Un classement inédit place le Service de renseignement extérieur britannique (MI6) en tête des services secrets européens, devant la France et les Pays-Bas. Cette évaluation, menée sur trois mois par L’Express et soumise au vote de 60 professionnels du renseignement, révèle une hiérarchie méconnue des agences de sécurité du continent.
Ce qu'il faut retenir
- Le MI6 britannique arrive en première position selon l’enquête de L’Express, menée auprès de 60 experts du renseignement.
- La DGSE française se classe deuxième, suivie des Pays-Bas, révélant une domination des services anglo-saxons et francophones en Europe.
- L’enquête a porté sur les services extérieurs de 25 pays européens, offrant un panorama inédit de leurs performances respectives.
- Cette évaluation, réalisée sur trois mois, s’appuie sur des critères non divulgués mais reflète une perception professionnelle des capacités opérationnelles.
Selon Libération, qui relaie ces résultats, ce classement confirme une tendance observée ces dernières années : la suprématie des services britanniques et français dans le paysage du renseignement européen. L’enquête, menée de manière confidentielle auprès de spécialistes, souligne des écarts de perception entre les agences, souvent liés à leur expérience opérationnelle et à leur réseau d’influence à l’international. « Cette hiérarchie reflète autant l’efficacité perçue que la visibilité des services, autant dire que les critères retenus par les votants restent subjectifs », explique un ancien analyste du renseignement interrogé par L’Express.
La DGSE française, souvent citée pour son expertise dans les opérations clandestines, conserve une place de choix. Pourtant, son classement en deuxième position, derrière le MI6, pourrait surprendre certains observateurs. « Les Britanniques disposent d’un réseau d’alliances solides, notamment au sein du Five Eyes, ce qui leur confère un avantage stratégique », précise un expert en sécurité cité par Libération. De son côté, la France mise sur son savoir-faire historique en Afrique et au Moyen-Orient, où son agence joue un rôle clé depuis des décennies.
Les Pays-Bas complètent le podium, une performance remarquable pour un pays de taille modeste mais reconnu pour son approche innovante en matière de cybersécurité et de lutte contre le terrorisme. « Amsterdam a su tirer parti de son positionnement géographique et de ses partenariats avec les États-Unis et l’Allemagne », analyse un spécialiste du renseignement européen. D’autres pays, comme l’Allemagne ou l’Italie, figurent dans les dix premières places, mais avec un écart marqué par rapport aux trois leaders.
« Ce classement montre que l’efficacité perçue ne se résume pas à la taille d’un budget ou à l’étendue de ses effectifs, mais aussi à sa capacité à influencer les décisions stratégiques en Europe et au-delà. »
— Un ancien cadre de la DGSE, sous couvert d’anonymat
Cette étude soulève une question plus large : dans un contexte marqué par la montée des tensions géopolitiques, comment les services secrets européens peuvent-ils mieux coordonner leurs efforts sans sacrifier leur autonomie ? Pour l’instant, le MI6, la DGSE et les Pays-Bas conservent une longueur d’avance, mais la course à l’excellence en matière de renseignement est loin d’être terminée.
L’Express n’a pas révélé les critères exacts de son enquête. Cependant, les professionnels interrogés ont probablement évalué des critères comme l’efficacité opérationnelle, la capacité d’influence, le réseau d’alliances ou encore la transparence perçue des services. Ces éléments, bien que subjectifs, reflètent une image globale des agences.