Depuis quelques jours, la compagnie aérienne Ryanair fait l’objet d’une enquête de l’Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA). Selon Capital, cette dernière suspecte la low cost irlandaise de facturer des frais supplémentaires aux parents souhaitant voyager à côté de leurs enfants, y compris ceux en situation de handicap. Une pratique qui pourrait, selon l’autorité, constituer une clause contractuelle injuste au regard du droit de la consommation.
Ce qu'il faut retenir
- L’Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) enquête sur Ryanair pour des frais facturés aux parents accompagnant leurs enfants en vol.
- La CMA avance que Ryanair impose un supplément d’environ 9,30 euros (8 livres sterling) par vol pour garantir qu’un parent soit assis à côté de son enfant.
- Ryanair affirme de son côté ne prélever aucun frais supplémentaire pour cette raison et qualifie l’enquête de « fallacieuse ».
- La CMA examine si cette pratique est conforme au droit de la consommation, notamment depuis une réforme de 2025 imposant une transparence accrue sur les coûts.
- La compagnie irlandaise est la seule à appliquer cette règle au départ du Royaume-Uni, selon l’autorité.
Cette affaire prend de l’ampleur alors que le trafic aérien britannique reste sous haute surveillance en matière de protection des consommateurs. La CMA a d’ailleurs rappelé que depuis 2025, les entreprises sont tenues de communiquer le prix total incluant tous les frais dès l’affichage des tarifs, une mesure destinée à éviter les mauvaises surprises pour les voyageurs. « Notre enquête examinera l’approche de Ryanair en matière de réservation de sièges pour les familles et la manière dont le coût est présenté aux consommateurs afin de déterminer s’ils se conforment au droit de la consommation », a indiqué la directrice de la protection des consommateurs de la CMA auprès du Guardian.
Les conditions générales de Ryanair stipulent en effet que « au moins un parent doit être présent avec ses enfants, y compris ceux en situation de handicap », et que cette présence s’accompagne d’un coût. Pourtant, la majorité des grandes compagnies aériennes proposent désormais une solution alternative : soit un placement automatique des enfants à côté de leur tuteur légal sans frais, soit une attribution automatique de sièges au moment de la réservation. Une pratique bien différente de celle de Ryanair, qui se retrouve ainsi isolée sur ce point.
Des frais contestés par Ryanair, qui rejette les accusations
Face aux critiques, Ryanair a réagi avec fermeté. Dans un communiqué, la compagnie a qualifié l’enquête de « fallacieuse » et s’est dite « impatiente de réfuter ces fausses allégations de la CMA ». Ryanair insiste sur le fait qu’elle ne facture aucun supplément pour permettre à un parent d’être assis à côté de son enfant ou d’un autre adulte accompagnateur. Sur son site internet, la low cost précise même que « pour les réservations familiales, les enfants (entre 2 et 11 ans) bénéficient d’un siège réservé gratuit afin de pouvoir s’asseoir à côté d’un parent ». La compagnie ajoute qu’« lorsqu’un adulte achète un siège réservé, il peut sélectionner gratuitement jusqu’à 4 sièges enfants à ses côtés ».
Ryanair ne se contente pas de répondre aux accusations. Elle en profite pour critiquer le gouvernement britannique, qu’elle accuse de ne pas avoir aboli la taxe sur les passagers aériens (APD). Une mesure, selon elle, qui aurait permis de réduire immédiatement les tarifs pour les consommateurs et de soutenir l’économie britannique. « Le gouvernement prétend se soucier des consommateurs, mais il n’a pas aboli la taxe sur les passagers aériens », peut-on lire dans son communiqué.
Une pratique isolée au Royaume-Uni, mais pas en Europe
Selon la CMA, Ryanair serait la seule compagnie aérienne à imposer de telles règles pour les vols au départ du Royaume-Uni. Cette affirmation mérite d’être nuancée. En effet, si la plupart des compagnies européennes évitent ce type de frais, certaines low cost appliquent des politiques similaires, mais de manière moins systématique. Par exemple, EasyJet ou Wizz Air permettent généralement un placement gratuit des enfants à côté d’un adulte, mais sous conditions, notamment en réservant à l’avance ou en sélectionnant des options payantes.
Pour les familles voyageant avec Ryanair, les alternatives restent limitées. La compagnie propose en effet un système de réservation payant pour les sièges, mais elle insiste sur le fait que cette option reste facultative pour tous les passagers, sauf pour les parents accompagnant des enfants. Une subtilité qui, selon l’autorité britannique, pourrait biaiser la perception des coûts par les consommateurs. La CMA doit désormais déterminer si cette présentation des frais est suffisamment claire et transparente pour être conforme à la loi.
Quelles pourraient être les conséquences pour Ryanair ?
Si la CMA conclut à une pratique déloyale, Ryanair pourrait se voir imposer des modifications de ses conditions générales. L’autorité dispose de plusieurs leviers, allant de simples recommandations à des sanctions financières ou à l’obligation de rembourser les clients lésés. Dans le pire des cas, la compagnie pourrait être contrainte de revoir en profondeur sa politique de réservation de sièges pour les familles, une décision qui impacterait directement son modèle économique basé sur les revenus annexes.
Pour l’instant, Ryanair semble déterminée à défendre sa position. La compagnie a déjà fait savoir qu’elle attendait « avec impatience » de pouvoir réfuter les allégations de la CMA. Une posture qui pourrait évoluer si l’enquête révèle des éléments concrets allant à l’encontre de ses déclarations. Dans un contexte où les compagnies aériennes sont de plus en plus scrutées pour leurs pratiques tarifaires, cette affaire pourrait servir d’exemple pour l’ensemble du secteur.
Cette enquête intervient alors que le secteur aérien reste sous tension, entre hausse des coûts opérationnels et pression des régulateurs sur les pratiques tarifaires. Pour les familles voyageant avec Ryanair, la situation reste donc en suspens. Faut-il, dans l’attente d’une décision, anticiper d’éventuels frais supplémentaires ou privilégier d’autres options ? Une question qui pourrait peser sur les choix des consommateurs dans les mois à venir.
Selon l’Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA), Ryanair impose un supplément d’environ 9,30 euros (8 livres sterling) par vol pour garantir qu’un parent soit assis à côté de son enfant, y compris en situation de handicap. La compagnie dément cette pratique et affirme ne prélever aucun frais supplémentaire pour cette raison.
Les familles peuvent opter pour d’autres compagnies aériennes qui proposent un placement gratuit des enfants à côté d’un adulte, comme EasyJet ou Wizz Air, sous réserve de réserver à l’avance ou de sélectionner des options spécifiques. Il est également possible de contacter directement Ryanair pour négocier ou signaler le problème à l’Autorité britannique de la concurrence.