : je ne peux pas aimer un pays dirigé par Donald Trump et par un Congrès de courtisans serviles. »

Pour l’acteur, cette prise de position s’inscrit dans un combat plus large : « Je veux pouvoir aimer mon pays à nouveau. Je veux reprendre mon pays. »

Des tensions récurrentes entre De Niro et Trump

Cette intervention n’est pas un cas isolé. Robert De Niro et Donald Trump s’affrontent régulièrement sur la scène publique depuis des années. Selon Euronews FR, les tensions ont pris un nouveau tournant en début d’année, lorsque Trump a exigé l’expulsion de plusieurs de ses opposants politiques, dont les représentantes démocrates Ilhan Omar et Rashida Tlaib, ainsi que l’acteur. Dans un message publié sur son réseau social, il avait qualifié De Niro de « malade, déséquilibré, doté d’un QI extrêmement bas », ajoutant que certaines de ses déclarations étaient « gravement criminelles ».

Trump avait poursuivi en traitant De Niro de « Trump Deranged » — un jeu de mots mêlant le nom de l’acteur et l’anglais « deranged » (dérangé) — et en le comparant à l’humoriste Rosie O’Donnell, qu’il avait également qualifiée de « folle ». Cette dernière, après avoir quitté les États-Unis pour s’installer en Irlande, avait elle-même été menacée par Trump l’an dernier d’une perte de sa citoyenneté américaine, en dépit d’un arrêt de la Cour suprême interdisant cette pratique. De son côté, De Niro a confirmé à plusieurs reprises son opposition farouche aux politiques de Trump, notamment lors d’événements militants ou de cérémonies comme les Oscars.

Et maintenant ?

Cette nouvelle sortie de Robert De Niro pourrait relancer les débats sur la liberté d’expression et les limites du discours politique aux États-Unis, dans un contexte électoral tendu. Les prochains mois devraient voir s’intensifier les tensions entre les partisans et les détracteurs de Donald Trump, notamment à l’approche des élections de mi-mandat. Reste à voir si cette réplique cinématographique marquera les esprits ou sera rapidement éclipsée par d’autres polémiques.

Pour rappel, le discours complet de Robert De Niro est disponible en ligne, notamment à partir de la 1 h 44 min 45 s de l’enregistrement vidéo de l’événement « Rise Up ».

L’acteur a expliqué que cette réplique, tirée de la comédie Midnight Run (1988) où son personnage, Jack Walsh, impose le silence à son interlocuteur, lui permettait de répondre de manière percutante aux déclarations qu’il jugeait inacceptables de la part de Donald Trump. Le public a immédiatement reconnu la référence et repris en chœur la phrase, transformant la réponse de De Niro en un moment de protestation collective.

Aucune réaction officielle de la part de Donald Trump n’a été rapportée à ce stade. Cependant, cette prise de position de De Niro pourrait alimenter les tensions dans le débat public américain, d’autant plus que les prochaines élections de mi-mandat aux États-Unis sont prévues en novembre 2026. Les observateurs s’attendent à ce que les échanges entre figures politiques et personnalités culturelles s’intensifient dans les semaines à venir.