Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a tenu, le 2 mai 2026, des propos critiques à l’encontre de la direction du Pastef, le parti politique présidé par Ousmane Sonko. Selon Le Monde, le chef de l’État a mis en garde contre une « personnification » croissante du mouvement, alors que les tensions entre les deux figures de proue de la majorité s’affichent publiquement depuis plusieurs mois.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de montée des désaccords au sein de la coalition gouvernementale, après une année marquée par des divergences de plus en plus visibles. Bassirou Diomaye Faye a ainsi souligné, lors d’une intervention publique, les risques liés à une appropriation exclusive du parti par un seul individu, une référence à peine voilée à Ousmane Sonko, dont l’influence au sein du Pastef est régulièrement soulignée par les observateurs politiques.
Ce qu'il faut retenir
- Le président Bassirou Diomaye Faye a critiqué, le 2 mai 2026, la « personnification » du Pastef par son président, Ousmane Sonko, selon Le Monde.
- Les tensions entre les deux hommes s’expriment ouvertement depuis près d’un an, après une période d’alliance politique étroite.
- La mise en garde de Faye vise à limiter l’influence croissante de Sonko au sein du parti, mouvement phare de la majorité présidentielle.
Un an de désaccords croissants entre le chef de l’État et le leader du Pastef
Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en mars 2024, puis la nomination d’Ousmane Sonko au poste de Premier ministre en avril de la même année, le duo formait jusqu’ici l’axe central du pouvoir au Sénégal. Pourtant, les signes de friction se multiplient depuis le début de l’année 2026. Le Pastef, initialement créé par Sonko, est désormais dirigé par ce dernier, qui en fait un instrument de mobilisation politique tout en renforçant son leadership personnel.
Les observateurs politiques notent que cette dynamique a commencé à inquiéter Faye, qui craint une dilution de son autorité dans un parti où Sonko occupe une place centrale. « Le Pastef doit rester un mouvement collectif, pas l’affaire d’un seul homme », a-t-il rappelé lors d’un discours à Dakar, sans citer explicitement Sonko. Une déclaration qui, selon Le Monde, marque une étape dans l’escalade des tensions au sommet de l’État.
Le Pastef, entre allégeance au président et leadership de Sonko
Fondé en 2014 par Ousmane Sonko sous le nom de « Pastef – Les Patriotes », le parti a joué un rôle clé dans l’ascension politique de son fondateur, notamment à travers les élections législatives et la présidentielle de 2024. Après la victoire de Faye, Sonko a accepté de rejoindre le gouvernement, mais en conservant une influence majeure sur les orientations du parti. Cette dualité a progressivement posé problème, certains membres du Pastef estimant que Sonko utilisait le mouvement pour renforcer son propre poids politique, au détriment de la cohésion de la majorité.
Dans ce contexte, la mise en garde de Faye s’inscrit comme une tentative de recentrage du parti autour de la ligne présidentielle. « On ne peut pas réduire le Pastef à une seule personne », a-t-il insisté, selon des propos rapportés par Le Monde. Une position qui reflète les craintes d’un affaiblissement du contrôle du chef de l’État sur son propre camp, alors que le pays s’apprête à affronter des échéances électorales locales en 2027.
Côté Sonko, aucune réaction officielle n’a encore été formulée depuis la déclaration de Faye. Interrogé par Le Monde, un proche du Premier ministre a simplement indiqué que « les discussions internes au parti se poursuivent normalement », sans préciser si une réponse publique était envisagée à court terme.
En attendant, la situation reste sous haute surveillance à Dakar, où les analystes politiques s’interrogent sur l’avenir de l’alliance entre Faye et Sonko. Une rupture ouverte entre les deux hommes pourrait fragiliser la majorité et ouvrir la voie à des recompositions inattendues dans le paysage politique sénégalais.
Ousmane Sonko occupe le poste de Premier ministre depuis avril 2024. Il dirige également le Pastef, parti politique qu’il a fondé, et joue un rôle clé dans la majorité présidentielle dirigée par Bassirou Diomaye Faye. Son influence au sein du gouvernement et du parti fait l’objet de tensions récentes, selon Le Monde.
Les prochaines élections majeures au Sénégal sont les élections locales, prévues pour 2027. Ces scrutins pourraient être l’occasion d’un premier test des tensions au sein de la majorité présidentielle, notamment entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.