Une semaine après l’annulation de son non-lieu par la Cour d’appel, Agathe Habyarimana, ancienne Première dame du Rwanda, a décidé de se pourvoir en cassation. Son avocat a annoncé cette décision ce mercredi 13 mai 2026, selon RFI. La procédure, qualifiée de « aussi peu surprenante que vouée à l’échec » par certaines parties civiles, s’inscrit dans le cadre du dossier judiciaire lié au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.

Cette affaire, qui a déjà connu plusieurs rebondissements, concerne les allégations impliquant Agathe Habyarimana dans la préparation et l’organisation du génocide. En 2021, un non-lieu lui avait été accordé, mais la Cour d’appel de Paris a statué début mai 2026 pour annuler cette décision. La procédure en cassation est donc la prochaine étape pour l’ancienne Première dame, bien que certains observateurs doutent de son issue.

Ce qu'il faut retenir

  • Agathe Habyarimana a annoncé un recours en cassation contre l’annulation de son non-lieu, décidée par la Cour d’appel de Paris début mai 2026, selon RFI.
  • Cette décision intervient une semaine après l’annulation du non-lieu en sa faveur, qui datait de 2021.
  • L’affaire concerne son implication présumée dans le génocide des Tutsi au Rwanda, perpétré en 1994.
  • Certaines parties civiles estiment que ce recours en cassation est « aussi peu surprenant que voué à l’échec ».

Un non-lieu annulé et un recours en cassation immédiat

Le 6 mai 2026, la Cour d’appel de Paris a rendu un arrêt historique en annulant le non-lieu dont bénéficiait Agathe Habyarimana depuis 2021. Cette décision a relancé l’enquête sur son rôle présumé dans le génocide rwandais. Dès le 13 mai, son avocat a confirmé à RFI qu’elle ferait appel de cette annulation devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction française.

Cette procédure en cassation, bien que technique, pourrait permettre de clarifier définitivement le statut juridique de l’ancienne Première dame. Cependant, les parties civiles, notamment les associations de victimes, restent sceptiques quant aux chances de succès de ce recours. « C’est une procédure aussi peu surprenante que vouée à l’échec », a déclaré l’une d’elles à RFI.

Le contexte historique et judiciaire d’une affaire complexe

Agathe Habyarimana, épouse de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, dont l’assassinat le 6 avril 1994 a servi de déclencheur au génocide, est visée par des accusations de complicité dans la préparation du massacre. Le génocide des Tutsi au Rwanda a fait environ 800 000 morts en cent jours, selon les estimations de l’ONU.

Depuis des années, la justice française examine les responsabilités de plusieurs personnalités rwandaises exilées en France, dont Agathe Habyarimana. Son non-lieu initial en 2021 avait suscité de vives critiques parmi les associations de victimes, qui dénonçaient un manque de diligence dans le traitement du dossier. L’annulation de cette décision en mai 2026 marque donc une étape importante, même si son recours en cassation pourrait prolonger encore les débats.

Et maintenant ?

La Cour de cassation devra désormais examiner le pourvoi déposé par la défense d’Agathe Habyarimana. Si elle donne raison à la requérante, l’affaire pourrait être renvoyée devant une nouvelle juridiction. Dans le cas contraire, le non-lieu serait définitivement confirmé, clôturant ainsi le volet judiciaire français de cette affaire. La date d’audience n’a pas encore été communiquée, mais les observateurs s’attendent à une procédure longue et technique.

En attendant, les associations de victimes continuent de suivre de près l’évolution de ce dossier, qui reste emblématique des efforts internationaux pour juger les responsables du génocide rwandais.

La Cour d’appel de Paris a estimé que les éléments à charge justifiaient une réouverture de l’enquête. Selon RFI, elle a considéré que les charges contre Agathe Habyarimana méritaient d’être examinées plus en profondeur, notamment en raison de nouveaux témoignages et preuves présentés depuis 2021.