Un nouveau moteur de recherche en ligne, baptisé « Searcher », met gratuitement à disposition des millions d’informations personnelles concernant des Français, et ce depuis début juin 2026. Selon Capital, cette plateforme accessible au public expose des données aussi variées que des noms, prénoms, dates de naissance, numéros de passeport, adresses postales, IBAN, plaques d’immatriculation, numéros de Sécurité sociale, ou encore des rendez-vous médicaux. Capital révèle également que des données liées à des personnalités publiques et des fonctionnaires ont été rendues publiques, alors que ces derniers devraient normalement être protégés par l’État.
Ce qu'il faut retenir
- Un moteur de recherche nommé Searcher expose depuis début juin des millions de données personnelles de Français, gratuitement jusqu’au 15 juin.
- Les informations concernent des données sensibles comme des numéros de Sécurité sociale, des IBAN, des adresses postales ou des rendez-vous médicaux.
- Les pirates proposent un essai gratuit jusqu’au 15 juin, puis des abonnements payants (10 € pour une semaine, 35 € pour un mois, 75 € pour un an).
- Les données proviennent de 127 sources publiques et de récentes fuites circulant sur le dark web.
Un moteur de recherche aux données ultra-complètes
Selon Capital, le site « Searcher » se distingue par l’étendue des informations qu’il compile. On y trouve non seulement des données administratives classiques, comme les noms, prénoms ou dates de naissance, mais aussi des éléments bien plus sensibles. Les utilisateurs peuvent ainsi accéder à des numéros de passeport, des adresses postales, des IBAN, des plaques d’immatriculation, des numéros de Sécurité sociale, voire des informations sur le nombre d’enfants d’une famille. Certaines données concernent même des personnalités publiques ou des fonctionnaires, dont la protection devrait être renforcée.
L’accessibilité de ces informations soulève des questions majeures en matière de protection des données personnelles. Le moteur de recherche permet en effet à quiconque de consulter ces données sans restriction apparente, tant que l’essai gratuit est en cours. Après cette période, un abonnement est nécessaire pour accéder à l’intégralité de la base de données.
Des données récupérées via des sources publiques et le dark web
Selon Capital, les pirates à l’origine de cette fuite expliquent avoir récupéré ces données à partir de 127 sources ouvertes et publiques. Ces sources couvrent des plateformes administratives, des opérateurs de services publics et d’autres structures accessibles au grand public. Un autre volume important de données provient de récentes fuites circulant sur le dark web, où des bases de données volées sont régulièrement échangées ou revendues.
Cette méthode de collecte met en lumière les failles persistantes dans la sécurisation des données personnelles, même lorsqu’elles sont théoriquement accessibles uniquement à des organismes agréés. Les pirates affirment d’ailleurs que les prix de l’abonnement pourraient être « montés entre deux et trois fois plus chers » dans les prochaines semaines, ce qui laisse présager une exploitation commerciale accrue de ces données.
« Nous avons récupéré ces données à partir de 127 sources ouvertes et publiques, couvrant des plateformes administratives, des opérateurs de services et d’autres structures accessibles au public. »
Un pirate interrogé par Capital
Comment supprimer ses données si l’on est concerné ?
Pour les personnes dont les données apparaissent sur ce moteur de recherche, une possibilité de suppression existe, mais elle n’est pas automatisée. Selon Capital, il faut contacter directement les pirates via un canal dédié sur la messagerie Discord. Aucune procédure officielle n’a été annoncée par les autorités pour l’instant, ce qui laisse les utilisateurs dans l’incertitude quant à la meilleure façon de réagir.
Cette situation rappelle les risques constants liés aux fuites de données personnelles, surtout lorsque celles-ci proviennent de sources variées et difficilement contrôlables. Les spécialistes en cybersécurité soulignent régulièrement l’importance de surveiller ses informations personnelles et de signaler toute anomalie auprès de la CNIL ou des services compétents.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où les cyberattaques et les fuites de données atteignent des records en France. En 2025, la Cnil a d’ailleurs renforcé ses contrôles pour tenter de limiter l’impact de ces incidents. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si des actions concrètes seront engagées contre les responsables de cette fuite ou si d’autres moteurs de recherche similaires émergeront.
Pour vérifier si vos données sont accessibles via le moteur de recherche « Searcher », il vous suffit de vous rendre sur la plateforme et d’y effectuer une recherche avec votre nom et prénom. Aucune procédure officielle n’existe pour l’instant, mais Capital précise que les personnes concernées peuvent tenter de contacter les pirates via Discord pour demander une suppression.
Si vos données apparaissent sur « Searcher », vous pouvez essayer de les faire supprimer en contactant directement les pirates via leur canal Discord. Parallèlement, il est conseillé de surveiller vos comptes bancaires, de signaler l’incident à la CNIL et de renforcer la sécurité de vos identifiants en ligne. La CNIL a mis à disposition un guide pour signaler les fuites de données personnelles.