Selon BFM - Politique, Éric Ciotti, président de l’Union des droites pour la République (UDR) et figure de l’alliance avec le Rassemblement national (RN), a dévoilé en exclusivité sur BFM Nice Côte d’Azur le nom du candidat qui portera les couleurs de la liste UDR/RN pour les prochaines élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes. Il s’agit de Laurent Castillo, actuellement conseiller municipal à Nice et eurodéputé. Cette annonce intervient dans un contexte politique local et national marqué par des tensions au sein de la droite et des alliances inédites.
Ce qu'il faut retenir
- Laurent Castillo, conseiller municipal niçois et eurodéputé, sera le candidat UDR/RN pour les sénatoriales dans les Alpes-Maritimes.
- Éric Ciotti a révélé ce choix le 2 juillet 2026 lors d’une intervention exclusive sur BFM Nice Côte d’Azur.
- Cette alliance UDR/RN s’inscrit dans la stratégie plus large d’union des droites, portée par Ciotti depuis plusieurs années.
- Les élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes auront lieu dans un contexte politique local tendu, notamment après les municipales de 2026.
Une alliance qui s’inscrit dans une dynamique nationale
L’annonce de Laurent Castillo comme candidat UDR/RN pour les Alpes-Maritimes illustre la volonté d’Éric Ciotti de consolider l’alliance entre son parti et le RN. Selon BFM - Politique, cette stratégie vise à unifier les forces de la droite et de l’extrême droite, une démarche que Ciotti défend depuis qu’il a rompu avec Les Républicains (LR) en 2022. En tant qu’eurodéputé, Laurent Castillo a déjà travaillé aux côtés de Ciotti, notamment sur des dossiers européens où l’UDR et le RN collaborent régulièrement.
Cette alliance s’inscrit également dans un contexte national où les tensions persistent au sein de la droite traditionnelle. Bruno Retailleau, président des LR, a maintes fois critiqué cette union avec le RN, estimant qu’elle affaiblit le parti. Pourtant, sur le terrain, des listes municipales mêlant LR, UDR et RN se multiplient, reflétant une recomposition politique en cours. Pour Ciotti, cette dynamique est une nécessité : « Bruno Retailleau est à la croisée des chemins et doit choisir entre l’alliance avec les socialistes ou l’union des droites », a-t-il déclaré à plusieurs reprises.
Un contexte politique local sous haute tension
Les Alpes-Maritimes restent un bastion de la droite, mais les équilibres politiques locaux sont fragilisés depuis les municipales de 2026. Éric Ciotti, désormais maire de Nice après sa victoire face à Christian Estrosi, a transformé la ville en laboratoire de sa politique. Son élection a marqué un tournant, avec une gestion municipale strictement axée sur l’économie et une ligne dure envers l’opposition.
Les sénatoriales dans le département pourraient ainsi devenir un test pour mesurer l’influence de l’UDR et du RN en région. Selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV, Nice Matin et Le Figaro, Ciotti devançait Estrosi de plus de 10 points au premier tour des municipales, une tendance qui pourrait se répercuter sur les scrutins suivants. Cependant, la campagne pour les sénatoriales s’annonce serrée, d’autant que l’opposition dénonce des méthodes jugées agressives, comme en témoignent les plaintes déposées par Christian Estrosi contre Ciotti pour diffamation.
Des alliances locales qui divisent la droite
L’annonce de Laurent Castillo comme candidat UDR/RN intervient alors que les divisions au sein de la droite s’accentuent. Plusieurs listes municipales en France intègrent désormais des candidats LR, UDR et RN, une configuration qui divise les instances nationales du parti. Bruno Retailleau a fermement refusé toute alliance nationale avec l’extrême droite, mais sur le terrain, la commission d’investiture des LR hésite, tant la pression est forte dans certaines circonscriptions.
Dans les Alpes-Maritimes, cette hésitation est palpable. Charles-Ange Ginésy, président du conseil départemental, a maintenu Ciotti au sein du groupe majoritaire malgré les tensions. « Éric Ciotti reste au sein du groupe majoritaire », a-t-il confirmé début octobre 2025. Cette décision reflète les divisions internes, mais aussi la nécessité pour certains élus de composer avec une réalité politique où l’union des droites devient un passage obligé pour espérer l’emporter.
Les prochaines étapes et les enjeux des sénatoriales
Les élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes sont prévues pour l’automne 2026. Laurent Castillo devra mener une campagne pour convaincre un électorat de droite traditionnellement ancré dans les valeurs conservatrices, mais aussi séduire les électeurs séduits par le RN. Son profil d’eurodéputé pourrait l’aider à incarner une ligne plus modérée que celle, parfois radicale, de Ciotti.
Cependant, la campagne s’annonce difficile. Les municipales de 2026 ont été marquées par des accusations de violences et de menaces, notamment de la part de Ciotti envers ses opposants. « Des menaces et des violences de toute part », avait dénoncé Christian Estrosi lors d’un débat organisé par BFMTV et BFM Nice Côte d’Azur. Ces tensions pourraient resurgir pendant la campagne sénatoriale, d’autant que les alliances locales restent fragiles.
Reste à savoir si les électeurs de droite, traditionnellement divisés entre LR, UDR et RN, parviendront à s’unir autour d’un projet commun. La commission d’investiture des LR devra trancher d’ici la fin de l’été, mais sur le terrain, la tentation de l’alliance semble déjà bien réelle.
Après les sénatoriales, les prochains scrutins où une alliance UDR/RN est envisageable incluent les législatives partielles et les élections régionales de 2027. Éric Ciotti a déjà indiqué que son parti soutiendrait le candidat RN à la présidentielle de 2027, ce qui pourrait ouvrir la voie à des alliances locales plus larges.
Bruno Retailleau, président des LR, estime que cette alliance affaiblit le parti et le rapproche trop de positions radicales. Il a plusieurs fois critiqué Éric Ciotti pour cette stratégie, allant jusqu’à accuser le gouvernement Barnier d’être « l’otage des socialistes » et à proposer un « renversement d’alliance à droite ».