Une loi visant à renforcer l’accès aux soins palliatifs a été publiée au Journal officiel le 27 mai 2026. Ce texte s’inscrit dans la continuité des efforts pour améliorer la prise en charge des patients en phase avancée ou terminale d’une maladie. Pour illustrer concrètement ce que recouvre cette discipline, Ouest France a réalisé un reportage au sein du service de soins palliatifs du CHU de Nantes, situé à l’hôpital Laennec, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique).

Ce qu'il faut retenir

  • Une loi publiée le 27 mai 2026 pour garantir un égal accès aux soins palliatifs en France.
  • Le CHU de Nantes (hôpital Laennec, Saint-Herblain) dispose d’un service dédié, où l’accompagnement y est perçu comme un lieu de vie autant que de soins.
  • Les soins palliatifs visent à soulager la douleur et à améliorer la qualité de vie des patients, sans accélérer ni retarder la mort.

Un service où la vie prend toute sa place

À l’hôpital Laennec, le service de soins palliatifs est souvent perçu comme un « lieu où il y a le plus de vie », selon les termes d’un professionnel interrogé par Ouest France. Ici, l’objectif n’est pas seulement médical, mais aussi humain : accompagner les patients dans leurs derniers mois, semaines ou jours, en préservant leur dignité et leur confort. Les équipes pluridisciplinaires – médecins, infirmiers, psychologues, aumôniers – interviennent pour répondre aux besoins physiques, psychologiques et spirituels des patients et de leurs proches.

Autant dire que les soins palliatifs ne se résument pas à une prise en charge en fin de vie. Ils s’adressent aussi à des personnes atteintes de maladies chroniques évolutives, comme certains cancers ou maladies neurodégénératives. Le service du CHU de Nantes accueille ainsi des patients de tous âges, dès lors que leur espérance de vie est limitée.

Une loi pour corriger les inégalités territoriales

La loi du 27 mai 2026 répond à un constat : l’accès aux soins palliatifs reste inégal sur le territoire français. Certaines régions, notamment rurales, souffrent d’un manque criant de structures dédiées ou de professionnels formés. Le texte impose désormais aux agences régionales de santé (ARS) de dresser un état des lieux précis des besoins et de mettre en place des plans d’action pour y répondre. Il prévoit aussi le renforcement de la formation des soignants et l’augmentation des moyens alloués aux unités mobiles de soins palliatifs.

Pour le gouvernement, cette réforme s’inscrit dans une logique de santé publique. « L’objectif est de garantir à chaque patient, quel que soit son lieu de résidence, un accompagnement adapté à sa situation », a indiqué un porte-parole du ministère de la Santé, cité par Ouest France. La loi prévoit également un suivi renforcé des proches, souvent éprouvés par la maladie d’un membre de leur famille.

Un modèle nantais salué pour son approche globale

Le service de soins palliatifs du CHU de Nantes est souvent cité en exemple pour son approche intégrée. Ici, les patients bénéficient non seulement de soins médicaux, mais aussi d’un soutien psychologique et social. Les familles sont associées à la prise de décision, et des espaces dédiés leur permettent de se reposer ou de partager des moments avec leur proche. « On essaie de créer un environnement où le patient se sent chez lui », explique une infirmière du service, citée par Ouest France.

Le CHU de Nantes fait partie des établissements pionniers en matière de soins palliatifs. Son service, créé il y a plus de vingt ans, a formé des centaines de professionnels et accueille chaque année près de 300 nouveaux patients. Les équipes s’appuient sur des protocoles stricts pour évaluer la douleur et adapter les traitements, tout en veillant à préserver l’autonomie et la qualité de vie des patients.

Et maintenant ?

La loi du 27 mai 2026 doit désormais être déclinée dans les territoires. Les ARS ont jusqu’à la fin de l’année 2026 pour finaliser leurs plans d’action et identifier les besoins prioritaires. Par ailleurs, un fonds dédié aux soins palliatifs sera créé en 2027 pour financer des projets innovants, comme des unités mobiles ou des programmes de recherche. Reste à voir si ces mesures permettront de réduire les disparités régionales et d’améliorer concrètement l’accès aux soins pour les patients et leurs familles.

En attendant, les services comme celui du CHU de Nantes continueront de jouer un rôle clé dans l’accompagnement des patients en fin de vie. Leur mission ? Montrer que les soins palliatifs ne sont pas un « couloir de la mort », mais bien un espace où la vie, jusqu’à son terme, peut encore s’épanouir.

Les soins palliatifs s’adressent aux patients atteints d’une maladie grave, évolutive ou mettant en jeu leur pronostic vital, ainsi qu’à leurs proches. Cela concerne aussi bien les cancers en phase avancée que les maladies neurodégénératives, les insuffisances d’organes en stade terminal ou encore les maladies métaboliques graves.