Le député LFI des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, sera jugé le 9 juin 2026 devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Marseille pour trois chefs d’accusation : recel de vol, atteinte au secret des correspondances et divulgation de données personnelles. Ces faits s’inscrivent dans le cadre d’un conflit social autour du ramassage des déchets à Marseille, impliquant également des tensions liées au conflit israélo-palestinien.

Selon Le Figaro, cette convocation judiciaire intervient moins d’un an après sa condamnation, en février 2025, pour des violences lors d’un blocus lycéen dans les quartiers nord de la ville. Sébastien Delogu, ancien candidat aux élections municipales, pourrait ainsi voir son mandat parlementaire mis en jeu.

Ce qu'il faut retenir

  • Sébastien Delogu, député LFI des Bouches-du-Rhône, sera jugé le 9 juin 2026 à Marseille pour recel de vol, atteinte au secret des correspondances et divulgation de données personnelles.
  • Les faits remontent au 19 septembre 2024, lors d’un mouvement social au sein de la société Laser Propreté, chargée du ramassage des déchets à Marseille.
  • Des documents personnels d’Isidore Aragones, ancien avocat et président du Crif local, auraient été volés lors d’une intrusion syndicale et publiés sur les réseaux sociaux par Delogu.
  • Le député aurait relayé des informations comme des réservations de voyage ou des projets immobiliers, ciblant notamment un voyage en Israël.
  • Isidore Aragones et ses avocats demandent l’inéligibilité de Sébastien Delogu et une indemnisation symbolique pour préjudice moral.

Un conflit social et des tensions personnelles

Tout commence le 19 septembre 2024, alors qu’un mouvement social secoue la société Laser Propreté, sous-traitante pour le ramassage des déchets à la SNCF et à la RTM. Une délégation syndicale de la CGT, forte d’une centaine de personnes, investit les locaux de l’entreprise pour obtenir des réponses du nouveau président du conseil d’administration, Isidore Aragones, en poste depuis quelques jours seulement.

À l’issue de cette occupation, Isidore Aragones constate la disparition d’une pochette contenant des documents personnels, dont son passeport et des réservations de voyage. Quelques jours plus tard, Sébastien Delogu et Manuel Bompard sont interpellés par la fille d’Isidore Aragones, Anouck Aragones, en raison de leurs prises de position sur le conflit israélo-palestinien. Isidore Aragones est une figure connue à Marseille, ancien président du Crif local et avocat de profession.

Des publications ciblées sur les réseaux sociaux

Le 24 septembre 2024, Sébastien Delogu publie une série de messages vocaux et de photos sur son compte Instagram. Dans ces publications, il évoque la possession de documents « au compte-gouttes » et diffuse des images de documents personnels d’Isidore Aragones, notamment un projet de voyage en Israël avec une « délégation ». Parmi les documents exposés figurent également des réservations pour une base militaire à Gaza et un déjeuner avec des soldats de l’armée israélienne, Tsahal.

Le député ajoute des détails sur les dépenses liées à ce voyage, ainsi que des informations concernant des projets immobiliers. « J’ai été bouleversé par cette situation », déclare Isidore Aragones. « J’ai reçu des appels anonymes, et j’ai même vérifié sous ma voiture par précaution. Les abonnés de Delogu, majoritairement hostiles à Israël, savaient que ces publications me mettaient en danger. »

Des accusations de vengeance et des demandes de sanctions

Pour Isidore Aragones, le mobile de Sébastien Delogu est clair : il s’agirait d’une « vengeance » après l’incident avec sa fille lors du conflit social. « Un homme comme lui ne peut plus être député, et j’espère une peine d’inéligibilité », déclare-t-il. Son avocat, Me Dominique Mattei, abonde dans ce sens : « Nous attendons que de telles pratiques, impensables de la part d’un député, soient sanctionnées. »

Me Samuel Chicha, également avocat de la partie civile, précise : « Nous demandons une indemnisation symbolique pour le préjudice moral et psychologique subi par notre client. » De son côté, l’avocat de Sébastien Delogu annonce que son client ne se présentera pas à l’audience du 9 juin et sollicitera un renvoi, une demande à laquelle la partie civile s’opposera.

« Un homme comme lui ne peut plus être député et j’espère l’inéligibilité. »
— Isidore Aragones, ancien président du Crif local et victime des fuites de documents

Un parcours déjà marqué par la polémique

Sébastien Delogu n’en est pas à son premier fait d’armes judiciaire. En février 2025, il avait été condamné pour des violences lors d’un blocus lycéen dans les quartiers nord de Marseille. Ses prises de position politiques, notamment sur la question israélo-palestinienne, ont souvent alimenté les tensions locales. Le député avait également accusé publiquement Martine Vassal, présidente de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, de détournement de fonds publics, une affaire qui avait donné lieu à une garde à vue en 2024.

Son cas illustre les divisions persistantes autour des enjeux sociétaux et géopolitiques à Marseille, une ville où les conflits sociaux et les tensions communautaires s’entremêlent régulièrement.

Et maintenant ?

L’audience prévue le 9 juin 2026 pourrait aboutir à un renvoi si la demande de Sébastien Delogu est acceptée, mais la partie civile s’y oppose fermement. Une condamnation pour recel de vol et divulgation de données privées pourrait entraîner une peine d’inéligibilité, mettant en péril son mandat de député. Par ailleurs, l’affaire pourrait relancer le débat sur l’éthique des élus en matière de respect de la vie privée et de l’utilisation des réseaux sociaux.

Les prochaines étapes judiciaires dépendront des décisions du tribunal, mais l’enjeu dépasse le seul cas de Sébastien Delogu : il interroge la frontière entre militantisme politique et violation des droits individuels.

Sébastien Delogu est poursuivi pour recel de vol, atteinte au secret des correspondances et divulgation de données personnelles, selon les éléments rapportés par Le Figaro.

L’audience est prévue le 9 juin 2026 devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Marseille.